Figure emblématique du basket-ball algérien et légende vivante du sport à cinq à Oran, Kaddour Bilekdar aura droit à un jubilé national à la mesure de sa renommée et de sa stature internationales. Le basket-ball et son icône nationale Kaddour Bilekdar tiendront ainsi le haut du pavé de l'actualité sportive dans exactement un mois, plus précisément du jeudi 17 au samedi 19 septembre, le temps d'un jubilé qui aura pour cadre le joyau architectural qu'est le palais des sports Hammou-Boutlélis d'Oran. "Tous les responsables locaux et nationaux que nous avons sollicités ont répondu par l'affirmative. Que ce soit l'APC, l'APW, la DJS ou le COA, tous ont donné leur accord de principe pour nous porter aide et assistance. La direction de la jeunesse et des sports prendra sous son égide l'hébergement, la restauration et une grande partie de l'équipement. Le MCO et l'ASMO via leurs responsables respectifs nous ont également promis une aide qui se fera sous forme d'équipements et tenues sportives pour les équipes participantes les représentants. Le Comité olympique algérien, par l'entremise de son président Mustapha Beraf, s'est aussi dit prêt à nous accompagner pour que cet évènement soit une réussite. Reste encore à concrétiser matériellement l'assistance des sponsors, mais tout sera, en principe, finalisé le 30 août lors de la réunion qui jettera officiellement les jalons de cette manifestation sportive en l'honneur de Kaddour Bilekdar", résumera Cheikh Dahou, le chargé de la logistique et président du comité d'organisation, aux côtés de Houari Hassani, Omar Rouane Serik et Nacer Benchiha. Accompagné de son fils Djamel, ex-international lui aussi et reconverti depuis seize ans dans le journalisme sportif, qui rappellera ironiquement à son idole de père "ne se souvenir que de sa sévérité, notamment lorsque l'équipe perdait et que j'étais, dit-il, le seul à le payer", Kaddour Bilekdar s'en est même allé, durant le point de presse tenu hier au siège du MCO au centre-ville, à quelques anecdotes inscrites dans la postérité. "En tant que joueur, je pense avoir donné le meilleur de moi-même dans la mesure où je n'ai pas vu grandir mes enfants, dont Djamel ici présent. Entre 1962 et 1972, je passais six mois sur douze à l'étranger, à Alger ou en stage avec l'équipe nationale. Mais comme entraîneur ou formateur, je pense être encore capable de servir le sport algérien et le basket-ball plus particulièrement. Tout récemment, le DJS nous a demandé, à Dahou et à moi-même, si nous étions disponibles pour transmettre notre savoir-faire et notre expérience aux jeunes générations. Nous avons évidemment répondu oui. Je suis prêt à tout transmettre aux plus jeunes, sans contrepartie financière, juste pour le plaisir de servir encore mon pays et mon sport", soulignera le conférencier, non sans se délecter, 53 ans après, du premier succès international de "son" équipe nationale. "C'était une inoubliable victoire d'une EN composée de jeunes de l'Ouest, les frères Ali et Noureddine Benmessaoud, feu Soudani, Brahimi et moi-même ainsi que de l'Algérois Benchemmam et Hobbi, entre autres, contre une puissante sélection du Maroc, dont huit joueurs venaient de participer avec le WAC au championnat d'Europe des clubs. Devant le premier gouvernement de l'Algérie indépendante avec le regretté Ahmed Ben Bella comme président et Abdelaziz Bouteflika comme MJS, nous avons battu nos voisins, en plein air, à Ferhani, sur le score de 71 à 63 points. C'est à partir de ça que Abdelhadi Tayeb, qui entraînait le Maroc, est revenu à la tête du Cinq national", se remémore encore celui qui a été triple champion d'Algérie avec l'ASMO entre 1963 et 1965 et vainqueur d'un championnat (1989) et d'une coupe d'Algérie avec le MCO (1990), entre autres lignes d'un long et riche palmarès qui comprend également un doublé coupe-championnat de Libye avec Al-Ahly de Tripoli et une médaille de bronze avec l'EN à la CAN de 1965. Au cours du jubilé de celui qui est passé professionnel à Lorient alors qu'il était encore en 2e année junior, deux grandes dames du sport à cinq féminin seront, du reste, honorées, à savoir la défunte Zerfaoui à titre posthume ainsi que Baka, sous le regard de tous ceux qui ont écrit la légende de ce sport à Oran, à l'Ouest et aux quatre coins de l'Algérie du basket. R. B.