La face cachée des Raconte-Arts est plus belle que celle que tout le monde connaît. L'exposition «Mouqelth» à la galerie d'arts Ifru Design d'Alger, raconte la vie de tous les jours au village Sahel en Kabylie, celle que la plupart des festivaliers du Raconte-Arts 2019 n'ont pas vue. Chafia Loudjici a pris des photos et Narimène Mezghiche en a fait de belles aquarelles. La photographe, au hasard, voit Sandra une jeune joueuse de flûte et la prend en photo. «La joueuse de flûte» est maintenant une photographie et une aquarelle qui se côtoient à la galerie algéroise, Ifru Design, située au quartier de Télémly. D'autres œuvres toutes aussi éloquentes et «vivantes» sont intitulées «A l'ombre d'un figuier», «Après- midi d'été» ou «Sur le chemin de la vie», notamment. La robe kabyle traditionnelle est très colorée ! Dans une (double) œuvre, on voit comme une famille réunie. Plus loin, une femme âgée est assise sa canne près d'elle… «Ce sont des coups de cœur», nous confia la jeune photographe Chafia Loudjici. «La photographie est un art qui fige un instant qu'on ne vit qu'une seule fois, un fragment de temps. Le regard dit parfois ce que la bouche n'arrive pas à prononcer. C'est un langage franc à ne pas négliger», explique-t-elle au sujet de son art et aussi, pourrait-on dire, au sujet de sa philosophie de la vie. Narimène Mezghiche est une jeune artiste-peintre autodidacte (aquarelle et peinture à l'huile). «Passionnée et curieuse de nature, je me suis intéressée à plusieurs techniques en peinture depuis mon plus jeune âge. En autodidacte, je me suis d'abord initiée à la peinture sur verre, puis au pastel, à la peinture à l'huile et au fusain… jusqu'à ce que je découvre ma passion pour l'aquarelle lors d'un voyage en Malaisie en découvrant les œuvres de l'artiste peintre Chin Kon Yit», explique-t-elle. Chafia Loudjici est une photographe autodidacte. Depuis son plus jeune âge, elle s'amusait à observer les plantes, les animaux et les insectes. Pour elle, «La nature est une fenêtre donnant sur un monde peu accessible, dans le secret, le magique et le pouvoir de faire découvrir une facette cachée de notre monde». Cette passion naissante l'amena des années plus tard à se munir d'un appareil photos afin de pouvoir suivre pleinement sa passion. Aujourd'hui, elle considère que «Dans la nature, on ne voit bien qu'avec le cœur», car l'essentiel est invisible pour les yeux. «Mouquelth» veut dire «Regards» en kabyle.Aussi, les regards de la photographe et de l'aquarelliste qui donne toujours sa touche personnelle aux œuvres, sont comme une promenade au village du Sahel. Le visiteur voit la vie simple et merveilleuse de ses habitants, particulièrement les femmes et les enfants. Après avoir vu toutes ces belles choses, on n'a qu'un désir : prendre les chemins qui montent pour aller vivre dans un de ces petits villages sur les montagnes de Kabylie. Kader B.