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Quelle transition économique et politique ?

Quatre importants rapports dont deux relevant de l'international, concernant l'économie algérienne sont parus entre les 18 et 20 mars 2013, intiment liés qu'il convient d'analyser avec attention. Il s'agit du montant du produit intérieur brut qui aurait été multiplié par trois en 10 ans, de l'importance de la masse salariale qui serait source d'inflation, du climat contraignant des affaires et enfin du rapport établi par The Economist Intelligence Unit sur la bonne gouvernance. Cela pose la problématique suivante : à une année de l'élection présidentielle, quelle transition vers une économie de marché concurrentielle se basant sur la production, et quelle transition démocratique ?
1. La première information en date du 19 mars de l'organisme Officiel de la statistique algérienne (ONS) pour qui, la valeur du produit intérieur brut (PIB) de l'Algérie a plus que triplé en dix ans, passant de 4 123,5 milliards DA (54,8 mds dollars) en 2000 à 14 481 milliards DA en 2011 (198,8 mds dollars, une moyenne annuelle de 4,2% passant de 3,8% en 2000, avec un pic de 7,2% en 2003, avant de retomber à 3,6% en 2010 et à 2,6% en 2011, et pour rappel, une moyenne de 3% entre 2012-2013. Selon l'ONS, le PIB hors hydrocarbures a évolué de 3,8% en 2000 à 7% en 2007, pour atteindre un pic de 9,6% en 2009, puis 5,7% en 2011 et une moyenne de 5-6% ente 2012-2013. Le PIB par tête d'habitant, le PIB est passé de 4 496,4 dollars en 2010 à 5 413,8 dollars par an en 2011. Cette croissance économique de l'Algérie durant ces dix années, a été rendue possible grâce notamment à une demande d'investissement soutenue par le programme d'investissement public, 7 milliards de dollars pour le pré-plan 2011-2003 et 500 milliards de dollars entre 2004-2013 (dont une grande fraction en devises), rendu possible grâce aux recettes de Sonatrach qui se sont élevés à 600 milliards de dollars entre 2000-2012. Outre que l'indicateur PIB est un indicateur trop global voilant les disparités entre catégories socio-professionnelles et spatiales, l'indice du développement humain IRH qui lui-même doit être amélioré étant plus fiable, on peut démontrer facilement que 80% de ce PIB, comme le relève d'ailleurs l'ONS, est dû à la dépense publique via les hydrocarbures et qu'il ne reste aux véritables entreprises créatrices de richesses dans le cadre des valeurs internationales que 20% dans leur participation au PIB concernant tant le taux de croissance global que le taux de croissance hors hydrocarbures. Par ailleurs, un taux de croissance se calculant par rapport à la période précédente, un taux élevé en 2012 par rapport à un taux faible en 2011 donne globalement un taux faible. Raisonner à prix courant n'a aucun sens, devant toujours calculer à prix constants en corrigeant par l'indice des prix à la production, à la consommation et tenant compte de l'évolution de la cotation du dinar algérien qui valait deux fois le franc français de l'époque. Exemple, un revenu net de 2000 dinars par mois en 1974 équivaut en termes de parité de pouvoir d'achat en 2013 l'équivalent de plus de 300 000 dinars. La population algérienne n'ayant pas triplé en dix ans, si ce calcul était juste et sous réserve d'une bonne répartition du revenu à la fois par couches sociales et par zones géographiques, il n'y aurait aucune tensions sociales en Algérie. Aussi les données de l'ONS permettent de conclure qu'avec ce PIB au vu des tensions sociales, qu'existe une concentration excessive du revenu national au profit d'une minorité rentière et pas de proportionnalité entre l'importance de la dépense publique. La politique économique entre 2004-2013 grâce à la rente des hydrocarbures est semblable à celle de 1980-1986 ayant misé sur les infrastructures et non sur l'entreprise et le savoir, expliquant le dépérissement du tissu productif, (secteur industriel moins de 5% dans le PIB), avec le risque d'une bulle immobilière, du fait de l'impossibilité de rembourser les prêts et donc d'une très grave crise sociale à l'instar de l'Espagne en cas de chute du cours de hydrocarbures. 