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«C'est scandaleux d'entendre Sarkozy parler du rôle positif du colonialisme»
Graeme Allwright au Temps d'Algérie
Publié dans Le Temps d'Algérie le 24 - 03 - 2010

Du haut de ses 84 ans, le célèbre chanteur français d'origine néo-zélandaise, Graeme Allwright, a tenu à être présent au Festival du cinéma amazigh tenu à Tizi Ouzou, pour animer un gala artistique, vingt-sept ans après sa première visite en Algérie.
Rencontré en marge de ce festival, il a volontairement répondu à nos questions. Après avoir parlé de sa riche carrière artistique et ses premiers pas dans la musique, il n'a pas raté cette occasion pour fustiger la politique du président français, Nicolas Sarkozy, qui a soutenu que le colonialisme a joué un rôle positif en Algérie durant 132 ans d'occupation répressive, en allant au sens inverse de la réalité historique.

Le Temps d'Algérie : Vous vous retrouvez à Tizi Ouzou après 27 années. Quel est votre sentiment de vous retrouver face à un public qui connaît une bonne partie de votre répertoire ?
Graeme Allwright : Oui, je suis venu en 1983 à Alger, mais ici à Tizi Ouzou c'était en coup de vent, j'ai chanté la matinée et je n'ai pas passé la nuit ici, donc je n'avais pas le temps de visiter la région. Par contre cette fois-ci, j'ai eu quand même la chance de visiter toute la ville. J'espère aussi revenir un jour pour visiter les montagnes kabyles.
Comme la première fois, lors de mon premier gala à la salle Atlas, à Alger, je ne savais pas si j'étais connu, mais j'ai été surpris de constater que tout le monde me connaît ainsi que mes chansons, aussi bien en 1983 que cette fois-ci. Je suis vraiment heureux de partager des moments avec ce peuple chaleureux, et je suis très ému.

Parlez-nous un peu de votre chanson légendaire Le temps est loin de nos 20 ans…
C'est une chanson un peu autobiographique. Effectivement, le jour de mon mariage, à la mairie, région de Bourgogne, dans le village vigneron, le maire n'arrivait pas à prononcer correctement mon nom et c'est tout le monde qui a ri. C'est l'histoire de ma vie quoi !

Vous avez exercé comme animateur pour enfants, professeur d'anglais, dans le théâtre et la chanson. Comment s'est faite cette transition qui ne semble pas être de tout repos ?
Quand je suis venu en France, pour une histoire d'amour, à l'âge de 21 ans, je faisais déjà du théâtre à Londres bien avant et je ne maîtrisais pas la langue de Molière, il fallait que j'apprenne. J'aimais l'art depuis mon jeune âge et je voulais être acteur dans le domaine. Pour la chanson, c'est venu comme ça, spontanément. Mon père qui était musicien en Nouvelle-Zélande avait un niveau amateur très élevé. Il chantait dans des hôpitaux, des églises. Il nous arrivait de chanter en famille moi, mon père, ma mère et mon seul frère mort durant la guerre. Je baignais dans une atmosphère musicale depuis mon enfance, sans savoir que je deviendrai un jour chanteur. Je vous rappelle aussi que j'ai travaillé en France, dans des chantiers, dans des champs de vignobles, et j'ai fréquenté des émigrés maghrébins à l'époque. J'ai presque fait tous les métiers.
Après avoir passé des années à faire des métiers différents, mon dernier job a été moniteur dans un hôpital psychiatrique. Un travail harassant. C'est d'ailleurs ce qui m'a poussé à acheter une guitare et entamer une carrière dans la chanson.

On dit que c'est Mouloudji qui vous a poussé à enregistrer votre premier album. Et vous êtes aussi le premier qui a introduit le folk anglo-saxon en France. Racontez-nous ce cheminement.
Au début, je chantais le folk anglais et américain aux Français. Par la suite j'ai vu que cela leur plaisait. J'ai hésité à chanter en français au début, mais grâce à ma rencontre avec un ami guitariste à Saint-Etienne qui m'a encouragé, j'ai décidé de tenter ma chance. J'ai commencé dans un tout petit lieu à Paris.
Un bistro qui s'appelait «Contre escarpe». Et là, je fréquentais d'éminents chanteurs comme Aznavour, et on faisait des tournées dans d'autres petits bistrots ensemble. Je chantais de petites adaptations folkloriques américaines en français. Un soir, une femme m'a présenté à Mouloudji, ce dernier m'a conseillé d'enregistrer mes adaptations.
Ainsi, j'ai enregistré mon premier disque dans une maison de disque qui s'appelait «festival». Par la suite j'ai signé avec Philips et c'est parti très vite. Après, j'étais dépassé par les évènements, vous imaginez la promotion, j'ai enregistré un autre disque qui a fait un tabac. C'est aussi l'époque de l'apparition de la télévision et c'était le début de l'aventure.

Etes-vous un chanteur anti-conformiste, vous qui chantez la dénonciation du conformisme et des injustices ?
Il y avait certaines adaptations contestataires, ou engagées comme on dit, telles que Abus de pouvoir et d'autres chansons, mais pas toutes. Enfin, l'injustice est toujours dure à supporter. La colonisation était épouvantable, ce qu'ont fait les Français aux Algériens est terrible. C'est vraiment indigne d'entendre Sarkozy parler aujourd'hui du rôle positif de la présence française en Algérie.
La blessure de l'occupant est toujours là dans la conscience collective. Ça passe de père en fils. Je conseille de lire le livre de Jean Siguel, qui travaille comme reporter des droits de l'homme à l'Onu, La haine de l'Occident. Cet ouvrage parle des pays colonisés par les Français, les Italiens, les Portugais, les Espagnols, les Anglais etc. Il parle des crimes contre l'humanité commis dans ces pays colonisés, c'est vraiment effroyable.


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