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Les nouveaux maux de la crise
Taux de croissance, de chômage, réserves de change et cotation du dinar
Publié dans L'Expression le 05 - 08 - 2020

L'Algérie autant que l'ensemble des pays émergents n'échappe pas à la règle et il est important d'analyser l'impact de la baisse du taux de croissance en Algérie sur le taux de chômage qui s'ajoute au taux officiel au 31/12/2019, en distinguant les emplois dans les segments productifs et les emplois-rente improductifs tenant compte de la forte pression démographique, Les tensions géostratégiques au niveau de la région, la chute des prix du pétrole, avec la baisse drastique des réserves de change, ont suscité, à l'extérieur, des analyses prévoyant de sombres scénarios sur l'avenir de l'Algérie 2021-2023, notamment l'épuisement des réserves de change, une dépréciation accélérée de la monnaie nationale et de vives tensions sociales. Pourtant, en ce mois d'août 2020, l'Algérie n'est pas au bord de l'effondrement, contrairement aux vues de sinistrose. Mais il faut être réaliste et ne pas verser dans la démagogie. La situation pourrait prendre une autre dimension et s'aggraver sans un changement dans le système de gouvernance.
Le produit intérieur brut (PIB) à prix courants a évolué ainsi de 2000 à 2019: 2000, 5500 milliards de dinars- 2001, 5600 milliards de dinars- 2005, 7200 milliards de dinars, - 2009, 7100 milliards de dinars (effet de la crise),-2012, 7600 milliards de dinars, -2016, 15000 milliards de dinars, 2017 de 15100 milliards de dollars - 2018, 17160 milliards de dinars- 2019, 20110 milliards de dinars au cours moyen de 119 dinars un dollar.
Quelles incidences sur l'emploi? Le taux d'emploi est fonction du taux de croissance et des taux sectoriels de productivité. La croissance a évolué ainsi de 2000 à fin 2019 pour une entrée de devises ayant dépassé 1000 milliards de dollars dont 98% avec les dérivées proviennent de Sonatrach et une sortie de devises d'environ 935 milliards de dollars, le solde au 31/12/2019 étant les réserves de change. Au sein du PIB, au sein de Sonatrach, ces dernières années la part Energie représente seulement 30/35% du PIB, mais en inversant la matrice du PIB par la méthode de la triangularisation, le constat est que les hydrocarbures irriguent tout le corps économique et avec les effets indirects contribuent à plus de 75% du PIB.
Qu'en est-il de l'impact sur le taux de chômage et le système de protection sociale? L'Algérie, comme tous les autres pays du monde, est menacée par le chômage. Ce phénomène mondial affecte une part trop importante de la population active, dont les taux de chômage sont élevés avec des disparités selon l'âge, le sexe et le niveau d'instruction et dont les conséquences sont néfastes sur le plan socio-économique. L'Algérie subit actuellement les effets de l'accroissement démographique dans les domaines de l'éducation et le marché du travail avec la présence d'un déficit d'emplois décents et permanents, l'inadéquation entre l'emploi et la formation, la crise économique avec des flux migratoires.
Impact négatif sur le macro-économique
Pour l'Ocde dans son rapport de mai 2020, une baisse d'un point de taux de croissance engendre un accroissement du chômage en stock de 350000.
Si l'on prend les données pour 2019, taux de croissance moyen de 2% en Algérie et celles de la Banque mondiale du 8 juin 2020 de 6,4% (recul 8,4%)
celles de la Banque africaine de développement de début juillet 2020 - scénario pessimiste de -5,4% et modéré -4,4%, et les données de l'ONS de juillet 2020, de - 3,9%, nous aurons un stock additionnel de chômeurs pour 2020 en Algérie qui varierait entre 2500000 et 1800000, pas propre à l'Algérie avec la situation de l'économie mondiale comme le montre le rapport alarmant de l'OIT de mai 2020, plusieurs centaines de millions de chômeurs dans le monde, avec un accroissement des inégalités et de la pauvreté, frappant particulièrement les pays les plus vulnérables.
Tous ces facteurs négatifs auront un impact sur l'équilibre du budget de l'Etat fin 2020 où l'on devra évaluer les pertes consolidées. Certes, à court terme l'Algérie possède des tampons sociaux comme la crise du logement, le regroupement de la cellule familiale qui concerne une grande fraction de la population et les charges sont payées grâce au revenu familial global, mais résoudre la crise du logement sans relancer la machine économique prépare à terme l'explosion sociale; également grâce aux subventions bien qu'inégalitaires, étatiques, les familles algériennes ayant accumulé une épargne sous différentes formes, mais cette épargne est en train d'être dépensée face à la détérioration de leur pouvoir d'achat; la sphère informelle qui pourvoit par différents mécanismes à la faiblesse de l'offre pour satisfaire la demande sociale. qui n'est pas propre à l'Algérie, où selon les rapports du FMI et de l'OIT, les taux d'informalité varient considérablement d'un pays à l'autre, allant de 30% dans divers pays d'Amérique latine à plus de 80% dans certains pays d'Afrique subsaharienne ou d'Asie du Sud-Est.
