Le patron de la Centrale évoquera, avec une certaine insistance, la prochaine rentrée sociale et de surcroît avec un optimisme non feint. Mieux, avec des accents triomphalistes. Saisissant l'occasion de la tenue du 11e congrès de l'union de wilaya (UGTA) de Blida à l'hôtel militaire, le patron de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi-Saïd, avait franchement usé, hier, d'un effet de manche aux allures néanmoins sibyllines pour annoncer des lendemains qui chantent pour les fonctionnaires. Et à en croire Sidi-Saïd, cela ne saurait aller au-delà de la prochaine rentrée sociale qui sera synonyme, selon le premier responsable du syndicat ugetiste, de “surprise” plutôt agréable, dirions-nous, pour les travailleurs puisqu'elle ira traduire une “reconquête” des institutions de l'Etat algérien sous le sceau de la réhabilitation du fonctionnaire. Sidi-Saïd évoquera, avec une certaine insistance, la prochaine rentrée sociale et de surcroît avec un optimisme non feint. Mieux, avec des accents triomphalistes, particulièrement à travers une formulation qui voudrait, selon son auteur, qu'“après avoir gagné la bataille de la grille des salaires de la Fonction publique qui sera rendue publique le mois de septembre prochain, il ne nous reste que celle des statuts particuliers dont les négociations avec le Chef du gouvernement reprendront à la rentrée sociale”. Rassurant, le secrétaire général de l'UGTA ponctuera son propos en affirmant que tous les problèmes relatifs aux salaires des travailleurs de la Fonction publique seront réglés avant la fin de l'année 2008. Même s'il tire la couverture vers la direction du syndicat, Sidi-Saïd ne fera pourtant pas mystère de la franche disponibilité du gouvernement, qui aura été le véritable coup de pouce “au long combat mené par l'UGTA”. “Seuls le dialogue et la convergence des points de vue peuvent mener à une solution”, déclarait-t-il. Peut-être pour mieux souligner l'effort significatif consenti par les pouvoirs publics et qui pèse quand même 88 milliards de dinars permettant une augmentation entre 22 et 25% des salaires de fonctionnaires. Reste donc le prochain round, celui de la définition et de la réorganisation du cadre juridique de la gestion des ressources humaines exerçant au niveau des administrations, institutions et organismes publics. Autrement dit, l'autre bataille que doit livrer encore l'UGTA autour du statut du fonctionnaire. La dernière bataille dont dépendra assurément l'avenir de l'actuelle direction de l'UGTA. Un éventuel succès, couronnant ainsi un dossier aussi délicat que celui de la Fonction publique, sera cet atout maître pour Sidi-Saïd et ses pairs, lors du prochain renouvellement des instances centrales du syndicat. L'optimisme du patron de l'UGTA relève assurément de sa conviction que le gouvernement Belkhadem, lors du prochain round, ira reconduire une sorte “de deal” où l'UGTA joue le rôle de garant de “la paix sociale”, cautionnée du reste par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui avait pris la décision de prélever 2% des revenus du pétrole au profit de l'augmentation des salaires des travailleurs. Ce n'est donc pas sans raison que Sidi-Saïd exhortait, hier, les cadres syndicalistes et les travailleurs en général à déployer plus d'efforts pour développer l'économie du pays à la faveur de “la réconciliation nationale et du retour de la sécurité et de la stabilité”. Non sans faire un clin d'œil à la base, plus précieuse aujourd'hui plus qu'hier à quelques encablures du prochain congrès. La mission du syndicat consiste à “gagner la confiance des travailleurs et non pas les chasser”, devait dire Abdelmadjid Sidi-Saïd. Zahir Benmostepha