Il faut éviter de donner trop envie aux gens, ils finissent par se détourner de vous si les promesses ne sont pas tenues. Le feuilleton de la Fédération algérienne de football prendra fin le 20 mars prochain à l'issue du déroulement de son assemblée générale élective. Ce jour-là, cette instance aura un nouveau président et un nouveau bureau fédéral encore que le qualificatif de nouveau pourrait s'avérer inapproprié. Explication : l'actuel président, Mohamed Raouraoua, laisse entendre qu'il ne postulera pas pour un autre mandat, mais, sait-on jamais ? Il y a eu tant de retournements de situation dans le football algérien que son départ pourrait ne pas avoir lieu. Samedi, lors de la réunion du bureau fédéral, Mohamed Raouraoua n'aurait pas soufflé mot de cette histoire. Il se serait contenté de présider cette réunion comme il le faisait auparavant. Une fois cette séance achevée, les membres du bureau fédéral ont quitté la salle et laissé place aux présidents des ligues du football professionnel, du football national amateur, du championnat inter-régions et des 9 régionales. C'est à cet auditoire qu'il aurait fait part de son intention de ne pas se représenter pour des raisons liées à la fatigue, à la pression et au stress. A la suite de quoi les présidents de ligues lui auraient indiqué qu'ils étaient tous derrière lui, qu'il fallait qu'il brigue un nouveau mandat, menaçant même de démissionner s'il persistait à vouloir partir. Les résultats sportifs ne sont pas nuls C'est, pourtant, le souhait de l'intéressé qui n'a pas toléré que l'on s'en prenne à lui avec une telle véhémence après l'échec de l'équipe nationale lors de la CAN 2017. C'est, justement, là, que s'est située l'une de ses erreurs, celle d'avoir pronostiqué, au moins, la demi-finale pour les Verts dans cette compétition. Il faut éviter de donner trop envie aux gens, ils finissent par se détourner de vous si les promesses ne sont pas tenues. Cela est, surtout, valable dans le sport où le jeu des pronostics non atteints a constamment nui à ceux qui les ont avancés. On ne retient que fort rarement la réussite et on ne se focalise que sur les échecs. Ce que Mohamed Raouaroua a pu faire de positif depuis qu'il est à la tête de la FAF n'a rien d'important du moment que les Verts ne sont pas champions d'Afrique. Pourtant, c'est bien sous sa présidence que l'équipe nationale est allée deux fois de suite à un Mondial, qu'elle s'est qualifiée pour la première fois de son histoire à un huitième de finale d'une Coupe du monde, qu'un club algérien, en l'occurrence l'Entente de Sétif, a remporté, pour la première fois de l'histoire du football algérien, une Ligue des champions d'Afrique, que l'USM Alger et le MO Béjaïa ont été finalistes respectivement de la Ligue des champions d'Afrique et de la Coupe de la CAF. Tout cela a été effacé parce que les Verts ont échoué au Gabon jusqu'à pousser les gens à déclarer que Raouraoua n'a rien fait de positif. Des réalisations incontestables Aujourd'hui, le bilan est là et il reviendra à l'assemblée générale de cette fédération de le juger. Le communiqué de la réunion du bureau fédéral de samedi fait ressortir l'action de celui-ci qui a été constamment soutenu et encouragé par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. Il faut, en effet, souligner que celui-ci a fait montre de beaucoup d'attentions au football national en ordonnant qu'il soit aidé dans l'opération de refondation puis dans la mise en place du professionnalisme. C'est aussi lui qui avait décidé que le site de Sidi Moussa soit cédé en concession à la FAF qui en a fait un des meilleurs centres techniques d'Afrique. C'est lui qui avait donné pour instruction de doter Alger de deux nouveaux stades puis d'en construire un à Tizi Ouzou, un autre à Oran en attendant que Sétif ait le sien. Toutes ces actions, le communiqué de la FAF en parle. Il ne fait pas de doute que lors de l'assemblée générale ordinaire de cette instance, Mohamed Raouraoua en fera référence et qu'il aura la confiance de ceux qui seront appelés à voter pour ses deux bilans. Il sera, ensuite, placé devant sa propre conscience de choisir entre le départ ou de rester. En 2006, il y avait eu une action en vue de le mettre en minorité par l'assemblée générale mais le coup avait foiré. L'écrasante majorité des membres lui avait accordé sa confiance et lui avait demandé de rempiler pour un nouveau mandat. Raouraoua avait, de lui-même, opté pour la sagesse et s'était retiré pour ne pas envenimer les choses. On peut croire que s'il décide de ne pas être candidat à l'élection du 20 mars, il fera en sorte de ne pas brader les acquis de la FAF et du football algérien en propulsant à la tête de celle-ci quelqu'un qui partage ses idées et continuera son travail. A partir de là, les pronostics vont se dévoiler au grand bonheur de ceux pour qui le jeu de la devinette et des suppositions est un vrai amusement.