aide à l'habitat rural à beni yenni LES BENEFICIAIRES DANS LA TOURMENTE Les bénéficiaires de l'aide à l'habitat rural de la localité de Beni Yenni, dans la wilaya de Tizi Ouzou, ne savent plus quelle attitude adopter face à l'étau qui se serre de plus en plus sur eux. En effet, sur plus de 250 demandeurs d'aide, pas moins de 98 ont dû se désister dans la seule commune de Yattafène. D'ailleurs, plus d'une trentaine de personnes viennent de recevoir des convocations des services de l'APC les sommant d'entamer les travaux, sous peine de voir leur contrat remis en cause. “Mais vu l'incapacité financière à entreprendre les premiers ouvrages – le démarrage étant le plus ardu – et les contrariétés bureaucratiques qu'on doit subir, on se voit déjà contraint et étouffé avant même de commencer, alors que le vrai demandeur de cette formule d'aide est souvent le citoyen le plus démuni”, dira B. K. Saïd, un des bénéficiaires du village d'Aït Daoud, commune de Yattafène. Celui-ci énumère une panoplie de dépenses que le démuni doit souvent débourser quitte à s'endetter. À titre d'exemple, entre le plan d'urbanisme et de génie civil, il versera plus de 16 000 DA pour les 130 m2, sans compter les certificats de possession, les frais alloués au géomètre (6 000 DA) qu'il faut, selon les bénéficiaires ramener à domicile en louant un taxi, ainsi que les timbres qui varient selon la valeur et la superficie… “Lors d'une réunion avec les services de la daïra, nous avons proposé d'inverser les tranches d'aide en commençant par les 200 000 DA d'abord, 200 000 DA au milieu et enfin les 100 000 DA pour les finitions”, confié Saïd. Car, de l'avis amplement partagé par la quasi-totalité des bénéficiaires des 50 millions de centimes, il est impossible d'entamer les gros œuvres (fondations, bétonnage…) avant même de recevoir la modique somme de 10 millions de centimes. Notre interlocuteur mécontent évoquera aussi une des contraintes rencontrées auprès des banques. Par ailleurs, ce qui semble préoccuper ces attributaires de la formule d'aide est la récente flambée des prix des matériaux de construction. “Nous payons toujours un peu plus cher que toute augmentation”, reproche un père de famille qui soutient qu'il n'arrive ni à avancer, ni à reculer devant la construction de sa maison, alors qu'il doit prendre en charge sa famille qui baigne dans la précarité au jour le jour. Limara B.