Dans le but de redynamiser la chanson chaouie, une trentaine d'artistes de la ville d'Oum El-Bouaghi a observé dernièrement un mouvement de protestation devant la maison de la culture Nouar-Boubekeur. Ces artistes exerçant dans différents domaines culturels, notamment la chanson et la musique, ont fait part de plusieurs revendications au directeur de la culture de wilaya. Dans un communiqué de presse qui nous a été adressé (dont une copie a été remise à la direction de la culture), il est mentionné que "les artistes chaouis demandent aux autorités concernées la nécessité de prendre en considération notre travail afin de redynamiser la chanson chaouie, un pilier de l'identité amazighe". Les protestataires ont soulevé entre autres diverses requêtes, notamment celles de "payer les artistes et troupes ayant pris part aux festivités de la manifestation ‘Constantine capitale de la culture arabe 2015'". Les contestataires ont également émis le souhait de la relance du festival Aïssa Djarmouni, qui représente "un véritable facteur de rayonnement culturel pour la région". Mais aussi l'ouverture de l'école de musique Ithri Nagh, un établissement qui permettra sans aucun doute d'assurer la pérennité de la chanson chaouie. Dans cet écrit, les artistes ont mis en exergue les différents problèmes que traverse ce secteur depuis un moment dans la wilaya. D'ailleurs, ils se sentent complètement "marginalisés" et "abandonnés" par les responsables. À cet effet, ils proposent la mise en place d'un club pour les artistes, la création d'un conseil consultatif pour chapeauter le programme culturel et dynamiser la formation, en créant des ateliers pour les artistes. À la lecture de ce communiqué, le directeur de la culture d'Oum El-Bouaghi a été attentif aux préoccupations majeures des artistes. Concernant la reprogrammation du festival Aïssa Djermouni, il a insisté sur la nécessité d'organiser une rencontre des représentants des artistes de la wilaya avec les responsables locaux, afin "d'enrichir le dossier avant de le présenter aux instances centrales". Au sujet de l'école de musique Ithri Nagh, le responsable du secteur culturel de la ville a fait part de l'absence de moyens pour la financer, et ce, en soulignant que la "maison de la culture sera disponible pour toute initiative pouvant la concrétiser". Il est important de rappeler que, contrairement aux autres régions du pays, la wilaya d'Oum El-Bouaghi ne dispose actuellement d'aucun festival culturel, car le seul festival (de la musique jeune) qui se déroulait dans la ville vient d'être suspendu. K. Messaad