Le problème de tous les salons et foires consiste à trouver les dates propices à intercaler dans toutes les manifestations du genre, ayant le même thème, avec l'avantage du prestige de l'ancienneté et tous les préjugés qui s'y rattachent. Sur les quelque 35 exposants prévus, seuls 24 se sont effectivement déplacés, dont 3 étrangers. Parmi les présents on trouve des habitués, telles l'Aprue, concernée au premier chef, Enie Solar, NEAL, Inerga, Kahrakib, Etterkib, la BDL, ou UDES (unité de développement des équipements solaires, dépendant du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, pour le secteur public et Soprec, entreprise de construction qui s'intéresse depuis 2008 au solaire, l'étonnant Boulab spécialisé dans l'outillage ou la boulonnerie qu'on retrouve à presque toutes les manifestations du genre, ou encore MFG, du groupe Cevital. La plupart des exposants donnaient à voir des chauffe-eau solaires, des panneaux photovoltaïques, des batteries solaires, des onduleurs, des régulateurs. Un exposant tentait de capter l'attention des visiteurs en offrant des solutions pour le recyclage des batteries usagées. Pour donner une idée de la présence d'entreprises nationales, on pourra citer quatre exemples entre autres opérateurs présents au salon. Une start-up dans le solaire Une start-up qui vient de naître : Alternate Solar Energy, est une Eurl créée dans le cadre de l'Ansej grâce à la volonté de Bahamida Aïssa de Ghardaïa, diplômé de l'Usto, il est secondé par d'autres camarades lauréats de la même université. Les premiers contacts d'affaires ont déjà été entamés, alors que la société vient de naître en juillet, il y a à peine 3 mois. “L'idée de départ m'est venue au cours de la foire de Ghardaïa en septembre 2009. Il s'agissait de répondre à la forte demande du marché pour une énergie propre”, déclare “le patron” de l'entreprise. Ses partenaires sont Steca, ET Solar (Allemagne) et Kyosera (Japon). Ses clients sont issus de plusieurs domaines : agriculture, tourisme, environnement, centres de formation, centres de recherches, particuliers. Actuellement l'entreprise prospecte Sonelgaz et Sonatrach afin de se mettre à produire localement des onduleurs et régulateurs à énergie solaire. Trois mois d'âge et déjà un client promet de faire confiance à l'équipe. Même si Bahamida Aïssa trouve “qu'il n'existe pas de coordination entre l'université et le monde de l'industrie”. En effet, M. Rabia, militaire à la retraite, compte se mettre à l'agriculture à Misserghine. Il a besoin de panneaux solaires et de pompes fonctionnant à l'énergie solaire. Disposant d'une exploitation agricole de 5 ha, il affirme avoir “opté pour cette entreprise, parce qu'elle est gérée par des jeunes diplômés de l'Usto qui ont développé un onduleur et un régulateur de tension, tous deux destinés aux systèmes photovoltaïques. C'est à cause de mes déboires avec le réseau de Sonelgaz, surchargé et souvent défaillant, avec tous les risques encourus par mes pompes immergées, qui m'ont poussé à prendre contact avec ces jeunes. Une simple chute de tension peut être fatale à une pompe immergée qui me coûte très cher !” UDES : cap sur les applications de la recherche Installée à l'extérieur du pavillon G, l'Unité de développement des équipements solaires dépend du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Une de ses sections fournit des prestations de service comme le montage d'équipements pour chauffe-eau solaire, l'éclairage public, le pompage solaire. Elle est constituée d'ingénieurs, de techniciens et de chercheurs. Après repérage des lieux où devrait se dérouler la prestation, en vue par exemple de l'installation d'un éclairage public, un devis est dressé pour être communiqué au client. Un lampadaire fonctionnant à l'énergie solaire revient autour de 150 000 DA, une fois installé. L'installation, outre le lampadaire, comporte des batteries, le ou les panneaux solaires (tout dépend de la puissance de l'éclairage désiré), ainsi qu'un régulateur destiné à protéger la batterie. Soprec : une Société de construction de bâtiment TCE qui investit DANS le solaire Les panneaux solaires de Soprec, comme d'ailleurs tous ceux des autres entreprises activant dans le photovoltaïque, sont importés. Fondée en 1982, son métier de base est le bâtiment TCE. Elle n'a investi le créneau du solaire qu'en 2008, pour lui réserver un département animé par des ingénieurs, des techniciens et des opérateurs-installateurs qualifiés uniquement pour le terrain. Tout ce petit monde est Algérien et formé dans des instituts algériens. Soprec a déjà répondu avec succès aux avis d'appel d'offres publics. Ces marchés ont été réalisés avec succès, alors que d'autres projets sont en cours de réalisation. Comme le grand public ne semble pas encore trop s'intéresser aux énergies nouvelles, les clients de Soprec sont pour la plupart des institutions publiques : directions régionales de l'agriculture, de la conservation des forêts, direction de l'environnement, etc. Afin de faire réagir le grand public, il faudrait le sensibiliser. Car de nombreuses possibilités existent dans le pompage solaire, l'électrification rurale, les télécoms, ou l'éclairage public. Même si, comme l'avoue le responsable du stand de Soprec “les prix demeurent encore relativement élevés pour les revenus moyens. à titre d'exemple, le prix de revient d'une installation tourne autour de 20 à 45 millions de centimes, selon qu'il s'agisse d'une installation de base ou, au contraire, d'une installation relativement confortable”. L'installation de base fait fonctionner 5 lampes, un petit frigo, un poste TV et un démodulateur, alors que l'installation “confort” fait marcher 16 lampes, 1 frigo 350 litres, 2 postes TV, un ordinateur etc. MFG : Mediterranean Float Glass SPA : la production de verre pour panneaux solaires à première vue, on pourrait s'étonner de la présence de MFG à ce salon. Un peu moins tout de même que la présence de Boulab qui présente des outils haut de gamme et des boulons spéciaux, celle de MFG est liée à tout ce qui se rapporte aux économies d'énergie principalement. Produisant des vitrages isolants phoniques et surtout thermiques en verre plat, de 3 à 4 mm d'épaisseur, il est utile de savoir que ce verre plat MFG sert aussi à la fabrication des panneaux solaires et sert particulièrement dans le photovoltaïque à cause de ses capacités élevées de transmission de la lumière. Il est question du démarrage, fin 2010, de l‘unité de production de verre à couches de 3 types : verre à contrôle solaire, verre réfléchissant et verre autonettoyant. Cette unité de verre à couche deviendra la plus grande unité de fabrication au monde implantée sur un seul site. Il s'agit d'un procédé de fabrication complexe qui exige la maîtrise parfaite de technologies pointues (nanotechnologies). à titre de rappel, MFG appartient au groupe Cevital. Son complexe de production est implanté à Larbaâ, wilaya de Blida. MFG est le plus grand producteur de verre plat d'Afrique et exporte 70% de sa production vers l'Europe. Début octobre 2010, a été lancée une unité de transformation du verre destinée à la découpe, au façonnage du vitrage isolant, à l'assemblage du verre feuilleté, et au trempage d'une large gamme de verre. MFG emploie pour l'heure 850 salariés.