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Le silence gêné de la classe politique
CINQUANTENAIRE DU 20 AOÛT 1956
Publié dans L'Expression le 21 - 08 - 2006

Ils ont omis d'en tirer les enseignements pour le présent et pour les générations à venir. C'est le révisionnisme en marche.
Dans un bel ensemble, il y a comme un silence gêné de la classe politique vis à vis de la plate-forme de la Soummam, document fondateur majeur de la Révolution algérienne.
Après le déclenchement de la lutte de Libération, les membres dirigeants, notamment le groupe des six (Didouche, Ben Boulaïd, Bitat, Ben M'hidi, Krim, Boudiaf) qui avaient promis de se retrouver dans des délais raisonnables, pour faire le point et donner un nouveau souffle à la Révolution, en ont été empêchés par la férocité de la répression coloniale. L'Armée de libération nationale et le FLN s'étaient renforcés en recrutant de nouveaux éléments, dans toutes les couches de la population et dans toutes les régions du pays, mais les liaisons étaient difficiles. Les représentants du FLN dépêchés à l'étranger étaient à la recherche d'armes et de munitions, pas toujours avec bonheur, malgré leurs efforts et les promesses des pays amis.
Libéré de prison en 1955, où il était interné depuis cinq ans, Abane Ramdane, qui avait eu le temps dans sa cellule de théoriser la Révolution, a pris sur lui d'inviter les différents dirigeants à une rencontre en un point situé au centre du pays, donc accessible à toutes les régions, d'autant plus qu'Amirouche, connu pour son efficacité, avait promis de garantir la sécurité des congressistes. Ce fut surtout la rencontre de Abane avec Larbi Ben M'hidi, commandant des maquis de l'Oranie, qui permit de débloquer la situation et de conférer aux assises ce caractère spécial d'acte fondateur.
Les deux hommes, qui furent véritablement la cheville ouvrière des assises, ont été lâchement éliminés, l'un dans les geôles de Bigeard sous la torture, et l'autre attiré dans un traquenard au Maroc. Mais enfin, cinquante ans après, peut-on faire l'impasse sur un événement majeur de la Révolution? Le seul qui a tracé une stratégie de lutte, a mis en place les structures et l'organisation, a défini les priorités pour le lendemain de l'indépendance, non seulement en optant pour la démocratie sociale, mais en faisant en sorte que la lutte de Libération ne soit pas seulement une question de balles échangées avec l'ennemi ou d'égorgement des harkis, mais avait donné une base idéologique et doctrinale à la Révolution, preuve que l'Algérie en lutte avait aussi des élites en mesure de concevoir une société moderne, ancrée dans ses traditions, mais surtout respectueuse des libertés individuelles.
Au lendemain du premier novembre 1954, il y eut malheureusement quelques attaques contre les commerçants juifs, qui risquaient de s'étendre aux commerçants mozabites, n'eût été la sagesse de Abane qui mit un terme à une telle dérive. Pour mieux intégrer les citoyens mozabites dans la Révolution, il a invité le grand poète Moufdi Zakaria à composer les paroles de l'hymne national Kassaman. De telles initiatives ont permis à la Révolution de garder sa pureté, sa hauteur de vue, ainsi que la noblesse de ses principes.
Un événement comme le cinquantenaire du Congrès de la Soummam se devait d'être célébré, commémoré, analysé sous toutes ses coutures par le personnel de la classe politique, en vue d'en tirer les enseignements pour le présent et pour les générations à venir.
Or il n'en est rien. La célébration est passée à la trappe.
La chose est tellement aberrante qu'il est loisible de discerner, à travers un tel mutisme, une réelle volonté de réécrire l'histoire. On sait tous que l'écriture de l'histoire est du ressort des historiens, mais le silence sidéral du personnel politique en dit long sur la tendance lourde qui se dégage à travers un tel comportement, et qui n'est autre que celle du révisionnisme.
En revanche, ce qui peut mettre du baume au coeur, c'est de constater la ferveur populaire et la mobilisation de la société civile pour ne pas laisser aux partis et aux officiels le soin de détourner voire de récupérer une page fondatrice de la Révolution algérienne.
Parce que c'est un fait que la bouderie des personnels politiques ne passera pas inaperçue. Et surtout pas pour un cinquantenaire. Beaucoup de gens avaient été outrés par les écrits tendancieux d'il y a quelques années, et qui visaient à jeter le doute sur les intentions de Abane, surtout que ces écrits se basaient sur les déclarations supposées de militants tombés au champ d'honneur, en étant sûrs de ne pas être démentis, mais ce qui se passe aujourd'hui est encore plus grave. Cela donne à penser que les écrits tendancieux sont dans le vrai, et donc que le Congrès de la Soummam ne mérite pas de figurer en bonne place dans les manuels scolaires et les documents officiels, pas plus que d'être célébré à sa juste mesure. On peut enfin se demander à qui profite cette occultation...Mais là, c'est une autre paire de manches.


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