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Yaghmoracène ou la face cachée du crime
DESCENTE DANS «L'ENFER» D'ORAN
Publié dans L'Expression le 11 - 09 - 2006

Yaghmoracène est l'un des quartiers les plus dangereux d'El Bahia.
Le quartier de Yaghmoracène, ce pauvre bourg, gagné par une indigence dépassant tout entendement, a été au menu de l'opération «coup de poing» menée, mercredi dernier, par une cinquantaine de gendarmes à Oran. Il est question, précisons-nous, d'un bidonville piteux où la hantise des agressions «empeste» les lieux, le mépris, quant à lui, s'affichait sur la plupart des visages. Des visages qui, sous les écrits de Kateb Yacine sont décrits comme «déserts aux sourires mirages...» Il s'agit plutôt d'une expression fataliste, telle était l'impression que les habitants de ce quartier voulaient découvrir dans nos regards scrutateurs, restés, d'ailleurs, pétrifiés, tout comme les leurs. Bref, Yaghmoracène est un quartier dangereux. En un mot, il est la confirmation, indéniable, certifiant la deuxième ville cosmopolite du pays comme étant la capitale du crime. «Les statistiques disponibles, à notre niveau, démontrent, à plus d'un titre, que la ville d'Oran est, en effet, à la tête du peloton des zones les plus criminogènes en Algérie» atteste le porte-voix de la Gendarmerie nationale, le colonel Ayoub Abderrahmane. De son côté, un confrère de la presse locale se rappelle la rencontre avec le personnel médical du CHU d'Oran, tenue «l'autre jour» en guise de conférence de presse où il a été question de la prise en charge médicale des victimes des agressions.
D'après lui, les professionnels du secteur sanitaire auraient soutenu l'idée selon laquelle le bilan des agressions remontant jusqu'à l'année 1982 faisait ressortir, annuellement, le même taux que celui recensé présentement en l'espace de trois jours. Autrement dit, le personnel médical au niveau d'Oran, est-il en passe de subir une phase de saturation, de même que ses capacités en termes de suture des plaies saignantes, de coups de poignard, sont-elles limitées?
A cette question, notre confrère nous répond par l'affirmative: «Effectivement, et à ce sujet, il n'est point utile, d'ailleurs, de se rendre au service des urgences du CHU d'Oran, si par malheur l'on venait de subir les frais d'une agression à des heures précises de la journée, souvent de 11h à 13h. En de tels horaires, c'est une véritable marée humaine, où hommes et femmes de tout âge envahissent, presque au quotidien, les lieux pour quémander les soins d'urgence». En outre, le quartier de Yaghmoracène que les gendarmes ont passé au peigne fin au soir de mercredi dernier, est, certes, l'un des bidonvilles les plus dangereux d'El Bahia, mais c'est aussi le bourg le plus crasseux de la ville d'Oran. Ici, l'absence de l'Etat, en terme de mise en place des infrastructures publiques, crève les yeux. Pas de route goudronnée, pas d'éclairage public et ce quartier s'enfonce, dès la tombée de la nuit, dans un décor effrayant, fait d'un noir ténébreux où la seule chose que l'on peut distinguer c'est bien les amas d'immondices faits de toutes sortes de détritus jetés ici et là.
