Le procureur de la République de la 7e section pénale près le tribunal de cité El Djamel a examiné la plainte de l'écrivain et journaliste Kamel Daoud contre le prédicateur Hamadache. L'affaire a connu un premier report, il y a quelques semaines, suite à la demande de la défense du plaignant. Après l'écoute de l'accusé et de ses avocats et après l'intervention de la défense du plaignant, le tribunal a requis six mois de prison ferme assortis d'une amende de 50 000 DA. L'affaire est en délibéré pour le 8 mars prochain. Maître Abderezak Fodil, représentant Kamel Daoud, a réclamé «le dinar symbolique comme réparation du préjudice moral causé à son mandant suite à son appel au meurtre contre l'auteur de Meursault, contre-enquête. L'affaire remonte au mois de décembre 2014 quand le prédicateur Abdelfettah Hamadache a, dans un post sur sa page facebook, réclamé «houdoud» contre Kamel, l'accusant «d'apostasie» et d'intellectuel acquis à la cause des sionistes. Cet appel au meurtre a suscité un élan de solidarité avec l'écrivain et journaliste au niveau national et international. De son côté, Abdelfettah Hamadache, qui dirige un parti islamiste non encore agréé, a essayé de conférer à l'affaire une tournure autre en impliquant le pouvoir politique qu'il accuse de ne pas défendre l'Islam et les constantes nationales. Hier, Hamadache s'est présenté au tribunal accompagné de quelques-uns de ses proches et sympathisants. Le procès a été suivi par des journalistes et quelques militants des droits de l'homme. Faute de médiatisation, il n'y avait pas foule.