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KIOSQUE ARABE
Le dernier �film� de Akkad Par Ahmed HALLI [email protected]
Publié dans Le Soir d'Algérie le 14 - 11 - 2005

Mustapha Akkad, le r�alisateur syrien, �tait l'un des cin�astes arabes les plus dou�s de sa g�n�ration. Il pr�parait, diton, un film sur Saladin qui allait surpasser l'�uvre de Salah Abou Se�f et avoir autant de retentissement que Errissala. Il n'�tait pas venu � Amman pour des rep�rages mais comme invit� � une noce que Zarqaoui a transform�e en bain de sang mercredi dernier. En choisissant de vivre aux Etats-Unis, le cin�aste pouvait se croire � l'abri de la violence qui secoue le monde arabe.
Celle-ci l'a pourtant rattrap� ainsi que sa fille Ryma qui �tait venue de Beyrouth pour embrasser son p�re. La �missive� explosive de Zarqaoui est parvenue � l'auteur de Errissala. Se doutait-il, Akkad, en tournant le Message�, il y a pr�s de trente ans, qu'il finirait d�chiquet� par une bombe islamiste ? Son film sur l'av�nement de l'Islam avait contribu� � dissiper beaucoup de pr�jug�s sur cette religion chez les Occidentaux. En mettant brutalement fin � une carri�re hors du commun, Zarqaoui approfondit le malentendu. D'ailleurs, quelques heures avant que Akkad ne succombe � ses blessures, un confr�re jordanien soulignait : �Ceux qui ont ex�cut� l'attentat et ses commanditaires auraient d� aller voir ses films. Ils auraient su qu'ils ne pouvaient pas tuer la vie, l'art et l'avenir.� S'il est s�r, pourtant, que l'Islam survivra � Zarqaoui, il n'est pas �vident que les musulmans se rel�vent d'ici tr�s longtemps. Il n'est pas s�r, notamment, que la population jordanienne ait autant de vell�it�s de vengeance. L'�crivain jordanien Chaker Naboulci note, bien s�r, que les m�dias jordaniens ont r�agi, comme le font traditionnellement les Arabes face � l'agression, � la mort et � la destruction. Cependant, si la plupart des journaux de Amman ont condamn� violemment le triple attentat du mercredi 9 novembre, la rue jordanienne n'a pas vraiment suivi. Les t�l�visions nous ont montr� la manifestation d�risoire de quelques centaines de lyc�ens contre le terrorisme, rel�ve Chaker Naboulci. �A mon grand regret, ces images donnaient l'impression d'assister � l'enterrement d'un pauvre�, dit-il. �La Jordanie qui crie vengeance aujourd'hui r�agira-t-elle comme l'Egypte ?�, se demande l'�crivain jordanien qui rappelle qu'en juillet dernier les Egyptiens s'�taient jur�s de faire payer les assassins de leur ambassadeur. �Depuis, rien n'a �t� fait et le sang du diplomate �gyptien a �t� vers� en vain�. En tant que citoyen du pays, Chaker Naboulci r�clame donc, sans trop y croire, une intervention de l'arm�e jordanienne en Irak pour y traquer Zarqaoui. Il se veut toutefois plus r�aliste en demandant simplement � l'Etat de nettoyer les poches terroristes, en particulier dans les journaux. �Il faut, affirme-t-il, que l'Etat ram�ne � la raison les journalistes et les �crivains qui font l'apologie du terrorisme. Il y a dans les m�dias des plumes terroristes plus dangereuses que le terrorisme arm�.�Il appartient aussi � l'Etat, ajoute-t-il, de faire en sorte que les sermons et les le�ons dispens�s dans les mosqu�es ne tournent pas exclusivement autour du �djihad� et n'encouragent pas dans ce sens. On ne doit pas permettre aux syndicats professionnels de se transformer en nids de l'intol�rance sous pr�texte de combattre la normalisation avec Isra�l.