En l'espace de deux heures de traque, les gendarmes ont eu à procéder à l'arrestation de plus d'une trentaine de jeunes délinquants, réputés comme agressifs dans leur propre quartier. Parmi ces derniers, figure un violeur qui a abusé d'une petite fille avant de disparaître dans la nature et de faire l'objet d'un mandat de recherche établi par la justice. Le motif de son interpellation était lié au port d'arme prohibée, néanmoins, et dès que les gendarmes de Yaghmoracène ont procédé à son identification, il s'est vite avéré que la place de cet énergumène ne pouvait être que derrière les barreaux. Un adolescent de 17 ans, répondant aux initiales de Y.N. se trouvant, lui aussi, parmi les individus interpellés, éclate en sanglots au moment où les gendarmes lui ont annoncé son arrestation pour port d'arme blanche, un délit passible d'emprisonnement. Le jeune garçon a déjà purgé une peine dans le centre pénitentiaire pour mineurs. «Pitié chef, je ne veux pas retourner dans ce centre, j'ai déjà deux frères qui sont incarcérés et je ne veux pas les rejoindre là où ils sont», s'écria le jeune Y.N, les yeux remplis de larmes. En effet, l'un de ses deux frères a été écroué pour avoir crevé l'oeil d'un voisin à l'aide d'un couteau.
On apprend, en outre, au sujet de Y.N., qu'il s'agit d'un pauvre orphelin que la vie n'a pas du tout épargné. Son père est porté disparu. La mère de Y.N est, quant à elle, décédée dans un accident de voiture, il y a de cela six années. «Ce garçon est connu de nos services», indiquera, pour sa part, le chef de brigade de Yaghmoracène Toujours au sujet de l'adolescent Y.N. il ajoutera qu'il figure parmi les 300 délinquants qu'il a qualifiés de «clients» de sa brigade. Cependant, le chef de brigade de Yaghmoracène est resté ferme devant les supplications de Y.N. «Nous sommes les auxiliaires de la justice et nous veillons à la stricte application de la loi», dira, sans ambages, la chef de brigade de Yaghmoracène. D'ailleurs, il comptait bien présenter devant la justice les 34 délinquants que ses éléments venaient d'appréhender, en ce soir de mercredi 6 septembre 2006. Un de ces éléments nous apprendra, au sujet de Yaghmoracène, qu'au plus fort du terrorisme, ce quartier était l'un des fiefs les plus redoutables où se planquaient les éléments des groupes armés. «Durant les années 90-94, ce quartier était infranchissable pour les services de sécurité, tous corps confondus. Tout gendarme où policier qui s'aventurait ou seulement était de passage dans ce quartier, risquait d'y laisser sa peau». En sus, il se trouve que ce pauvre bourg, aujourd'hui reconverti en lieu de prédilection des délinquants de tout poil, n'est, en réalité, qu'un entassement de plusieurs constructions illicites dont les «occupants» ont fait fi, un moment donné, des lois de la République.
Et ce genre de mépris à l'égard des lois continue encore d'exister dans l'esprit de certains parmi les habitants rencontrés, mercredi dernier. Preuve en est, ce commerçant «hors-la-loi» qui, profitant de la rentrée scolaire, décida, de son propre chef et sans aviser quiconque parmi les autorités compétentes à Oran, d'ouvrir une boutique de vente d'articles scolaires. Laquelle boutique de fortune qui, au moment de son inspection par les gendarmes, ces derniers étaient stupéfaits du fait que son propriétaire ne dispose d'aucun document administratif pouvant justifier l'exercice de son activité. «Comment avez-vous osé ouvrir un commerce sans même disposer d'un registre du commerce au préalable?» s'insurge le brigadier chef de Yaghmoracène à l'encontre du propriétaire du magasin.
Ce dernier, âgé d'une cinquantaine d'années environ, lui répond sereinement qu'il est employé au niveau de la commune, comme si une telle réponse pouvait légitimer son commerce illégal. Et c'est là que la colère du gendarme monte d'un cran: «Vous êtes employé de l'APC et paradoxalement vous êtes le premier à ouvrir les portes à l'anarchie! Votre comportement est impardonnable», devait-il lui lancer avant de procéder à la confiscation de sa carte nationale d'identité. Le lendemain jeudi, les gendarmes d'Oran sont montés à bord du train rapide qui venait de se rendre à Alger, tôt dans la matinée. Là aussi, ils ont interpellé deux jeunes, l'un pour le motif de port d'arme blanche et l'autre pour consommation de drogue.


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