Résumé : Yamina demande à Yacine les raisons de son célibat prolongé. Ce dernier lui confiera que sa mère ne cessait de l'exhorter à prendre femme. Mais il n'avait jamais rencontré cette perle rare qui acceptera ses conditions. Lesquelles ? Il ouvre les mains. -Vivre sous le même toit que ma mère bien sûr. Tu n'imagines pas que je vais l'abandonner pour suivre une femme ! Yamina acquiesce. -Non, bien sûr que non. -Le plus souvent, ces femmes s'imaginent qu'elles sont irremplaçables, ou jouent aux amoureuses, afin de m'accrocher. Je ne voulais cependant pas lier ma vie à l'une d'elles, sans la mettre au courant de ma situation familiale. -Oui, cela va de soi. Et ta mère, qu'en pensait-elle ? Il secoue la tête. -Ma mère m'exhortait à mettre fin à ma vie de "vieux garçon". Elle ne cessait de me répéter, que si on ne se mariait pas jeune, on ne se mariait jamais. Elle n'avait pas tout à fait tort. -Yacine, tu es encore jeune ! -Oui. Mais dans quelques années, je ne le serai plus. Ne trouvant pas de réponse à donner, Yamina se tut. Yacine tirait sur sa cigarette et sirotait son café. La jeune femme ressentait sa tristesse jusqu'au fond d'elle-même. Elle tente de changer de sujet. -Que faisait ta maman dans la vie avant d'être clouée à son fauteuil ? -Elle était enseignante. Tout comme mon père. -Ah ! et je présume qu'ils s'étaient rencontrés à l'école durant l'exercice de leurs fonctions. -Oui. Ils enseignaient tous les deux dans une école de quartier. Mon père était tombé amoureux au premier coup d'œil. Il voulait se marier rapidement. Mais ma mère l'avait fait languir durant deux longues années de fiançailles. -Pourquoi donc ? Elle n'était pas sûre de son choix ? Il ébauche un sourire et secoue la tête. -Elle savait qu'il n'avait pas effectué son service militaire, et ne voulait pas se lier à lui avant cette obligation. C'est pour cela qu'elle l'avait incité à partir sous les drapeaux, en lui promettant de l'attendre pour lui accorder sa main. Et c'était le cas. -Quel bel exemple d'amour et de fidélité ! -Oui. Mes parents ont vécu heureux durant les quelques années de leur mariage. Lorsque je suis venu au monde, ils avaient donné une grande fête et n'avaient cessé de me montrer à tout leur entourage. Un garçon était né et allait assurer la prospérité de la famille. Il baisse la tête. -Mais tu vois, je n'ai encore rien fait dans ce sens. Faisant mine d'ignorer cette remarque, Yamina demande : -Ensuite que s'est-il passé ? -Ensuite, tout baigna dans l'huile jusqu'à ce que ma mère fasse une fausse couche trois années plus tard et découvre qu'elle ne pouvait plus avoir d'enfant. Elle voulait divorcer afin que mon père prenne une autre femme et ait d'autres enfants. Mais il refusait à tous les coups de l'écouter et lui était demeuré aussi fidèle qu'un pape envers sa paroisse. Les années passèrent. Mes parents enseignaient toujours, et la vie s'écoulait paisiblement pour nous. Je venais d'entrer à l'école primaire, lorsque mon pauvre père trouva la mort en voulant sauver un enfant de la noyade. -Oh ! quel acte de bravoure ! (À suivre) Y. H.