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CHRONIQUE D'UN TERRIEN
LE VENT DU SUD * Par Ma�mar FARAH [email protected]
Publié dans Le Soir d'Algérie le 22 - 05 - 2008

Il est n� le 11 d�cembre 1928 � Constantine, d�une vieille famille juive qui aurait pu demeurer sur sa terre natale si le torrent imp�tueux de la violence n�avait pas d�vi� le cours de l�histoire, emportant les derni�res illusions de b�tir une soci�t� multiraciale en Alg�rie. Les m�faits de la colonisation et ses exc�s dans tous les domaines ont cr�� les ingr�dients de la grande explosion qui mit fin � 132 ann�es de pr�sence fran�aise en Alg�rie. Et lui, ainsi que tout son clan, furent contraints de quitter Cirta pour un exil forc� de l�autre c�t� de la mer.
Le pays perdu ne cessera jamais de hanter ses r�ves� Pourtant, lui et sa famille n��taient pas des colons, ni des corps �trangers greff�s � cette terre. Seulement, les retomb�es du fameux d�cret Cr�mieux � qui fit de tous les Juifs d�Alg�rie des citoyens fran�ais du �premier coll�ge� � s�par�rent la communaut� juive de sa matrice et la hiss�rent � un pi�destal au-dessus de la communaut� musulmane, marginalis�e et vivant dans le d�nuement et la pr�carit�. Gaston Ghrenassia sera le chanteur de cet exil, racontant, d�une mani�re poignante aux pieds-noirs d�racin�s, le pays perdu, paradis dor� d�o� ils ont �t� �ject�s pour avoir longtemps ignor� l�Autre. Virtuose de la guitare, il d�marra pourtant dans la vie active comme enseignant (� Ch�teaudun du Rummel, actuellement Chelghoum La�d), mais l�empreinte de sa famille, notamment celle de cheikh Raymond Leyris, ma�tre du malouf, marquera sa jeunesse. Son p�re �tait justement violoniste au sein de l�orchestre de Raymond. D�s l��ge de 15 ans, sa voix se faisait remarquer dans toutes les f�tes et galas et beaucoup pensaient que le jeune Ghrena�ssia �tait le successeur tout d�sign� du vieux Cheikh. Lorsqu�il obtient son baccalaur�at en 1956, il ne pense gu�re � poursuivre ses �tudes sup�rieures. La musique est toute sa passion, mais comme elle ne nourrit pas son monde, il entre donc dans l�enseignement, tout en continuant � jouer de la guitare et � participer aux repr�sentations de l�orchestre de Raymond. Mais la guerre de Lib�ration nationale bat son plein et rien ne sera plus comme avant. Le peuple alg�rien a d�cid� d�en finir avec la colonisation, source d�injustice et de mis�re. Il passe � l�action pour se lib�rer d�un joug pesant qui �loignait ses enfants, chaque jour un peu plus, du savoir et du d�veloppement. Les communaut�s ne vivent plus dans l�entente et la communion des ann�es pr�c�dentes. Le cycle de la violence et de la r�pression creuse le foss� qui s�pare chr�tiens et juifs d�un c�t� et musulmans de l�autre. En 1961, le jeune Gaston sera marqu� � vie par la mort de Cheikh Raymond. C��tait le 22 juin 1961� Il n�attendra pas la fin pour quitter l�Alg�rie. Et quand le bateau quitte le port, sous le soleil unique de son beau pays, Gaston Ghrena�ssia ne sait pas encore que cet exil sera d�finitif. Il emporte avec lui des images qui ne le quitteront jamais. Adieu les belles plages de bled paisible, adieu les jolies filles du Rummel, adieu la tranquille insouciance des jours berc�s par le sirocco, adieu parfums d�orangers, des lilas et du jasmin� De l�autre c�t� de la mer, Gaston vivra une p�riode assez difficile, avant de trouver sa voie. Il sera oblig� de faire n�importe quoi pour survivre. Et puis, ce fut