Dans le nouveau quartier Saïd Hamdine II, dans la commune de Bir Mourad Raïs, les habitants souffrent de l'absence d'un marché et d'une salle de soins. La création d'une faculté de droit à proximité de la cité et l'aménagement de grandes voies de circulation à cet effet risquent de les isoler. Les habitants du nouveau quartier Saïd Hamdine II, dans la commune de Bir Mourad Raïs, commencent à ressentir les effets négatifs de l'absence des structures d'accompagnement. Le temps est désormais à la suffocation. Pourtant, le placement du quartier ne prédit pas un tel sort à des dizaines de milliers d'occupants. La cité fait face à l'APC et au tribunal communal, mais de l'autre côté de l'autoroute de Dar El Beida-Zéralda. La population résidente est très importante. A la cité initiale, plusieurs programmes de logements ont été ajoutés à tel point que le site ressemble désormais à une petite ville toujours en travaux d'extension. Officiellement, la zone est baptisée Saïd Hamdine II. Saïd Hamdine I, là où se trouve le siège de l'APC et le tribunal notamment, est saturé. A cette appellation officielle les résidents lui préfèrent un autre nom : «la cité AADL». Ceci pour la simple raison que le siège central de l'Agence nationale du développement du logement se trouve dans le même endroit. Et pas seulement puisque la Fonds de garantie et de caution mutuelle de la promotion immobilière (FGCMPI) y a provisoirement élu domicile, en attendant la réception du siège en cours de construction au plateau de la commune de Ouled Fayet. Dès l'entrée de la cité, vous êtes accueilli par un commerçant ambulant de fruits. Explication d'un habitant : «Le quartier ne dispose pas de marché.» Dans les plans initiaux d'aménagement, la réalisation d'un marché a été prévue. Le terrain se trouve au milieu des bâtiments, derrière l'école primaire baptisée au nom du quartier. Actuellement, cet espace est utilisé comme un parking. Sur la chaussée, le visiteur remarque la délimitation de plusieurs carrés portant chacun un numéro d'identification. Logiquement, on conclurait que ce sont réellement des places de stationnement réservées à la population. Notre guide rectifie : «Le terrain était destiné à accueillir un marché de proximité. Les carrés, c'est pour délimiter les étals de commerçants.» Selon lui, le marché allait démarrer, avant que le projet ne tombe à l'eau. L'explication reste un mystère. L'autre grand souci de la population vient de l'état de la chaussée. Les routes intérieures au quartier sont défoncées en plusieurs endroits. Les nombreuses crevasses gênent beaucoup les déplacements automobiles. A en croire notre guide, les routes principales ont été dégradées suite à leur surutilisation. A côté de la cité 400 logements, une série de nouveaux bâtiments a été érigée. Les engins de travaux publics circulent incessamment sur les axes principaux non destinés à ce genre de trafic, d'où leur état actuel. Une partie de la localité connaît ces jours-ci des travaux d'aménagement des trottoirs, mais rien n'indique que l'opération sera généralisée. La route qui présente le plus de dégradation, c'est celle qui relie l'entrée de ce quartier à la Concorde, localité relevant aussi de la commune de Bir Mourad Raïs. La chaussée, trop étroite au point de ne plus permettre une circulation normale dans les deux sens, est rapiécée pour cacher les grosses crevasses. La proximité des constructions, villas, bâtiments et baraques empêche même la création des trottoirs. Le manque de structures d'accompagnement contraste nettement avec le développement du quartier.En fait, une nouvelle faculté de droit de 10 000 places pédagogiques est en cours de construction entre l'entrée du parc zoologique, la Concorde et Saïd Hamdine II. La création de cette infrastructure a nécessité l'aménagement de grandes voies de circulation entre la sortie de Tixeraïne (Birkhadem) et Saïd Hamdine dans l'objectif de faciliter la circulation entre l'autoroute de Blida et la voie express Bar El Beida-Zéralda. Les habitants de la cité AADL assistent en spectateurs à ce développement effréné. Ils risquent d'en être les victimes.