une légende du cinéma universel Que ce soit à la salle Ibn Zeydoun ou à la Cinémathèque, depuis hier et jusqu' au 6 octobre, vous êtes conviés à assister à un cycle de films rétrospectif de la riche filmographie de ce monstre sacré du cinéma universel. A l'occasion du centenaire de la naissance du grand cinéaste suédois Ingmar Bergman, l'ambassade de Suède en collaboration avec le ministère de la Culture a tracé un riche programme de films retraçant la cinématographie de ce monstre sacré du cinéma universel. Un cycle de films d'une semaine pleine de culture à la touche suédoise. Du 1er octobre au 6 octobre, vous aurez l'occasion de regarder une sélection des films légendaires d'Ingmar Bergman et ce, que ce soit à la salle Ibn Zeydoun ou à la cinémathèque, l'un en sous-titrage en arabe et l'autre en français. En effet, l'année 2018 marque le centenaire de la naissance du cinéaste de renommée mondiale Ingmar Bergman. Pour célébrer ce centenaire, des rétrospectives se déroulent dans le monde entier dont l'Algérie qui lui rend hommage avec un cycle de projections de ses plus grandes oeuvres cinématographiques. Cette célébration a été inaugurée officiellement dimanche dernier à la salle Ibn Zeydoun, en présence du représentant du ministère de la Culture et l'ambassadrice de la Suède. Si pour l'un, le nom de Ingmar Bergman est bien connu par les Algériens, pour la seconde Bergman a laissé une trace incommensurable dans l'art moderne et ce, en réalisant plus de 60 films, mais surtout plus de 170 productions théâtrales. Auteur dramaturgique, il a à son actif plus d'une centaine de livres et d'articles. Parmi ses oeuvres les plus célèbres figurent les films Le Septième Sceau, Les Fraises sauvages, La Source et Persona, ainsi que son ouvrage autobiographique Laterna magica. A l'occasion de cette journée pas comme les autres un documentaire retraçant la riche vie tumultueuse de ce mystérieux personnage qu'est Bergman a été projeté à la salle Ibn Zeydoun. Intitulé Trespassing Bergman ou Bergman Interdit. Filmés pour certains d'entre eux dans la maison d'Ingmar Bergman sur l'île de Faro, des grands noms du cinéma actuel, réalisateurs et acteurs, viennent témoigner du talent, de la vie, des oeuvres et de l'influence du cinéaste suédois, figure mythique de l'histoire du septième art. Un documentaire en six parties sur la vie, les oeuvres et l'art du célèbre cinéaste suédois dont on n'a vu qu'une partie qui faisait déjà deux heures. Mais deux heures tellement passionnantes où l'on a vu défiler là encore d'autres réalisateurs talentueux de leurs générations qui parlaient d'Ingmar Bergman comme du père spirituel qui leur a tout appris et duquel ils se sont bien inspirés dans leur cinéma. Parmi eux, Martin Scorsese, Ridely Scott, Woody Allen, Lars Von Trier, Takeshi Kitano, Michael Haneke, Claire Denis pour ne citer que ceux-là. A l'entame du film nous les voyons débarquer dans sa ténébreuse maison bien proprette et dans laquelle l'âme de Bergman continue à y habiter. L'on découvre son immense bibliothèque, des traces de mots hachurés notés sur une table en bois. Ce dernier meuble, quasiment tout le décor de sa maison dans laquelle, il vivait en retraite en enchaînant l'écriture de scénario pour la réalisation de ses nombreux films à succès jusqu'à perdre de l'argent, mais de rebondir à nouveau avec le film Alexandre et Fanny pour lequel l'institution suédoise avait déboursé, fait exceptionnel, une somme d'argent faramineuse qui a fait scandale à l'époque. Ce film documentaire traversé de quelques images d'archives en noir et blanc du portrait de Bergman est aussi accompagné de nombreux extraits de sa ténébreuse filmographie dont beaucoup de ses films ont été considérés comme avant tout grandioses pour le traitement moderne de sujets philosophiques qu'il a abordés, comme la mort dont il en était obsédé ou surtout pour les scènes de nu qui existaient dans certains de ses films jugés parfois de pornographiques par certains bien-pensants. Bergman intrigue. Dans ce documentaire qui donne réellement envie d'aller courir dévorer les films de Bergman, ce dernier est décrit comme un homme fébrile, travaillant sans cesse comme pour déjouer la mort, réalisant parfois des comédies avec de l'humour subtile, mais qui ne relève jamais du divertissement. Des films intelligents qui font souvent appel à l'intelligence du public. Un cinéaste boulimique qui a su déranger comme le sont certains aujourd'hui qui ne sont pas reconnus dans leur terre, mais toujours hors de leurs frontières. Bergman Interdit est un film qui nous parle de Bergman tout en nous dévoilant une part aussi de ses réalisateurs qui, chacun, confiera son rapport avec ce réalisateur suédois, ce qu'il aimait chez lui, ce qu'il ressentira après sa mort. Et voir cette image si émouvante, en clôture du documentaire, celle du réalisateur taïwanais Ang Lee dans les bras de Bergman comme le prolongement du fils prodige ou de l'élève qui embrasse le maître est juste sublime et se passe de tout commentaire...