RESUME : Les années ont passé. Kamel et Daya sont au CEM. Ils s'apprêtent à passer le BEM. Tous deux pensent et parlent de leur séparation à venir. Ils ne supportent pas l'idée d'être séparés pendant trois ans. Une relation cachée à leurs parents… Ce soir-là, Daya met dans son cartable le dictionnaire et une lettre pour Kamel. Ils n'ont cours que le matin puis ils ne se verront pas pendant deux semaines. Le temps de se préparer à l'examen du BEM. Dans sa lettre, elle lui parle de leur situation. Ils sont devant une impasse. Elle est inquiète. Leurs familles sont “ennemies” depuis des années, elles n'allaient pas se réconcilier parce qu'ils s'aimaient, eux, qui sont à l'origine de leurs problèmes. Leur relation est vouée à l'échec et l'adolescente ne se fait pas d'illusions. Il faut que Kamel accepte. Lorsque ce dernier lit la lettre, il est révolté. Il réussit à parler à Daya alors qu'elle range ses affaires. Il ne la laisse pas quitter la classe. - Tu te rends compte de ce que tu dis ? - Notre cause est perdue d'avance. Hier soir, j'ai pris conscience d'un bon nombre de choses. Notre amour, on doit le taire à jamais ! - Parce que le vaurien que j'étais a provoqué une bagarre entre nos familles ? Tu sais combien je le regrette. Surtout maintenant ! - Ecoute, on va encore à l'école. On n'est pas adultes et indépendants, lui rappelle Daya. On ne pourra rien faire sans la bénédiction de nos parents ! - On ne leur laissera pas le choix, dit Kamel. Ils seront forcés d'accepter ! Rien ne peut nous séparer ! Je ne peux pas imaginer l'avenir sans toi ! - Il faudra bien que tu le fasses sans moi ! Parce que je ne me sens pas de taille à lutter contre eux ! - Je m'occuperai de tout ! Tu n'auras pas de souci à te faire ! Ne renonce pas ! Garde la foi en nous et je te jure que tout se passera bien ! Daya accepte. Elle prend son cartable et quitte la classe. Dans la cour, il ne reste que quelques élèves qui avaient certainement des difficultés à dire au revoir à l'être aimé. - Qu'est-ce que tu fais encore ici ? lui demande le surveillant général, surgissant de nulle part. Ta classe est sortie depuis longtemps ! Daya a sursauté et elle ne répond rien. Le temps de reprendre son souffle, Kamel sort à son tour de la classe, attirant l'attention du surveillant. Ce dernier devine. - Tu étais avec lui ! Quelle sera la réaction de tes parents quand ils sauront que tu le fréquentes ? - Je… Ne leur dites rien, le prie-t-elle. Ça n'arrivera plus ! - Je l'espère pour toi ! réplique le surveillant. Si je te revois avec lui, j'en informerais ton père ! Daya prend ses jambes à son cou et rentre à la maison aussi pâle qu'une morte. Sa mère l'a remarqué et elle va la trouver dans sa chambre. - Ma fille chérie, tu es souffrante ? - Oui, j'ai une migraine. Je vais me reposer un peu. Je te verrais tout à l'heure ! Daya s'étend sur son lit et cache sa tête sous l'oreiller pour que sa mère ne voit pas ses larmes. Elle s'est faite pincer par le surveillant général et si ce dernier a l'idée de fouiller dans le cartable de Kamel, il aurait la preuve qu'il y avait quelque chose entre eux. Elle imagine la tête de son père quand il saura. Il ne s'en remettrait jamais. Il ne lui ferait plus confiance. Dans sa colère, il peut décider de la garder à la maison. Elle ne supporte pas l'idée qu'ils ne puissent pas se revoir. Connaissant la sévérité du surveillant, elle sait qu'il n'hésitera pas à mettre au courant son père. Que lui dira-t-elle s'il l'interroge ? Elle pense à mentir mais quel mensonge pourrait-elle lui raconter ? La croira-t-il ? - Daya ! Tu devrais te lever ! Viens prendre un calmant, lui dit sa mère. Et pourquoi te caches-tu sous cet oreiller ? La jeune fille s'accroche à l'oreiller ne voulant pas que sa mère voie ses larmes. Mais cette dernière s'est assise près d'elle, décidée à ne la quitter qu'après avoir eu des explications. Elle l'a entendue renifler. Si sa fille pleure, il doit bien y avoir une raison. Elle veut savoir ce qui la bouleverse autant ! A. K. (À suivre)