le d�clic avec Adieu mon pays dont les paroles ont �t� �crites sur le bateau qui l�emmenait vers l�exil. Cette musique de la nostalgie, qui d�barque en pleine mode �y�y�, va-t-elle attirer les gens ? Ce n��tait pas si s�r d�autant plus qu�elle �tait �complexe� car trop marqu�e par le rythme oriental. Pourtant, Gaston Ghrena�ssia, devenu Enrico Macias, va conna�tre une r�ussite retentissante. Ce succ�s dure jusqu�� nos jours. Mais les positions militantes pro-isra�liennes du chanteur ont souvent irrit� ses admirateurs arabes qui voudraient que leur idole soit moins marqu�e politiquement. Cependant, Enrico s�en d�fend en rappelant qu�il pr�ne depuis toujours une paix juste et durable entre Arabes et Isra�liens. Lorsque le pr�sident Bouteflika l�invite � venir � Constantine, sa ville natale, tout le monde pense qu�une �re nouvelle s�ouvre, pour que tous les Alg�riens, de toutes les origines et confessions, se retrouvent enfin� Nous sommes en 2000 et Sharon n�est pas encore au pouvoir. On peut r�ver� On peut croire en un Etat palestinien souverain avec El Qods comme capitale, vivant en paix avec l�Etat isra�lien. Mais les faucons se pr�parent dans l�ombre. A Washington et Tel-Aviv. Et lorsqu�il sera question de traduire dans les faits la promesse de Bouteflika, trop de passions, de haines et de menaces soufflent de tous les c�t�s pour rendre impossible le voyage. Sans compter cette b�vue d�Enrico qui, � la veille de son d�part pour Constantine, se fend d�un commentaire peu am�ne vis-�-vis d�un FLN historique qui passionne encore les Alg�riens� L�enfant de Cirta pourra-t-il un jour revenir dans son quartier pour r�aliser le r�ve qui le poursuit depuis plus de quatre d�cennies ? Je crois que tous les hommes de bonne volont�, les vrais musulmans et tous ceux qui pensent que la fraternit� est plus forte que toutes les divisions, devraient agir de concert pour qu�Enrico Macias puisse r�aliser le r�ve de sa vie. Mais que l�artiste y mette du sien, en �vitant de remuer les plaies du pass�, faire dans la provocation et blesser une g�n�ration qui a pay� un lourd tribut � la lib�ration de son pays. Nous continuons de croire que les quelques d�rives et exc�s des hommes du FLN ne peuvent �tre compar�s aux crimes atroces de la colonisation, mais viendra le temps o� nous pourrions, nous aussi, en parler avec lucidit� et courage. Il est encore trop t�t. Alors , n�est-il pas temps de reparler de ce voyage en �vitant la passion qui l�entoure ? Il appartient � Enrico Macias de le concevoir non pas en tant que retour conqu�rant, mais comme un voyage de fraternit� et d�espoir. A l�instar de ceux qu�effectuent de nombreux Juifs d�Alg�rie dans leur ancien pays, sans tambour, ni trompette� Nous sommes sensibles aux v�ux d�un homme qui veut revenir sur la terre de ses anc�tres. Qu�il fasse le pas si telle est sa volont�. Qu�il demande un visa et qu�il vienne. Ses amis l�accueilleront avec l�hospitalit� l�gendaire des Alg�riens, mais la r�ception d�Etat qui devait lui �tre r�serv�e la premi�re fois n�est plus possible� Faisons reculer la haine et chassons la rancune de nos c�urs. La vie est trop courte pour la souiller de toutes ces insanit�s et il y a tant de plaisir � recevoir ceux qui viennent vers nous sans arri�re-pens�es� Nous comprenons que leur c�ur soit plein de nostalgie mais qu�ils sachent que le pass� est mort ! Et d�finitivement enterr� !
M. F.


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