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La révolution de mon père 28e partie
Publié dans Liberté le 26 - 10 - 2013

Résumé : Nous profitons d'un repos bien mérité dans ces bois hospitaliers et dans cette grange où nous avons élu domicile. Un matin, on repéra un berger qui montait la colline avec son troupeau. Venait-il en éclaireur... ? Amar ira lui parler. Il finira par le ramener à la grange. Le jeune garçon devait à peine frôler la puberté.
Il discutera longuement avec lui, avant de lui demander s'il savait qui nous étions et pourquoi nous étions sur nos gardes. Ce à quoi le berger répondit avec un grand sourire, que nous étions sûrement ces fellagas que les officiers français recherchaient.
Alors, gentiment, et avec des mots bien pesés, Da Belaïd lui demanda s'il voulait faire partie de notre groupe, ce qui parut enchanter le garçon.
Je me suis demandé si notre patriarche plaisantait. Mais il n'en avait pas du tout l'air. Amar se met à genoux devant le berger, et lui demanda s'il était prêt à un premier test. Ce dernier acquiesce tout en jetant un regard circulaire autour de lui.
-Tu vois, lui dit Da Belaïd, d'une voix paternelle, tous ces hommes et ces femmes qui sont ici sont tes amis... Si tu veux nous aider, nous allons devoir te tester... Pour une première mission, nous allons tout juste te demander de nous guider vers le village le plus proche, et de nous indiquer les raccourcis les plus sûrs.
Les yeux brillants de fierté, Ali (c'était son nom) se lève et salue Da Belaïd en portant la main à la tête :
-Je vais vous indiquer le village, et vous montrer même la maison du caïd... Il est méchant... Il invite les Français tout le temps chez lui et nous impose sa dictature. Nous lui donnons toutes nos récoltes, et il n'est jamais content.
Si Ahmed toussote avant de demander :
-Ces Français viennent souvent au village ?
-Oui... Assez souvent... Ils ramènent du vin et du pain de la ville... Puis ils mangent et font la fête chez le caïd... Ils... Ils s'attaquent aux femmes et tuent tous les hommes qui osent les affronter... C'est eux qui ont tué mon père et déshonoré ma mère et mes deux sœurs.
-Bien petit... Va réunir ton troupeau... Nous allons charger un homme pour t'accompagner et découvrir ton village, et surtout pas un mot à qui que ce soit sur nous, même pas à ta mère. Tu n'as rien vu, rien entendu... Compris ?
Le garçon hoche la tête d'un air sérieux :
-Oui... Je comprends... Vous n'avez rien à craindre... Je n'ai rien vu, rien entendu.
-Très bien petit...
Amar sortit encore une fois de la grange pour inspecter les lieux, avant de faire signe à Si Ahmed de sortir avec le jeune berger.
Ils redescendirent alors vers le ruisseau, et le berger rappelle son troupeau, avant de reprendre son chemin, comme si de rien n'était, mais cette fois-ci, avec Si Ahmed comme compagnon de route.
Je ne sais pas si la providence était avec nous, mais je pus en conclure que c'était le cas.
Si Ahmed reviendra le soir même avec des vivres et de bonnes nouvelles.
Ali l'avait présenté à des villageois qui étaient en relation permanente avec d'autres groupes de maquisards. Ils furent d'ailleurs heureux de constater que nous étions dans les parages.
Sans vendre la mèche, Si Ahmed avait expliqué aux uns et aux autres que nous étions de passage, et que nous risquions aussi d'attirer des ennuis dans ce village si hospitalier, si nous ne prenons pas toutes les précautions requises. Ce à quoi on lui répondra que, souvent, des maquisards passaient au village, au nez et à la barbe du caïd, sans attirer aucunement l'attention. L'astuce ? Ils se déguisaient en commerçants ambulants, à la recherche de quelques bonnes occasions commerciales dans les petits villages.
Bien entendu, ils prenaient tout ce qu'on leur proposait et repartaient le chariot plein. C'était bien entendu une ruse. Car les commerçants n'étaient autres que des maquisards qui venaient s'approvisionner. Bien entendu, les mouchards rôdaient, et le moindre indice est vite exploité par le caïd lui-même. Mais jusqu'à ce jour, aucun incident n'a été signalé, grâce à la vigilance et à la coopération des paysans.
-Personne n'a pensé à les débarrasser de ce caïd ?, demande Da Belaïd
Si Ahmed secoue sa tête :
-Peut-être que si. Mais jusqu'à ce jour, personne n'a pu en venir à bout... Il reçoit quotidiennement des officiers français, et des sentinelles armées jusqu'aux dents montent sans arrêt la garde devant sa maison.
-Tu crois que personne n'a pu échafauder un plan pour l'éliminer définitivement ?
-Les villageois sont soumis à son autorité... Les maquisards ont sûrement noté tout ce qui passait dans le village, sans pour autant avoir l'occasion d'approcher ce caïd et de mettre fin à ses agissements. Il suce le sang et la sueur de tous ces paysans, qui ne savent pas à quel saint se vouer. C'est aussi un sale traître qui n'hésite pas à vendre ses frères aux Français. Mais jusqu'à ce jour, toutes les tentatives de stopper cette hémorragie ont été vaines... Je pense qu'il n'est pas idiot au point de sortir de chez lui sans ses chiens de garde.
-As-tu une idée sur les horaires de ses réceptions ?
-On m'a dit qu'il n'avait pas d'horaires précis, mais qu'il recevait beaucoup de monde, surtout en fin de journée ou en début de soirée... Il organise aussi chaque fin de semaine un méchoui en l'honneur de ses fidèles amis, et même s'il compte plus d'ennemis que d'amis et qu'il se sait indésirable dans ce village, il continue à utiliser son autorité pour spolier des terres et récupérer des récoltes... Rien ne lui échappe, et il n'hésite pas à faire éliminer quiconque qui se dresserait sur son chemin.
Da Belaïd se met à lisser sa moustache :
-Je crois qu'il faut passer à l'action... Des vermines de cette espèce s'avèrent bien pires que le colon lui-même... Ils n'ont ni scrupules ni personnalité... Ce sont des fripouilles qui profitent des situations dramatiques pour semer la terreur. Ils sont eux-mêmes d'ailleurs des esclaves soumis à l'autorité coloniale : tant qu'on a besoin d'eux, on les protège et on les adule. Ce caïd n'est qu'une marionnette entre les mains des Français... Il est utilisé et soumis à leur autorité... Un jour, il en paiera bien sûr le prix... Si ce n'est pas auprès des siens, ça sera auprès de ceux qui prétendent être ses amis...
(À suivre)
Y. H.
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