De nombreux programmes de développement ont été votés pour les villages, mais ils sont soumis à l'accord du contrôleur financier dont la procédure peut durer neuf mois. Le village de Cheurfa N'bahloul dans la commune d'Azazga (30 km au nord-est de la wilaya de Tizi Ouzou) est une localité oubliée par le train du développement. Avec ses 12 000 habitants, l'immense cité de Cheurfa N'bahloul pourrait se constituer à elle seule son propre destin. Malheureusement et à l'instar des nombreuses localités de la Kabylie verrouillée par l'insuffisance des budgets de développement, les élus, pris au dépourvu, ont souvent recours à la solution de facilité, celle de la répartition des maigres budgets à travers les nombreux villages sans tenir compte des véritables besoins suscités par les uns et les autres. Et très souvent, pour réaliser des projets urgents, les villageois se retrouvent obligés de mettre la main à la poche. Selon des membres du comité de village, le budget annuel du village tournerait autour de 250 millions de centimes puisés des ressources de la djemâa. À titre d'exemple, le village a dépensé 160 millions de centimes pour le bétonnage de trois pistes. Les représentants du village que nous avons rencontrés nous ont énuméré de nombreux projets qui tardent à voir le jour. Les promesses des élus ne se concrétisent jamais. À propos d'ordures, leur ramassage a été suspendu, récemment, pendant deux mois suite à la panne du camion de l'APC, affirment les membres du comité de village. Les bacs à ordures achetés à coups de millions, puisés de la caisse du village, se sont retrouvés débordés de déchets. Les rares moments où un tracteur passait, les ouvriers ne ramassaient que ce qu'ils trouvaient à portée de main. Les bacs qui n'ont jamais été vidés dégageaient des odeurs insupportables et attiraient la nuit tombée tous les rongeurs du coin. La dernière fois qu'ils ont été vidés, c'était lors de la fête de l'achoura. Les villageois ont organisé un volontariat pour nettoyer leur cité et il a fallu louer ce jour-là bon nombre de camions et de tracteurs. Concernant le problème de l'assainissement, les villageois affirment qu'il demeure entier. L'APC a réalisé 450 m de canalisations malgré l'opposition et les multiples requêtes déposées sur le bureau du maire par les villageois qui suggéraient une prise en charge globale du problème. Or, ce problème demeure, aujourd'hui, en suspens puisque les eaux usées sont versées dans la nature, au milieu des habitations alors que les villageois ont demandé une rallonge de 350 m de canalisation qui permettrait aux eaux usées de se jeter dans un bassin de décantation. Les habitants, qui ne sont pas au bout de leur peine, évoquent avec dépit l'état de la cantine scolaire de l'école construite en 1978. Avec ses murs délabrés, un plafond noirci par l'humidité et les infiltrations, un équipement de cuisine vétuste et une hygiène qui vous couperait l'appétit. Aussi, les parents préfèrent offrir des repas froids à leurs enfants et les inviter à ne pas manger à la cantine. Par ailleurs sur les 15 cages du bloc sanitaire de l'école, dix sont bouchées et du coup les 530 élèves (garçons et filles) doivent faire la chaîne pour se soulager. Contacté par nos soins, le vice-président de l'APC, M. Arhab, a affirmé que de nombreux projets ont été votés pour les villages mais ils sont soumis à l'accord du contrôleur financier dont la procédure peut durer neuf mois. Le vœu pieux des villageois est de voir toutes leurs doléances prises en charge, car après tout, il s'agit là de problèmes citoyens tout à fait légitimes. C. N O Nom Adresse email