Annoncé à la population depuis des années, le projet du gaz naturel n'est toujours pas mis à l'ordre du jour dans les localités de Beni Yenni, Iboudrarène et Yatafène, au sud-est du chef-lieu de wilaya Tizi Ouzou, là où on en a le plus besoin, vu le climat hivernal des plus rudes. Ainsi, le gaz butane a encore de beaux jours devant lui, et la bonbonne se fait désirer malgré son prix exorbitant. “La bouteille ne tient pas plus de trois jours quand il fait vraiment froid, et ce n'est pas le prix qui me tracasse, c'est le déplacement et l'embarras que cela me crée”, dira un retraité de Yatafène. Un peu plus haut que le chef-lieu de Beni-Yenni, aux villages Iboudrarène et Yatafène, les citoyens, ne comptant souvent pas sur le butane dans les moments les plus difficiles à cause des blocages de routes générés par la neige et le verglas, font déjà une véritable ruée sur le bois, d'où, constate-t-on, une déforestation accrue qui reprend son droit avec, notamment, des dizaines de tronçonneuses saccageant à tour de scie infatigable des arbres souvent séculaires. Ces scies mécaniques sont devenues un autre moyen de gain pour des jeunes qui ne se soucient guère de l'intérêt de la forêt ou du devenir de ce patrimoine capital, jadis protecteur de la communauté. Le raccordement de la localité de Beni-Yenni au réseau du gaz de ville n'étant toujours pas inscrit au programme, ce serait donc plus de 18 villages de la région qui feront partie des oubliés de cette commodité tant désirée, avec l'annonce d'un rude hiver, fort craint par la population.