"Le volume de gaz exporté vers la France représente 10% du portefeuille global des exportations gazières de Sonatrach", a affirmé M. Mazighi. Dans un entretien à l'APS, Ahmed El-Hachemi Mazighi, vice-président des activités commerciales à Sonatrach, s'est exprimé sur l'assertion largement véhiculée par les réseaux sociaux et qui soutenait que l'Algérie livrait du gaz gratuitement à la France. "Il est impossible d'exporter gratuitement du gaz ou n'importe quel produit liquide (hydrocarbures) vers la France ou un autre pays", a-t-il démenti, avant d'aller plus dans le détail et de rappeler que "pour qu'une molécule d'hydrocarbures puisse quitter le sol algérien, il faut qu'il y ait une déclaration douanière. La base de cette déclaration est d'avoir un volume mesuré associé à un prix". Hachemi Mazighi s'est attardé sur la coopération énergétique entre la France et l'Algérie, rappelant que cette relation remontre à 1976. Et qu'elle est sous-tendue par "quatre contrats : trois contrats ont été signés en 1976, le quatrième l'a été en 1991". Et de poursuivre que "sur les quatre contrats, deux ont expiré en décembre 2013. À l'heure actuelle, il n'en reste que deux en vigueur : le premier porte sur l'exportation de 3,5 milliards de m3/an jusqu'à 2020, tandis que le second porte sur un volume de 2 milliards de m3/an jusqu'à 2020 également". "Ainsi, a-t-il ajouté, depuis 1976, on a eu quatre contrats avec la France qui ont permis d'exporter, jusqu'à maintenant, 390 milliards de m3 de GNL, soit l'équivalent de sept années d'exportations de gaz en prenant 2017 comme année de référence." Selon lui, le volume de gaz exporté vers la France représente "10% du portefeuille global des exportations gazières de Sonatrach", ajoutant qu'il "n'y a pas une seule goutte qui n'a pas fait l'objet d'indexation au prix du Brent. Et que tout le gaz a d'abord reflété la valeur du brut". Ahmed El-Hachemi Mazighi a, par ailleurs, tenté d'expliquer les facteurs à l'origine de la chute de 40% des exportations d'hydrocarbures en janvier dernier. Il a ainsi souligné qu'en janvier 2019, il y a eu "beaucoup de consignations portuaires à cause du mauvais temps, que l'expédition de beaucoup de cargaisons de brut, de produits raffinés ou de GNL/GPL, prévue pour janvier, a été repoussée au mois de février, à cause de la fermeture de ports pour des raisons météorologiques". Et, même sur les deux mois cumulés, la baisse est très prononcée. Le pays n'a effectivement exporté sur les deux mois que pour 6,086 milliards de dollars, contre 6,630 milliards de dollars durant la même période de 2018, soit une baisse de 8%. "Cela est lié, a-t-il relevé, à la diminution des prix moyens de réalisations de nos exportations, détaillant que sur les deux premiers mois de 2018, ce prix était de 68 dollars/tonne d'équivalent pétrole (Tep) avant de retomber à 62,7 dollars/Tep en janvier-février 2019". Autre mauvais chiffre au tableau de Sonatrach : la compagnie a enregistré un recul des exportations de gaz par gazoduc. Un des facteurs qui explique cette situation, c'est "la réduction de commandes mensuelles, hebdomadaires et journalières de nos clients", ainsi que l'affirme Ahmed El-Hachemi Mazighi. "Généralement, a-t-il dit, le plus gros prélèvement se fait pendant l'hiver, alors qu'on a vécu une saison hivernale exceptionnelle qui a été moins froide que d'habitude en Europe du Sud." "En conséquence, a-t-il ajouté, la demande de nos clients a énormément baissé." En termes chiffrés, "durant les deux premiers mois de l'année 2019, le volume des exportations par gazoduc a chuté de 23% comparativement à la même période 2018", a-t-il indiqué. Youcef Salami