Situé à 80 km au sud de la wilaya, le barrage de Boughezoul, principal ouvrage hérité de la période coloniale, joue un rôle essentiel en matière de préservation de l'équilibre écologique de toute la bande steppique de la wilaya. En sus d'ouvrage régulateur du barrage de Ghrib dont les eaux alimentent la ville de Médéa, il offre l'avantage de servir de lieu de transit ou de destination pour une importante variété d'oiseaux migrateurs qui viennent nicher sur ses eaux pendant la saison hivernale. Selon des observations effectuées par les services concernés, il est recensé la présence d'abondantes communautés de canards colverts et souchets, de poules d'eau, de flamants roses, de bécassines des marais, de bécasses des bois et quelques échassiers blancs. L'explication de la richesse ovifaune est donnée par l'importante variété d'espèces végétales dont les plus répandues sont le tamaris, l'eucalyptus, l'acacia, le pin d'Alep, le pissenlit, la camomille sauvage, etc. "La protection du site est une nécessité afin de le sauvegarder contre le braconnage et la pollution pouvant être due au déversement des polluants, facteurs dont la combinaison est susceptible de présenter un péril pour la vie des oiseaux." Cependant, il est difficile de mesurer les impacts de l'urbanisation sur le site, d'autant que le projet de réalisation de la ville nouvelle de Boughezoul, dont les travaux d'aménagement et de surélévation vont aussi augmenter ses capacités de stockage. Espérons que le barrage qui est inclus dans l'aire de la ville nouvelle en tant qu'élément structurant de la composition urbaine deviendra un lac qui participera à une meilleure préservation de la faune et de la flore locales et de l'équilibre écologique de la zone, car, est-il indiqué, le barrage dont les eaux proviennent de deux oueds, s'étendant sur une superficie de 24 500 ha, a perdu plus de la moitié de ses capacités du fait de son envasement par les boues charriées. D'ailleurs, l'étude du projet de ville nouvelle a prévu la réalisation de superficies forestières et un "écrin verdoyant" afin de lutter contre l'érosion des sols et contre les vents de direction sud-ouest. Le second plan d'eau, de moindre envergure, est celui de Ladrat, près de la ville d'El-Omaria, 40 km à l'est de Médéa, dont la création remonte aux années 80 mais qui compte une population faunistique en nette croissance, en dépit des cas de braconnage constatés. Cependant, l'importante prolifération de certaines espèces faunistiques est de nature à nuire aux riverains du barrage, à l'exemple de celle de la population de sangliers qui est devenue une menace sur les cultures et les récoltes, situation qui a incité les habitants à solliciter maintes fois les autorités pour l'organisation de battues administratives. M. EL BEY