Pour la presse américaine, c'est le plus important contrat d'armement de l'histoire ! Les Etats-Unis s'apprêtent à vendre pour 60 milliards de dollars d'armes à l'Arabie Saoudite, leur allié de toujours dans le Golfe, région géostratégique par excellence. Outre sa place de clef de voute dans le Moyen et Proche-Orient, le pays est face à l'Iran. Une question d'équilibre pour l'administration Obama qui veut ainsi donner un avantage qualitatif aux Saoudiens face notamment aux Iraniens que les sanctions onusiennes boostées par l'embargo occidental n'arrivent toujours à faire plier en ce qui concerne la détermination de ces derniers à maîtriser la technologie nucléaire. Obama devra néanmoins convaincre son Congrès que l'Arabie Saoudite ne retournera pas les armes acquises contre ses alliés traditionnels et qu'elle ne deviendra jamais plus puissante qu'Israël. Ce qui serait de toutes les manières difficile dans la mesure où l'Etat hébreu est doté de l'armement nucléaire. C'est ce qu'a rassuré, dans un langage parfaitement diplomatique, le porte-parole du département d'Etat à Washington : “Il suffit de dire qu'au cœur de notre politique figure le fait de préserver la stabilité dans la région, et cette stabilité implique qu'Israël ait ce dont il a besoin pour préserver sa propre sécurité.” Selon la presse arabe internationale, ce contrat “du siècle” a été au centre des discussions lors de la dernière rencontre à Washington entre le roi saoudien Abdallah et le président Barack Obama. Si pour Washington, le renforcement des capacités de défense de Riyad et, jusqu'à un certain degré, de ses possibilités offensives, est utile pour faire face à la menace iranienne, pour Tel-Aviv, 60 milliards d'armements risquent de bouleverser l'équilibre militaire régional à ses dépens. Ces réserves ont été soulevées par le Premier ministre israélien Netanyahu lors de sa rencontre en juillet avec Barack Obama. Celui-ci a réitéré la posture de son pays qui consiste à toujours considérer l'Arabie Saoudite comme le principal allié dans le Golfe, mais les Etats-Unis ne feront rien pour modifier l'avantage stratégique que maintient Israël sur ses voisins arabes. Obama a trouvé un modus vivendi avec Israël en rappelant à Netanyahu l'hostilité “commune” contre l'Iran qui lie Riyad à Washington et Tel-Aviv. Avant l'arrivée à la Maison-Blanche du premier président noir des Etats unis, principalement depuis le 11 Septembre, les relations entre Washington et RIyad ont été en dents de scie, en raison du soutien de certains secteurs de la famille royale saoudienne à l'islamisme radical, directement ou indirectement. L'intérêt stratégique a fini par avoir raison de ces doutes évoqués ouvertement pendant l'administration Bush junior. Le contrat fait aussi du bien à l'emploi aux Etats-Unis puisque quelque 70 000 emplois sont en jeu aux Etats-Unis. Rien que dans l'aéronautique, les ventes américaines portent, selon CNN, sur un catalogue impressionnant : 84 avions de combat F15/SA, 70 appareils existants rééquipés, 70 hélicoptères Apache, 72 hélicoptères Black Hawk, 36 hélicoptères Little Bird AH-6 et des bombes et des missiles, y compris la bombe guidée par GPS JDAM produite par Boeing et le missile guidé par laser Hellfire.