Lors de son passage à Djelfa jeudi dernier, Boubekeur Benbouzid a évoqué l'implication des parents d'élèves dans le suivi des cours, mettant l'accent sur leur rôle dans le relèvement du niveau. «Il est impératif que les parents s'impliquent dans l'amélioration des résultats scolaires», avait-il souligné. Une implication qui est primordiale dans l'amélioration du niveau scolaire, selon la Fédération nationale des parents d'élèves, mais qui reste difficile à réaliser depuis la nouvelle réforme. «Les parents d'aujourd'hui suivent de près ce que fait leur enfant en classe. Reste à savoir, cependant, s'ils peuvent tous suivre les nouveaux programmes qui sont souvent inabordables pour beaucoup de parents», a précisé Mme Khiar, présidente de la Fédération des parents d'élèves. Il y a des parents qui s'avouent incompétents pour aider leur enfant à réviser, d'après Mme Khiar. «Comment suivre un nouveau programme alors que les enseignants eux-mêmes n'arrivent à le suivre que grâce à des formations ?», a-t-elle estimé, ajoutant qu'en dépit de cet obstacle, on voit des parents rédiger, réviser et apprendre avec leurs enfants. Façon de dire que la plupart des parents ont cette volonté de s'impliquer «pleinement» dans les études de leurs enfants. Les cours de soutien à la rescousse Les cours de soutien rassurent les parents d'élèves en matière d'appui scolaire, surtout depuis le changement des programmes. Ils ont constaté que les cours dispensés pendant les heures de repos ont servi à améliorer le niveau de leurs petits. Il y a deux ans de cela, le ministère de l'Education a fait en sorte que les établissements scolaires offrent des cours supplémentaires pour les éléments ayant du mal à suivre les cours. Cependant, cette formule n'est pas appliquée dans toutes les structures, selon Mme Khiar. Il faudrait généraliser le concept pour parler d'une amélioration du niveau scolaire, selon la présidente. «Au lieu que les lycéens, à titre d'exemple, suivent des cours dans des lieux peu sûrs, tels que les garages ou les caves, il serait préférable qu'ils suivent des cours au sein de leur établissement», a-t-elle précisé. D'autant que les enseignants qui assurent ces cours sont rémunérés. Une circulaire abondant dans ce sens existe mais n'est apparemment pas appliquée. Continuant sur la même lancée, elle précise qu'un système de contrôle ministériel s'impose. Autrement dit, le ministère veille à ce que tous les établissements offrent des cours particuliers de façon à éviter les cours assurés n'importe où, n'importe comment et à n'importe quel prix. Un avis qui n'est pas partagé par tous les enseignants Les enseignants, quant à eux, ne sont pas vraiment de cet avis. En abordant quelques enseignants exerçant dans différents paliers, ceux-ci se sont délibérément plaints de l'absentéisme des parents d'élèves. «Ils sont rares les parents qui accompagnent leurs enfants dans leur scolarité. Nous le ressentons en classe car l'enfant suivi par un parent a des réactions différentes de celui qui ne l'est pas», nous dira une enseignante de mathématiques dans un CEM à Bologhine. «Nous comprenons les parents qui ne sont pas instruits, mais il est absurde qu'un intellectuel n'ouvre pas, de temps à autre, le cahier de son enfant, ou pis encore, ne jette pas un coup d'œil au cahier de classe ou au carnet de classement de son enfant», dira sa consœur, exerçant dans une école primaire à Draria. «Il faut arriver à instaurer la culture du parent qui aide son enfant à la maison», dira une enseignante du lycée de Réghaïa. Non seulement les cours ne sont pas souvent suffisants – vu la surcharge du programme – mais il s'agit aussi d'un partage entre le père et la mère avec leur enfant. «N'oublions pas que le parent reste toujours un modèle pour son enfant», estime-t-elle. Ces enseignants comprennent, toutefois, le désarroi des parents quant aux difficultés de suivre leurs enfants, évoquant la dernière réforme qui ne leur a pas facilité la tâche en termes de programme scolaire. Mais toujours est-il que la volonté des parents de s'impliquer dans la scolarité de leur enfant reste rare.