La compagnie pétrolière nationale veut augmenter ses exportations de gaz pour compenser la baisse des ventes de pétrole en raison des limitations de l'Opep. C'est un cadeau du ciel pour un pays en manque de ressources : Hassi-Messaoud, un grand site à vocation pétrolière, va produire du gaz. Le P-DG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, en visite d'inspection, mercredi dernier, au Centre industriel sud (CIS) de Hassi-Messaoud, a déclaré que grâce à l'intelligence et aux efforts de nos cadres et de nos ingénieurs, nous allons pouvoir, pour la première fois, récupérer d'importantes quantités de gaz et les mettre sur le marché international. Cela va se faire dans deux mois. C'est du pain bénit, a fortiori dans la conjoncture actuelle où Sonatrach, ayant souscrit à l'accord de l'Opep relatif à la limitation des quotas de production, ne peut exporter de pétrole, autant qu'elle le souhaite. Dès lors, la nouvelle stratégie de l'entreprise que dirige Ould Kaddour, c'est de gagner en gaz ce qu'elle perd en pétrole. C'est ce dont il a parlé à l'occasion de cette visite : "Notre nouvelle stratégie est de vendre tout ce que nous pourrons vendre comme gaz, c'est pourquoi nous sommes en train de chercher partout des quantités de gaz qui nous paraissaient auparavant minimes par rapport à nos volumes actuels de vente de gaz. Mais ces petites quantités, ajoutées les unes aux autres, feront grossir nos volumes en gaz destinés à l'exportation et, du coup, augmenter nos revenus." Pour sa part, le directeur régional de Sonatrach à Hassi-Messaoud, Djiliali Neghmouche Ali, a expliqué, dans une déclaration à l'APS, que le gisement pétrolier de Hassi-Messaoud a consommé presque 150 milliards de m3 de gaz en provenance des gisements extérieurs pour l'extraction du pétrole. Et d'ajouter que la compagnie nationale des hydrocarbures a décidé d'extraire du gaz de ce champ et de le vendre. Selon lui, elle continuera toutefois de ramener du gaz naturel vers Hassi-Messaoud pour le bon fonctionnement du gisement pétrolier, mais elle va récupérer entre 10 et 15 millions de m3 de gaz naturel propre quotidiennement et les réorienter vers la vente sans investir le moindre dollar. Cela tombe bien aujourd'hui, parce que l'amont pétro-gazier traverse une période creuse. Le pays a un manque à gagner de 50 millions de m3/jour de gaz. En fait, la production gazière a été ralentie sur certains sites et a baissé sur d'autres, non seulement en raison de désinvestissement dans l'amont, mais aussi de retard dans la mise en service de gisements. Il était attendu que trois projets situés dans le sud-ouest du pays devaient être mis en production en 2017. Cela aurait généré une production de gaz naturel supplémentaire équivalente à 9 milliards de mètres cubes. Il s'agissait notamment du projet Touat qui devait démarrer en février 2017 avec une production estimée à 12,8 millions de mètres cubes/jour, de Timimoun en mars 2017 qui devait générer 4,6 millions de mètres cubes/jour, et de Reggane en juin 2017 qui devait fournir jusqu'à 8 millions de mètres cubes/jour. Ce calendrier n'a cependant pas été respecté. Y. S.