Qu'en est-il de l'évolution du taux d'inflation? Un taux d'inflation faible en T1 par rapport à un taux d'inflation élevé par rapport à To donne cumulé un taux d'inflation élevé et se pose la question de l'évolution du salaire réel par rapport à ce taux cumulé. Le salaire net mensuel moyen en Algérie (hors agriculture et administration) a été estimé à 41 000 DA en 2018 contre 40 325 DA en 2017, soit une hausse annuelle de 1,6%, selon l'Office national des statistiques (ONS). Cependant, un salaire moyen n'a pas de signification car voilant les disparités inter-socioprofessionnelles et inter-régionales devant mettre en relief les liens entre la croissance, la répartition du revenu par couches sociales et par grands espaces régionaux, la structuration du modèle de consommation et devant revoir le panier des biens de consommation, qui préside au calcul de l'indice, le besoin étant historiquement daté, évoluant avec le temps.
Impact négatif sur le cadre macro-financier
Tout dérapage du dinar par rapport au dollar et à l'euro permet d'augmenter artificiellement la fiscalité hydrocarbures (reconversion des exportations hydrocarbures en dinars) et la fiscalité ordinaire (via les importations tant en dollars qu'en euros convertis en dinars dévalués), cette dernière accentuant l'inflation (équipements, matières premières, biens finaux, montant accentué par la taxe à la douane s'appliquant à la valeur dinar, étant supportée en fin de parcours, par le consommateur comme un impôt indirect, l'entreprise ne pouvant supporter ces mesures que si elle améliore sa productivité. Pour suppléer au déficit budgétaire, le recours à la planche à billets après l'épuisement du Fonds de stabilisation du pétrole (FRR) pour financer le déficit budgétaire, la Banque centrale ayant recouru à ce mécanisme de mi-novembre 2017 à avril 2019, ayant mobilisé 55 milliards de dollars, soit l'équivalent de 32% du PIB de 2018, aura un impact négatif à terme. Ce financement, outre l'effet inflationniste, comme au Venezuela, favorise, contrairement à certains discours, la baisse des réserves de change puisque en mettant à la disposition de certaines entreprises des dinars, (70% des matières premières et des équipements des entreprises publiques et privées étant importées, le taux d'intégration ne dépassant pas 15/20%) ces dernières se porteront importatrices en devises en biens et services.
En cas de baisse drastique des réserves de change à 10/12 milliards de dollars, qui tiennent la cotation du dinar algérien à plus de 70%, (voir l'expérience vénézuélienne) la Banque d'Algérie sera contrainte de dévaluer le dinar officiel à environ 200/220 dinars pour un euro avec une envolée du cours sur le marché parallèle qui fluctue en fonction du taux d'inflation, la cotation actuelle sur ce marché n'étant pas significative du fait de l'épidémie du coronavirus qui limite la demande. Il sera difficile de combler l'écart avec le marché parallèle pour la simple raison que l'allocation de devises pour les ménages est dérisoire.
La deuxième raison: est que la sphère informelle suppléant à la faiblesse de l'offre de biens et services et les agences de voyages, sont demandeuses de devises.
Troisièmement: bon nombre d'entreprises du fait de la faiblesse de l'allocation devises pour éviter la rupture d'approvisionnement iront au niveau de cette sphère, surtout en cette période de récession économique. La baisse de l'offre de devises par les anciens réseaux (tarissement de l'envoi de l' émigration) a été contrebalancée par les fortunes acquises régulièrement ou irrégulièrement par la communauté algérienne localement et à l'étranger qui font transiter irrégulièrement ou régulièrement des devises en Algérie montrant clairement que le marché parallèle de devises est bien plus important que l'épargne de l'émigration. Ces montants fonctionnant comme des vases communicants entre l'étranger et l'Algérie renforcent ainsi l'offre. Il existe donc un lien dialectique entre ces sorties de devises dues à des surfacturations et l'offre, sinon cette dernière serait fortement réduite et le cours sur le marché parallèle de devises serait plus élevé, jouant, comme amortisseur à la chute du dinar sur le marché parallèle.
De grandes potentialités
En conclusion, l'Algérie possède encore quelques leviers dont le stock de la dette extérieure au 1er janvier 2019 est relativement faible, ayant atteint 5,710 milliards de dollars, selon l'édition 2020 des statistiques sur la dette internationale de la Banque mondiale, contre 5,707 milliards de dollars à fin 2017 et à 5,463 milliards de dollars à fin 2016.
L'Algérie ne peut continuer à fonctionner entre le budget d'équipement et de fonctionnement, selon le FMI, à un cours variant entre 95/100 dollars le baril. Pourtant, l'économie algérienne possède des potentialités, mais a besoin d'une cohérence dans sa politique socio-économique. L'Algérie étant confrontée à des défis importants, posés par la baisse des prix du pétrole, les défis futurs, pour se projeter sur l'avenir, loin de tout populisme dévastateur, imposent une nouvelle gouvernance, un langage de vérité et la moralité des gouvernants pour éviter la situation anomique de décadence des sociétés analysée minutieusement par le grand sociologue Ibn Khaldoum. L'Algérie devra s'adapter au nouveau monde, rétablir la confiance pour sécuriser son avenir, s'éloigner des aléas de la mentalité rentière, réhabiliter le travail et l'intelligence, rassembler tous ses enfants et toutes les forces politiques, économiques et sociales, en tolérant les différentes sensibilités mais évitant la division sur des sujets secondaires. Il y va de la sécurité nationale.


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