Interpell� par un s�nateur du Parti populaire, repr�sentant l�opposition, au cours d�une s�ance pl�ni�re du S�nat espagnol, le secr�taire d�Etat � la S�curit�, Antonio Camacho, a affirm� que les d�tentions d�immigr�s sans papiers s�effectuent dans un cadre l�gal et a ni� qu�il y a des arrestations arbitraires. De notre bureau de Madrid, Al Mansouri En l�interpellant sur cette question, le s�nateur du Parti populaire a relay� les ONG qui ont port� plainte contre le ministre de l�Int�rieur, pour avoir autoris� la d�tention arbitraire d�immigr�s en situation irr�guli�re. Cette plainte trouve son origine, il y a environ un mois, dans les faits rapport�s par des syndicats de la Police nationale et qui r�v�laient que les commissariats des arrondissements de Madrid �taient tenus de respecter un quota hebdomadaire de d�tentions d�immigr�s sans papiers. En cela, ils s�appuyaient sur un document �crit �manant du commissariat de Vallecas, un arrondissement de Madrid, montrant une forte implantation d�immigrants, document qui fixait � 35 le nombre de sans-papiers � arr�ter dans la semaine. Les syndicats pr�cisaient, par ailleurs, que des directives verbales avaient �t� donn�es par les chefs interm�diaires aux patrouilles de police pour augmenter ce chiffre � 100 ou 120 sans-papiers d�tenus, dans les arrondissements � tr�s fort indice d�immigration. La pire des directives serait un tr�s bel exemple � suivre pour les amateurs du �d�lit de faci�s� puisqu�elle ordonnait d�arr�ter les Marocains (et par extension les Maghr�bins) en priorit�, arguant du fait que leur expulsion co�te moins cher puisqu�elle se fait en majorit� par voie terrestre (contrairement, par exemple, � l�expulsion des immigr�s provenant d�Am�rique latine, plus co�teuse car elle s�effectue par voie a�rienne). M�diatis�es, ces mesures discriminatoires et arbitraires ont provoqu� une lev�e de boucliers de la part des ONG d�immigr�s, et ont oblig� le ministre espagnol de l�Int�rieur, Alfredo P�rez Rubalcaba, � monter au cr�neau pour nier qu�elles aient eu leur origine au sein de son d�partement minist�riel, nier qu�elles viennent de la Direction de la police de Madrid, et pr�ciser que ce corps n��tait pas l� pour �faire une chasse �perdue � l�immigr� sans-papiers, mais pour combattre la d�linquance �, qu�elle soit le fait des autochtones ou des immigr�s. C�est ce discours qu�a repris le secr�taire d�Etat � la S�curit� devant le S�nat en r�it�rant qu��il n�est pas s�r que se produisent des d�tentions arbitraires d�immigrants sans-papiers, en rappelant que les arrestations massives sont �interdites� et �ill�gales�, et en affirmant que la police appliquait la loi dans son activit� quotidienne. D�o� venaient donc ces directives �crites ou verbales qui poussaient les agents � l�enfreindre ? Pour l�instant, leur origine reste inconnue, malgr� les proc�dures judiciaires entam�es par les associations d�immigr�s.