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Contribution: Plaidoyer pour une stratégie de l'offre en Algérie
Publié dans Le Temps d'Algérie le 13 - 06 - 2017

Le défi des quelques années à venir consistera, pour l'Algérie, à poser les bases d'un modèle économique nouveau dont l'objectif principal sera de diversifier et de transformer la structurelle de l'économie nationale, pour espérer atteindre une croissance durable de la richesse (PIB) de 7% par an au cours des quinze, vingt prochaines années, un préalable à l'émergence.

Pour enrayer la forte dépendance des hydrocarbures, il faut donc un nouveau modèle de croissance. Un modèle qui donnerait la priorité au développement d'une véritable industrie de transformation, à l'agriculture, à l'agro-industrie, au secteur du tourisme et surtout au capital humain, car il n'est de richesses que l'homme éduqué !
Pour réussir cette ambition, il faut d'abord commencer par faire un sérieux état des lieux, qui se poursuivra par l'explication des opportunités de croissance que les réformes structurelles profondes (à mener) peuvent permettre de réaliser. Autrement dit, il faut réformer en profondeur tout en faisant la pédagogie de la réforme.
Cet article suggère quelques pistes pour une stratégie dite de l'offre, c'est-à-dire de relance de la croissance économique par l'investissement productif.
En Algérie, la relance de la machine économique ne se fera pas par la consommation ou par la dépense publique et encore moins par les transferts sociaux - qui sont certes nécessaires pour venir en aide aux populations qui sont dans le besoin - mais principalement par l'investissement productif et l'innovation. En effet, et il faut le rappeler, c'est dans l'entreprise que se crée la richesse !
Si la croissance est restée relativement faible depuis des décennies (autour de 3.5%), c'est fondamentalement en raison d'un déficit d'investissement privé, bien plus que de la consommation. (On sait que la facture des importations était en moyenne de quelque 60 milliards de dollars par an sur les 15 dernières années). Il faut dire aussi, que le pays manque encore cruellement d'entreprises, il compte à peine 960 000 PME dont 95% sont des TPE, et la part de l'industrie manufacturière poursuit toujours son recul, si bien qu'elle ne représente plus désormais que 5% du produit intérieur brut (somme des valeurs ajoutées de l'économie), alors qu'elle contribuait à hauteur de 15% vers la fin des années 1970.
Pour inverser la tendance au décrochage et réussir la mutation économique, il faut que le gouvernement suive une stratégie conséquente pour encourager l'entrepreneuriat productif et faciliter la vie aux entreprises existantes, afin de leur permettre de produire plus, mieux et moins cher. Autrement dit, il faut mener une politique de l'offre, que nous proposent, particulièrement les travaux de l'économiste Jean-Baptiste Say (1767-1832), qui part du postulat que c'est l'offre qui crée la demande, et non l'inverse. Dans cette perspective, il suffit d'aider les entrepreneurs algériens à produire, pour que la consommation reparte et la croissance économique avec. Mais pour atteindre cette ambition, il faut d'abord commencer par simplifier le parcours de l'entrepreneur.
Simplification du parcours de l'entrepreneur
Si l'acte de créer une entreprise a été facilité dans les économies avancées depuis des décennies grâce, notamment, à la mise en place d'agences spécialisées dans la création d'entreprise et à l'avènement des technologies d'information et de communication, la situation est loin d'être similaire dans les économies sous-développées, comme en Algérie. Dans notre pays, il faut dire que, malgré les efforts fournis par les autorités ces dernières années, le parcours de l'entrepreneur n'est pas pour autant une démarche simple mais plutôt un vrai parcours du combattant ! De nombreuses obligations sont à remplir (enregistrement au registre de commerce, les différentes assurances, affiliation aux caisses de retraites…) avant de créer son entreprise !
Ce sont toutes les questions foncières, financières, administratives et fiscales qui restent complexes et pénalisent de fait l'initiative privée et l'investissement productif créateur de richesses et d'emplois. Conséquence directe, des milliers de projets d'investissements, économiquement viables, tardent à voir le jour, alors que le pays souffre d'un déficit flagrant d'entreprises et particulièrement d'entreprises de taille intermédiaires capables de produire et d'exporter.
A un moment où l'on souhaite diversifier l'économie nationale et réduire le tout hydrocarbures, il est donc temps de rendre les choses plus simples pour nos entrepreneurs, qui, d'ailleurs, ne manquent pas d'idées, mais qui ont souvent du mal à les mettre en pratique et à les réaliser sur le terrain. L'impératif aujourd'hui est donc d'accroître le nombre relatif d'entrepreneurs qui, en Algérie, créent et gèrent leurs entreprises, étant donné que le pays demeure très en retard, en termes de création d'entreprises, par rapport aux économies de niveau similaire.
De quels moyens l'Etat dispose-t-il ?
La science économique et le terrain nous enseignent que ce ne sont pas les Etats qui innovent et exportent, mais plutôt leurs entrepreneurs. Autrement dit, ce sont leurs entreprises qui innovent et créent des richesses : quelques grands groupes internationaux et de nombreuses PME privées et publiques. Quant à l'Etat, il peut et doit encourager l'investissement productif en accordant des avantages financiers : baisses des taux d'imposition, subventions, allégements des charges… Il peut aussi soutenir l'activité économique, comme nous l'avons mentionné précédemment, en facilitant les procédures de création d'entreprise.
Mais dans un Etat, comme l'Algérie, qui se trouve dans une situation contraignante à la fois sur le plan financier et sur le plan de l'économie réelle (production, consommation, investissements, exportations…), l'Etat doit investir lui-même grâce à un budget propre. Cela implique qu'il doit dégager un budget (lever des impôts et émettre de la dette) et se doter d'une agence nationale d'investissement (constituée d'experts et d'universitaires auprès du Premier ministère) qui va définir la façon dont l'Etat peut et cibler ses investissements : un ciblage vertical où le gouvernement fixe les secteurs qu'il considère particulièrement créateur de richesses au point qu'il leur accorde des priorités (la politique industrielle) ; et un ciblage horizontal, par lequel l'Etat produit les services publics, l'éducation, l'université et la recherche scientifique, la formation professionnelle, le soutien aux entreprises… Les investissements publics requis servent, par la suite, à amorcer la dynamique des investissements privés, à travers notamment des activités de sous-traitance.
K.S. L.
*Docteur en sciences économiques de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.
Enseignant de sciences économiques et sociales (France).


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