Le conseil de l'Union des parents d'élèves de la wilaya de Béjaïa (UPEWB), réuni en session extraordinaire afin d'évaluer la rentrée scolaire, a dressé un tableau noir sur la situation du secteur de l'éducation dans la région. Dans une déclaration sanctionnant les travaux de son conseil, l'UPEWB a qualifié de "très inquiétante" cette rentrée scolaire pour les trois paliers de l'éducation. En effet, les membres de l'UPEWB ont déclaré que "la rentrée scolaire 2018-2019 ne peut être différente de celles des années précédentes, avec les mêmes problèmes vécus auparavant", d'où le constat amer dressé sur les conditions de la scolarité des enfants. Ainsi, l'UPEWB relève "l'insuffisance des infrastructures scolaires, qui se traduit par la surcharge des classes". Une situation qui, selon les rédacteurs du communiqué, n'est pas près de trouver son épilogue, en raison du gel de nombreux projets et du retard enregistré dans la réalisation de différentes infrastructures (lycées, CEM, classes d'extension…). L'UPEWB relève également dans sa déclaration "le manque de moyens pédagogiques (tables, chaises), recourant à trois élèves par table, pour pallier ce déficit, et des moyens humains, notamment le personnel, des ouvriers professionnels et administratifs, pour le fonctionnement des cantines scolaires, entravant ainsi la gestion et le bon déroulement de la scolarité de nos enfants". Sur ce chapitre de manque de moyens pédagogiques et humains, l'UPEWB note que le cycle primaire est le plus touché, en plus de la dégradation avancée constatée dans leur grande majorité, dont certains sont à même de présenter un danger certain pour les élèves (cas d'Aokas et de Bouhatem à Toudja). L'UPEWB estime que cette situation est "la résultante de la gestion de ces établissements scolaires par les APC aux budgets restreints, montrant leurs limites dans la gestion des cantines scolaires et du transport scolaire, par suite de la réduction des dépenses publiques au détriment du bien-être de nos enfants". Partant de ce constat peu reluisant, le conseil de l'UPEWB interpelle les pouvoirs publics et les élus, dont la responsabilité leur incombe, pour "une prise en charge réelle de tous les problèmes que vivent nos établissements, afin de mettre les conditions adéquates de scolarité et de sécurité". En outre, elle demande "la réactualisation de la carte scolaire en fonction du développement social et des structures d'accompagnement, conformément à la loi d'orientation, pour assurer une répartition équitable du personnel pédagogique et administratif (…) et la généralisation du préscolaire dans notre wilaya et afin de répondre aux vœux des parents d'élèves dont les enfants n'y ont pas accès et garantir les mêmes droits aux citoyens à l'école publique conformément à la Constitution". L. OUBIRA