Le film culte Omar Gatlatou, du réalisateur algérien Merzak Allouache, a été à l'honneur mardi au cinéma Saâda d'Oran, dans le cadre de la 9e édition du Festival international d'Oran du film arabe (FIOFA). À l'occasion du quarantième anniversaire du film Omar Gatlatou, le Fiofa a organisé une projection-débat sous le thème «Omar Gatlatou dans le cœur et la mémoire» en présence de son réalisateur et du comédien principal Boualem Bennani. Le succès de ce film qui dépeint en 1 heure 30 le quotidien d'un petit employé (Omar) entre l'appartement surpeuplé où il vit, son bureau, sa musique préférée et sa passion pour une voix inconnue, n'a pas terni après 40 ans. La critique, juste après sa sortie, n'a pourtant pas été de cet avis, puisque le milieu professionnel avait qualifié ce premier long métrage de «film de quartier», a-t-on rappelé en marge de la projection. Ce film qui toutefois a secoué les normes de l'époque a fini par avoir un écho international, car authentique, sans fard, et si les Algériens l'aiment aujourd'hui encore autant, c'est parce qu'ils se reconnaissent dans le personnage, a-t-on souligné. «Depuis le début, on m'a reproché de renvoyer à l'écran des choses négatives de la société algérienne. Mais je suppose que c'est ça mon rôle», a déclaré le réalisateur. Interrogé sur le cinéma algérien, Merzak Allouache, qui prépare un nouveau film dont il ne veut pas révéler les détails pour le moment, a estimé qu'il y a une nouvelle génération de cinéastes qui est en mesure de prendre le relais, appelant à ce titre à donner plus de chances aux jeunes. Il a, par ailleurs, déploré le manque de salles et de projections, estimant qu'un combat doit être mené pour l'ouverture de salles et l'exploitation de celles existantes, afin d'installer une culture du cinéma chez la population. «L'Etat n'a plus d'argent pour subventionner tous les projets. Il va falloir programmer des films et vendre des tickets pour financer d'autres films», a-t-il souligné. Pour sa part, Boualem Bennani évoque avec nostalgie la belle époque, où des films, des pièces de théâtre, des spectacles étaient programmés régulièrement. Il a expliqué que Omar Gatlatou est le rôle de sa vie et que tous les rôles qui lui ont été proposés après «n'ont pas vraiment fait le poids».