Les cinq individus appréhendés dans l'enquête sur l'assassinat de l'estivant d'El-Oued, Zoubir Aïssa, à Lotta, dans la commune de Souk El-Tenine (Béjaïa), ont été présentés, hier, devant le magistrat instructeur, au tribunal de Kherrata et ont été placés sous mandat de dépôt à l'issue de leur audition, a-t-on indiqué de sources proches du dossier. Les individus, placés en détention préventive à l'issue d'une enquête préliminaire ordonnée par le procureur de la République près le tribunal de Kherrata — et qui a abouti à l'arrestation des cinq accusés —, ont été longuement entendus par le magistrat instructeur pour la collecte d'un maximum de preuves relatives aux faits. Selon nos sources, les cinq individus, placés en détention provisoire, font désormais l'objet d'un mandat de dépôt correctionnel ou d'un mandat de dépôt criminel, selon la gravité des faits qui seront reprochés à chacun d'eux et le degré de leur implication dans cette l'affaire. L'accusé principal risquerait jusqu'à 30 années de prison ferme, a-t-on souligné. L'affaire devra faire l'objet, néanmoins, d'un complément d'enquête. Nos sources ont indiqué, en outre, que le juge d'instruction procède à tous les actes d'information qu'il juge utiles à la manifestation de la vérité, assurant qu'il instruit à charge et à décharge. Il doit en conséquence, insiste-t-on, "procéder à tous les actes d'information utiles, que ceux-ci soient de nature à démontrer la culpabilité ou l'innocence d'une personne". Pour rappel, le procureur de la République près le tribunal de Kherrata avait indiqué lors de la conférence de presse, organisée jeudi dernier, que la loi allait être appliquée dans toute sa rigueur "afin de lutter contre ce genre de crimes et assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens". Il a expliqué que c'est sur la base des informations recueillies auprès des accompagnateurs de la victime faisant état d'"une agression menée par un groupe d'individus contre le dénommé Zoubir Aïssa, après que celui-ci eut refusé de payer sa place de stationnement". Les agresseurs s'étaient autoproclamés gardiens d'un parking de cette plage de Lotta, dans la commune de Souk El-Tenine. Le procureur avait précisé aussi que devant le refus de la victime de "payer sa place de stationnement, le groupe de malfaiteurs l'a attaqué en lui assénant plusieurs coups à l'arme blanche", ce qui lui a été fatal. Zoubir Aïssa succombera à ses blessures, sept jours plus tard, à l'hôpital. Les Béjaouis, qui suivent de très près le dossier et les péripéties de l'enquête sur cette affaire qui a terni l'image de toute une région, connue pourtant pour son hospitalité légendaire, insistent sur le fait que cette rixe, qui a mal tourné, ne doit pas faire oublier les autres cas de violence, enregistrés çà et là, ces dernières années, en Algérie. Malgré cela, ils continuent toujours de dénoncer les violences et le diktat des plagistes et des parkingueurs des plages — et des cités aussi — et insistent pour que justice soit rendue pour cet estivant, mort de ses blessures après avoir été agressé sauvagement. M. OUYOUGOUTE