Sur le tronçon autoroutier ouest, à hauteur du dernier barrage de gendarmerie du Mazafran, un millier de voitures se serraient sur la droite pour attendre un hypothétique contrôle technique avant la date fatidique du 1er janvier, l'administration des transports n'ayant rien voulu entendre quant à un report du dernier délai. Renseignements pris, selon l'Enacta, il existe 9 agences de contrôle technique réparties dans toute la wilaya d'Alger disposant au total de 23 postes de contrôle. Chaque poste de contrôle effectuant les tâches nécessaires dans un délai de 10 minutes, avec 44 heures de travail par semaine, la charge de travail maximum est de 315 000 véhicules par an pour toutes les agences de la wilaya d'Alger. Devant l'afflux des automobilistes négligeant leurs obligations légales et s'y soumettant toujours à la dernière minute, selon les termes de l'administration des transports, supposons que les agences de contrôle technique aient été priées de mettre les bouchées doubles en rallongeant leurs horaires de travail au maximum soit 12 heures de travail par jour, d'où 72 heures par semaine et, comptons large, tous ces efforts depuis trois mois. Cela ne fait au mieux que 42 000 véhicules supplémentaires contrôlés à temps. Visiblement, le nombre d'agences ou de postes de contrôle technique ne suffit pas. En 2006, il y avait dans la wilaya d'Alger 810 000 véhicules tous types confondus dont, si l'on reporte les grandes moyennes nationales sur la wilaya d'Alger, 306 000 environ datant de 2000 à 2006, soit 500 000 véhicules soumis à contrôle annuel obligatoire datant de plus de six ans. Si l'on y rajoute 153 000 véhicules de moins de 5 ans à contrôle bi-annuel, cela fait une charge de 650 000 véhicules éligibles au contrôle obligatoire avant le 31 décembre 2007. On est très loin du compte : le nombre de postes de contrôle technique disponibles dans toutes les agences agréées Enacta sur le territoire de la wilaya d'Alger ne suffit pas. Et là, deux conclusions s'imposent : la première conclusion est qu'il faudrait le double de postes de contrôle par rapport à ceux existants sur la wilaya d'Alger, soit 23 autres. La deuxième conclusion est plus impitoyable pour l'administration des transports : à partir du 31 décembre, délai ferme et de rigueur, il y a au 300 000 véhicules, au bas mot 200 000 qui sont ainsi tombés dans l'illégalité et qui peuvent être mis en fourrière, soit au minimum un véhicule sur 4 pour l'ensemble du parc autos de la wilaya d'Alger. Comme un malheur ne vient jamais seul pour l'administration des transports, il faudrait ajouter une moyenne de 16 000 véhicules datant de 2005 et donc éligibles à contrôle technique à partir de 2008. En attendant un bilan officiel de cette opération ou des dizaines de personnes, dont des femmes, ont piqué une crise de nerfs, passant la nuit dehors en plein décembre devant les portes des agences de contrôle technique. Mokhtar Haider