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«L'écrivain doit être témoin de son temps»
Publié dans Le Temps d'Algérie le 11 - 06 - 2011

Auteur prolifique, Hamid Grine ne cesse de nous étonner par ses romans qui sont des tableaux miroirs de la société algérienne qu'il dissèque souvent sans complaisance. En fin observateur avisé, il dénonce les tares sociales sans inimitié ni ressentiment mais, avec objectivité et impartialité.
A travers une saga familiale, il raconte avec un style épuré les rapports humains qui sont mâtinés de perversion, de vénalité et tissés d'hypocrisie et de sournoiserie. Il met à nu le citoyen lambda qui se retrouve dans ses écrits ainsi que la société dévoyée par un bouleversement des valeurs.
Il sait avec discernement décortiquer les âmes de ses personnages, toujours déplaisants, souvent brisés. C'est une sorte de confession intime racontée avec sagacité, clairvoyance et subtilité. Dans son phrasé, Hamid est un passeur de mots, de sensations, d'idées et d'émotions. C'est un nostalgique des temps révolus où l'on savait rire, aimer sans frein et vivre simplement. Dans cet entretien, il exprime son point de vue sur la société. Authentiques et vrais, ses propos simples sont à son image.
A travers votre récit, c'est la famille algérienne et l'Algérie qui sont mises à l'index. Pourquoi ce choix ?
C'est un choix qui s'est imposé de lui-même. Je n'écris pas pour faire plaisir mais parce que je pense avoir quelque chose à dire.
Dans ce roman, je raconte à la fois la perversion des rapports humains dans une famille algérienne à cause de l'argent roi et l'émergence de nouveaux rapports, inconnus jusque-là, de marketing dans notre société. Si c'est une mise à l'index, c'est tant mieux, car le rôle de l'écrivain, c'est aussi de dénoncer ce qui mérite de l'être.
Pourquoi ce titre Un parfum d'absinthe ? C'est une plante qui drogue...
Le titre est un clin d'œil à Camus et Tipasa. L'un parle d'abondance de l'absinthe dans Noces à Tipasa. Quant aux ruines romaines de Tipasa, elles sont le monde de l'absinthe. Sous forme de liqueur, l'absinthe a causé énormément de dégâts au 19e siècle : Verlaine, Baudelaire sont devenus des épaves à cause de celle qu'on appelait alors la fée verte. Aujourd'hui, elle est interdite.
Peut-on dire que vous vous inscrivez dans le registre de la littérature d'urgence ?
Il faudrait à mon avis définir d'abord la littérature d'urgence. Si vous parlez d'une littérature qui explique ses insuffisances esthétiques et littéraires par la conjoncture politique et la rapidité dans laquelle elle a été conçue, je réponds que je n'appartiens pas à ce courant. Maintenant, si vous parlez de l'urgence
du créateur qui se bat contre lui-même pour sortir une œuvre de ses entrailles, je dis oui. Vous savez, quand on écrit on est toujours dans l'urgence. La même urgence que la femme enceinte qui attend sa délivrance avec crainte et espoir. Vais-je accoucher normalement ? Mon bébé sera-t-il normal ? Elle vivra neuf mois de souffrances mêlées à de la joie.
Le débat sur Camus semble vous passionner...
Comme tous les débats. Mais je pense que c'est un faux débat. Ce qui intéresse l'Algérien aujourd'hui, ce n'est pas tant les positions de Camus durant la guerre de libération que celles des siens : Dib, Feraoun, Mammeri, Kateb, Sénac, etc. Qu'ont-ils fait pour la révolution ? C'est important de le savoir. Apparemment, on préfère se focaliser sur Camus.
Vos multiples écrits englobent diverses thématiques d'actualité. Pensez-vous qu'un auteur doit être le témoin
de son temps ?
De mon point de vue, oui. Tous les grands écrivains l'ont été. Soljenitsyne a dénoncé le goulag de l'URSS, Dostoïevski les bagnes dans lesquels il a été enfermé, Feraoun sa condition misérable de fils du pauvre.
Un auteur doit être utile à sa société et à son temps. Il doit être, grâce à sa notoriété, la voix de ceux qui n'ont pas de voix. Ceci dit, il n'y a pas de bréviaire dans ce domaine, chacun décide selon ses idées et ses principes.
Quel sont les écrivains algérien et étranger que vous appréciez particulièrement ?
Aucune originalité si je cite Khadra et Montherlant, celui des carnets. Sinon j'aime les classiques : Stendhal et Flaubert.
Etant un auteur prolifique, avez-vous un autre ouvrage en chantier ?
Oui. Un recueil de nouvelles qui plonge au fond des travers de notre société.
Entretien réalisé par Kheira Attouche


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