En grève depuis la fin du mois d'avril dernier, les travailleurs de l'entreprise Ampta, ex-Tuberie sans soudure, ont bloqué, hier, dès 5h, les entrées principales du site sidérurgique d'El-Hadjar, paralysant ainsi l'activité de toutes les unités du complexe jusqu'à 12h, suite à l'intervention du chef de daïra et du commandant du GIR de la gendarmerie, qui ont réussi à apaiser la situation. Par cette démonstration de force, les salariés de cette unité détenue à hauteur de 70% par le groupe ArcelorMittal, entendent attirer l'attention des pouvoirs publics et tout particulièrement la tutelle de leur entreprise sur la plateforme comportant 22 revendications socioprofessionnelles que la direction rejette partiellement. Cela en exigeant la réintégration du secrétaire général du syndicat d'entreprise et du président du comité de participation, qui, selon eux, auraient été licenciés abusivement. Les travailleurs en colère revendiquent également le paiement de leurs salaires bloqués depuis le mois de mai, c'est-à-dire depuis le déclenchement du mouvement de grève, qui avait été déclaré illégal, par le tribunal d'El-Hadjar, faut-il le signaler. Comme il faut signaler que la direction a refusé de souscrire à la revalorisation des primes de panier et de la femme au foyer que réclament en particulier les travailleurs de la TSS et que c'est ce refus, qui est à l'origine du conflit qui l'oppose au syndicat d'entreprise. Contacté par téléphone, le secrétaire général du syndicat confirme que ses camarades et lui ont accepté de lever leur piquet de grève devant les portes d'entrée du complexe et de permettre aux travailleurs des autres unités du complexe non concernés par ce mouvement de rejoindre leurs ateliers, à condition que la direction revienne sur sa décision de licenciement dont il a personnellement fait l'objet ainsi que le président du CP et qu'elle concède à payer les salaires en retard. Menaçant, néanmoins, le chef du syndicat promet de revenir à la charge, si rien de satisfaisant n'est fait avec l'employeur, d'ici à mardi prochain. Le syndicaliste n'a pas pour autant confirmé, si ses camarades de la Tuberie sont enclins à mettre fin à leur grève, comme l'exige en retour la direction de l'entreprise. Rien ne porte à croire à une telle éventualité, surtout que les responsables de l'Ampta ont fait savoir qu'il ne peut être question de la réintégration, du moins dans l'immédiat, des deux représentants des travailleurs licenciés. Une source proche de cette entreprise a affirmé, hier, que ce conflit intervient dans une très mauvaise conjoncture, l'Ampta étant "pratiquement sans ressources, faute de carnet de commandes ce qui pourrait l'amener à terme à déposer son bilan". A. A