Après la première session du comité central du FLN qui s'est achevée par la nomination de la composante du nouveau bureau politique, le secrétaire général du parti historique est revenu hier sur les questions essentielles dans l'actualité nationale, lors d'une conférence de presse animée au siège du parti à Alger. Au lendemain de la première session du comité central du parti, Abdelaziz Belkhadem a réuni, tôt dans la matinée d'hier, les membres de son nouveau bureau politique afin de leur confier leurs missions respectives. C'est ainsi que chacun des quinze membres de la première instance du FLN est appelé d'ores et déjà à aller dans la politique du redéploiement du parti au sein des masses populaires de l'Algérie profonde, une mission que se sont assignés les dirigeants du parti historique comme l'une des priorités du mandat en cours. Un mandat qui a commencé hier matin par une conférence de presse du secrétaire général du parti, Abdelaziz Belkhadem qui, devant un parterre de journalistes, s'est exprimé sur les faits qui ont motivé son choix pour l'actuel bureau politique. «La responsabilité ne se demande pas, elle nous incombe» Le bureau politique opère une mue avec ces nouvelles nominations, dont celles de deux femmes siégeant pour la première fois au sein de cette instance dans l'histoire du parti. Le parti du FLN a toujours eu pour credo la devise «la responsabilité ne se demande pas et si elle nous incombe, on ne doit jamais la refuser», l'a bien précisé Belkhadem, qui a levé toute équivoque sur la politique de répartition des rôles au niveau du parti historique. «On ne niera pas l'existence d'une certaine subjectivité dans le choix des hommes, mais ça ne veut pas dire que les autres ont démérité, puisque chaque étape nécessite un renouvellement», a précisé Belkhadem. La répartition des rôles et la responsabilité incombent aux hommes, a affirmé le secrétaire général du FLN afin de répondre à la question faisant part de rumeurs qui circulent au sujet d'un imminent remaniement gouvernemental. Chose que le patron du FLN considère comme une thèse à ne pas écarter dans les prochaines échéances sans toutefois donner le moindre détail à ce sujet. Questionné sur les instructions de l'exécutif concernant les documents électroniques, Belkhadem a signifié que tout citoyen est libre de la manière de se faire photographier sur la carte nationale ou le passeport biométriques mais à tout un chacun d'assumer ses responsabilités devant les points de passage frontaliers ou aéroportuaires dans des pays étrangers. Par ailleurs, au sujet du projet de loi criminalisant le colonialisme, le conférencier précisera que le mot colonialisme doit être banni du jargon officiel, puisque cette entreprise qu'on doit appeler occupation colonisatrice est un acte criminel dans toutes ses dimensions. Combattre la corruption et protéger les cadres Interpellé au sujet du phénomène de la corruption qui occupe une grande place dans l'actualité ces dernières semaines, vu les innombrables malversations qui ont éclaté dans le secteur économique, le patron du FLN encourage une meilleure application de la loi contre la corruption, en même temps qu'il préconise une meilleure protection du cadre algérien en l'immunisant contre toute influence qui peut le mener vers la triche à cause d'éventuelles difficultés sociales. Tout en en exhortant à donner plus de prérogatives au contrôle en l'actionnant à travers toutes ses formes dans une transparence qui permettra aux élus de s'exprimer, en faisant en sorte que ce climat de suspicion qui règne actuellement ne paralyse pas tout le monde car les bonnes volontés existent et on a besoin de protéger les bons cadres en les immunisant des difficultés socioprofessionnelles qui ont mené les travailleurs de plusieurs secteurs vers cette fronde qui s'est traduite sur le terrain par une protesta sans précédent menée dans les secteurs de l'éducation et de la santé, dont les cadres sont toujours soutenus par le parti historique comme l'a bien précisé le premier responsable du FLN, qui insistera sur la nécessité d'ouvrir un dialogue sain entre les différentes parties. A priori, au sujet de la réforme du code de l'information, le secrétaire général du FLN s'est exprimé sur le soutien de son parti à l'idée de la révision de cette loi tout en préconisant quelques mesures qui passeront par la création d'un conseil de déontologie de l'information, un conseil qui sera constitué de professionnels du métier, et qui aura pour mission essentielle de travailler dans le sens de limiter le nombre de délits dans la presse nationale. Enfin signalons que le secrétaire général du FLN a exprimé les vives préoccupations de son parti quant à un meilleur traitement de la communauté algérienne vivant à l'étranger, au milieu de cette nouvelle montée des partis de l'extrême droite dans les pays d'accueil. «Ce qui a généré un certain comportement islamophobe au sein d'une politique faisant toujours l'amalgame entre appartenir à une religion ou être terroriste dans des clichés réducteurs», précise le conférencier. Concernant l'ouverture historique du bureau politique du parti à la gent féminine, le secrétaire général du FLN précisera que le choix de la direction du parti, qui a choisi deux femmes pour siéger dans la première instance du parti, n'est en aucun cas motivé par le fait de mettre des femmes à la disposition des autres femmes dans la base du parti, mais les deux militantes, à savoir Mmes Bahloul et Tayeb auront des tâches similaires à celles des autres membres du bureau politique. Un bureau politique qui est d'ores et déjà appelé à accélérer le redéploiement du parti au sein des masses populaires, avec l'ouverture des bureaux de kasmas et de mouhafadas du parti devant tous les citoyens et sans intermédiaire comme c'était le cas dans le passé à travers quelques régions du pays, a précisé l'orateur.