� En interpellant ainsi les autorit�s de son pays, l'�crivain jordanien ne doit pas ignorer qu'il leur demande l'impossible m�me si ces exigences peuvent sembler r�alisables. En l'�tat actuel des choses, Zarqaoui a autant de chances que n'importe qui de retourner � sa ville natale, Zarka, en Jordanie. A moins qu'il ne pr�f�re demander l'asile politique aux Etats-Unis. Ce qui pourrait lui �tre accord� au nom de la libert� religieuse, � condition qu'il ne lorgne pas vers les tours de Manhattan. Cruelle ironie du sort, Mustapha Akkad persistait encore � vouloir am�liorer l'image de marque des musulmans, en g�n�ral, et des Arabes en particulier. Le correspondant du quotidien saoudien Al-Watan � Amman l'a rencontr� une vingtaine de minutes avant l'explosion fatale. Il lui a confi� son d�sappointement quant � la situation g�n�rale dans les pays arabes. �Certains peuples arabes sont colonis�s par leurs propres gouvernements, a-t-il d�clar� � notre confr�re. Les pays arabes devraient consacrer l'�quivalent de 10% de leur budget de d�fense � l'am�lioration de leur image et de celle des pays musulmans dans l'opinion occidentale.� Il voulait apporter sa contribution avec son projet de film sur Saladin avec Sean Connery dans le r�le principal. Ce film se voulait, en r�alit�, une critique de l'�tat actuel du monde arabe. Des financiers potentiels lui ont demand� d'�liminer certaines sc�nes du sc�nario mais il a refus�. Ce qui explique pourquoi il a mis pr�s de sept ans pour r�unir les fonds n�cessaires � la r�alisation de son grand projet. Sept ans, c'est � peu pr�s la m�me p�riode qu'il a consacr�e � la pr�paration de Errissala, le film qui lui a conf�r� la notori�t�. L� aussi, il a eu � tenir compte des pesanteurs religieuses, certes moins pesantes qu'aujourd'hui. A l'�poque, les th�ologiens ne r�gnaient pas encore sur le monde mais ils se pr�paraient. Akkad a donc d� tourner deux versions diff�rentes du film pour ne pas effaroucher ceux qui �taient d�j� les p�res putatifs de Zarqaoui. Le Message en anglais a essuy� quelques critiques � cause de la personnalit� de l'acteur Anthony Quinn qui incarnait Hamza. La version arabe, destin�e aux �masses populaires� n'a pas soulev� de remous, gr�ce � des acteurs du cru et � un respect scrupuleux du mythe. Mustapha Akkad s'�tait souvenu des d�boires de Omar Sharif, l'acteur �gyptien, avec les autorit�s de son pays et avec la Ligue arabe � cause du film Sweet girl. Dans ce film sorti en 1968, Omar Sharif embrassait tendrement l'actrice juive am�ricaine Barbara Streisand. Ce qui n'�tait pas tr�s recommandable, un an seulement apr�s la d�faite de 1967. Du coup, le film fut mis sur la liste noire par le fameux bureau de boycott arabe. Le film fut, bien entendu, interdit en Egypte mais notre confr�re libanais Charbel Bea�ni put le voir � Tripoli. Il n'y avait pas eu autant de bruit, et pour cause, lorsque Omar Sharif � Michel Shalhoub � s'�tait converti � l'Islam en 1950 pour l'amour de Fatten Hamama. En 2003, Omar Sharif a encore subi les feux de la critique en interpr�tant dans Monsieur Ibrahim un commer�ant musulman qui se lie d'amiti� avec un enfant juif. Et comme le dit si bien Charbel Bea�ni, on reproche � l'acteur d'embo�ter le pas aux dirigeants arabes qui pactisent avec Isra�l. Evoquant d'ailleurs la r�cente pol�mique autour des origines juives qu'aurait revendiqu�es l'acteur international, Charbel Bea�ni pr�cise, au passage, que Omar Sharif est natif de Zahl�, au Liban, et qu'il �tait donc maronite. �Qu'importe ! Qu'il ait embrass� l'Islam pour l'amour de la plus belle femme du monde ou qu'il se dise juif par commodit� professionnelle, Omar Sharif restera toujours le grand acteur arabe qu'il est. Chr�tien, juif ou musulman, il est un sujet de fiert� pour nous. Au lieu de le terroriser, nous devrions l'honorer et l'encourager; car la nation qui n'honore pas ses artistes n'a pas droit aux honneurs�, affirme Charbel Bea�ni, p�remptoire. A rapprocher des r�centes d�clarations de l'un des auteurs �gyptiens de Al-Sira(1) affirmant qu'il s'�tait converti � l'Islam �par commodit�. Ce qui en dit long sur les in�galit�s entre religion dominante et cultes minoritaires en pays arabes.
A. H.
(1) Al- Sira de Mahmoud Hussein (Bahgat Al-Nadi et Adel Rifaat) - Editions Grasset.


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