Le ministre des Transports, Aïssa Bekkaï, a confirmé, hier, la volonté d'ouverture du ciel et de la mer au secteur privé. Il a ainsi révélé, dans un entretien à la chaîne de télévision Echourouk News, l'octroi, par l'autorité habilitée, de 11 licences pour le transport maritime de passagers et de marchandises, et 15 licences accordées à des particuliers pour exploiter le transport aérien. «Sur instructions du président de la République, l'encouragement de l'initiative privée fait l'objet d'efforts soutenus de la part des hautes autorités du pays», a souligné le ministre, non sans préciser que «la balle est dans le camp des opérateurs privés». Ces derniers «doivent faire preuve d'habileté et d'efficience», pour créer la dynamique attendue dans un secteur qui, tout stratégique qu'il est, demeure encore à la traîne, en raison d'une situation de monopole qui a fait exploser les prix, au détriment des consommateurs. La perspective ouverte par l'Etat traduit clairement la volonté de donner toute ses chances au secteur privé, appelé à contribuer à l'amélioration de l'offre de transport par la diversification des opérateurs et des formules. Dans l'expression: «La balle est dans le camp des opérateurs privés», il y a une forte demande du public à satisfaire, mais également une attente des pouvoirs publics qui misent légitimement sur la dynamique que suscitera l'ouverture pour améliorer considérablement la mobilité des citoyens, mais également pour booster l'économie du pays, notamment les exportations hors hydrocarbures, actuellement en peine de logistique. Une situation qui impose une sorte de plafond de verre que seule une réelle forte hausse de l'offre de transport en tous genres, peut faire éclater. Cette conviction, exprimée par Bekkaï est appuyée par une détermination à montrer la voie aux futurs investisseurs. Ainsi, que ce soit dans le transport maritime ou aérien, l'Etat a donné l'exemple à travers l'ouverture prochaine de nouvelles liaisons maritimes, aériennes et terrestres avec le Sénégal et la Mauritanie. Le ministre a révélé que «la liaison maritime entre l'Algérie et la Mauritanie sera opérationnelle entre le 20 et le 23 février courant». Il expliquera que pour ce faire, des réunions ont été organisées conjointement avec les responsables du ministère du Commerce, ainsi que les exportateurs, dans le but d'assurer une pérennité de la liaison. «Ce sera une liaison maritime régulière et permanente, d'où ce travail en amont pour mobiliser et sensibiliser les opérateurs à l'export, à l'effet d'animer cette voie maritime», précisera-t-il encore, faisant état de la mobilisation, également, de l'ensemble des sociétés du secteur, dont le groupe Gatma et la Cnan. Cette opération sera également consolidée par l'ouverture de deux lignes aériennes en direction de la Mauritanie et du Sénégal. Bekkaï a, par ailleurs, abordé la question de la route reliant Ouargla à Zouiret, en Mauritanie qui viendra renforcer ces efforts destinés à la redynamisation des activités économiques et commerciales avec les pays africains. Pour le ministre, «ces lignes visent à accroître les exportations algériennes au sein de la Zone de libre-échange africaine». Par ailleurs et sur fond de révélations sur la corruption et la mauvaise gestion dans certaines entreprises de transport, le ministre évoquera le malheureux épisode de la réquisition des cinq navires algériens, qu'il qualifiera de dilemme et d'épisode douloureux. Un sombre épisode qui lui a permis de prendre connaissance de l'état délictueux dans lequel errait l'entreprise de transport maritime. «Nous avons procédé à des changements à la tête de la Gatma et de la Cnan-Nord... Mais les résidus de la mauvaise gestion persistent encore», ajoutera-t-il sans ambages. Il précisera, par ailleurs: «Nous travaillons à introduire des réformes dans le secteur maritime pour éliminer la mauvaise gestion et réviser le mode de gestion actuel... l'Entmv est un exemple en matière de mauvaise gestion. Nous y avons trouvé, entre autres découvertes, 15 directeurs». Il révélera également que «certains responsables avaient l'intention de démanteler Tariq Ibn Zyad dans l'espoir de le revendre en pièces détachées». Au sujet de la Compagnie nationale Air Algérie, le premier responsable du secteur annoncera «des décisions majeures qui vont être prises concernant cette compagnie», laissant entendre qu'elles seront décisives et prises par le président de la République et le Premier ministre. Il indiquera également que la pléthore du personnel, avec plus de 2000 travailleurs en plus, n'est pas tant un problème en soi, mais que cela réside plutôt dans la gestion. Il annoncera qu'aucun travailleur de cette compagnie ne sera licencié, mais qu'un plan de redéploiement des personnels sera mis en place, afin d'assurer une meilleure exploitation de ces derniers.