La mendicité à Batna est en train de devenir une activité florissante, voire une véritable profession lucrative. Certains mendiants usent et abusent, voire excellent dans leurs techniques pour apitoyer et pousser les âmes charitables à mettre la main à la poche. Le phénomène de la mendicité est très visible aux portes des mosquées, des boulangeries, dans les rues achalandées, dans les souks et les supermarchés. Le spectacle des mendiants ou professionnels permanents est désolant. De véritables réseaux organisés de mendiants professionnels sévissent et privent les véritables démunis de la charité qui leur est destinée. Il s'agit bel et bien de profession, puisque la mendicité est exercée tout au long de l'année sans aucune interruption. La “récolte” ou le fruit des oboles, selon certains dires, dépasse en moyenne 600 DA quotidiennement, une somme qui se multiplie selon les occasions. Seuls les comptes d'épargne, les épiciers et les propriétés privées de ces “professionnels” peuvent témoigner de cette richesse sournoise qui s'accroît en douceur. Les enfants sont souvent utilisés pour pousser les âmes charitables à mettre la main à la poche. Dans cette “profession”, il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes, qui recourent le plus souvent aux enfants en bas âge et surtout aux bébés. Des enfants sont “exposés” dans les plus achalandées des rues commerçantes, des bébés passent le plus clair de leurs journées près des feux rouges, des handicapés menés (et souvent malmenés) exposent leurs infirmités dans une quête quotidienne de quelques dinars... Le spectacle est révoltant ! La santé et l'éducation de ces enfants utilisés par les mendiants pour provoquer l'apitoiement des citoyens sont gravement compromises, voire menacées. Leur santé est loin d'être au beau fixe : handicaps physiques, mentaux, maladies chroniques, diabète, hypertension, différentes allergies, asthme, tuberculose, anémie, rhumatisme et ulcère. Les conditions de ce “travail” y sont, certes, pour quelque chose. Rester toute la journée dans la rue pour un enfant de moins de 7 ans ne passe pas sans dégâts. C'est vrai, on ne sort pas indemne lorsqu'on a été exposé dans des conditions insupportables aux passants, aux piétons, aux automobilistes... dans différents lieux. Ces enfants-là ne connaissent malheureusement de la vie que sa face sombre et ses interminables vicissitudes. Le risque est évidemment de prendre goût à cette “profession” et de reproduire le même scénario, d'autant plus que dans la majorité des cas, une relation existe entre les enfants et leurs accompagnateurs. Les questions qui préoccupent pour le moment sont comment assurer la protection à ces enfants utilisés par les mendiants dans un rôle destiné à provoquer l'apitoiement des personnes sollicitées ? Et comment sévir contre ceux réseaux de mendiants professionnels ? Tous les citoyens s'accordent pour dire que les vrais malheureux ne sont pas nécessairement ceux qui tendent la main mais ce sont plutôt ceux qui, par humilié, gardent une attitude si réservée qu'ils donnent l'impression de vivre loin de toute gêne. Donc, il est aisé de les distinguer des opportunistes attirés par l'argent et non point déchirés par la faim. “Il est temps d'agir, crie un citoyen, sinon nous deviendrons tous des mendiants professionnels, ne serait-ce qu'à mi-temps.”