2. Ce qui nous renvoie à la deuxième information, la déclaration du ministre des Finances pour qui, la masse salariale représente 2 600 milliards de dinars environ 33,3 milliards de dollars. Or pour une interprétation objective, cette masse salariale aurait dû être éclatée entre les emplois permanents et les emplois temporaires, entre la sphère économique (classement par postes de travail en référence aux normes internationales avec pondération des sureffectifs notamment au niveau les entreprises publiques) et celle de la sphère non productive en scindant les secteurs de l'éducation et de la santé qui contribuent à terme à la création de la valeur ajoutée, des autres secteurs bien qu'utiles bénéficiant d'un transfert et toujours tenant compte de sureffectifs. Cela renvoie d'ailleurs au débat sur les emplois rentes pour calmer le font social via la rente des hydrocarbures et donc de la restructuration nécessaire à terme de la Fonction publique. Le ratio masse salariale sur le PIB en 2012 donne à peine 17% montrant ainsi une situation paradoxale où les revenus des indépendants sont prépondérants, la sphère informelle contrôlant plus de 40% de la masse monétaire en circulation et plus de 50% de la sphère économique. Donc une politique des revenus doit avoir une vision d'ensemble et non pas se concentrer uniquement sur les salaires dont la part est en déclin par rapport au PIB expliquant d'ailleurs le manque d'efficience de l'économie algérienne, le ratio dans les pays émargeants dépassant souvent les 50%. D'ailleurs, si l'on s'en tient à ces données officielles, l'origine de l'inflation ne concerne pas seulement la masse salariale mais existent d'autres facteurs plus déterminants dont les dysfonctionnements des appareils de l'Etat, entraînant un manque de régulation, la mauvaise gestion et la corruption, l'envoilée de la dépense publique avec peu d'impacts sur la sphère économique et sociale. 3. Ces résultats témoignent d'une mauvaise allocation, des ressources financières car avec cette dépense faramineuse, le taux de croissance aurait dû être entre 10-15%. Ce qui nous renvoie au deuxième rapport, le climat des affaires. Dans la carte des risques à l'exportation, établie par l'Américain, numéro un du courtage d'assurance, Aon, sur 163 pays, le 19 mars 2013, l'Algérie figure sur la liste rouge, les 12 pays «jugés les plus risqués avec le Mali, le Tchad, la Namibie, le Cameroun, l'Ethiopie, le Madagascar, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, la Moldavie, l'Uruguay et le Panama». Cela rejoint la 10e édition du rapport de la Banque mondiale Doing Business 2013 qui classe l'Algérie à la 152e position sur 185 pays pour les facilités accordées à l'investissement, reculant de 4 places par rapport à 2012. Dans ce classement relatif aux meilleures conditions d'entreprendre dans le monde, l'Algérie est classée à la 156e position pour le lancement d'une entreprise, 129e pour l'obtention d'un crédit, à la 138e position pour l'obtention d'un permis de construire, à la 129e position pour les procédures de facilitation d'exportation accordées aux PME, 126e position en matière d'application des contrats, 170e pour les procédures de paiement des impôts, et à la 82e position pour la protection des investisseurs. Cela explique, en plus du changement perpétuel de cadre juridique, en dehors des hydrocarbures, la faiblesse de l'investissement direct étranger porteur, la dominance de la tertiarisation de l'économie – petits commerce/service (83% du tissu économique en 2012, un commerçant pour 24 habitants) et la part dérisoire de moins de 5% du secteur industriel dans le produit intérieur brut traduisant le dépérissement du tissu productif. L'actuelle gouvernance caractérisée par la bureaucratisation (le terrorisme bureaucratique) de la société algérienne, avec la faiblesse de la morale et donc d'un Etat de droit qui enfante la sphère informelle spéculative, bloque les initiatives créatrices. L'on assiste à des subventions désordonnées sans ciblage source de gaspillage, de fuite de produits hors des frontières et de découragement de la production locale. D'ailleurs, selon le ministre des Finances, les transferts sociaux ont été de l'ordre de 1 300 milliards de dinars, (16,5 milliards de dollars) existant une contradiction avec la loi de finances prévisionnelle 2013 qui (18,2 milliards de dollars soit 9,57% du PIB) et ce, en référence aux dernières données de l'ONS. Selon une étude conjointe de l'AIE et du PNUD, l'Algérie figure parmi les pays qui subventionnent le plus les produits énergétiques avec 10,59 milliards de dollars en 2010, dont l'électricité 2,13 et les carburants 8,46 milliards de dollars. 4. Enfin le quatrième rapport établi par The Economist Intelligence Unit, think tank britannique qui présente des études aux entreprises pour pouvoir prendre des décisions stratégiques à propos de l'indice de démocratie dans le monde pour l'année 2012 donne à l'Algérie, une note de 3,88 sur une moyenne de dix étant à la 118e place sur 167 pays examinés avec le Koweït, la Jordanie et le Qatar. Ce classement est le résultat d'une moyenne de notes accordées à l'état du pluralisme et du processus électoral, au fonctionnement du gouvernement, à la politique de participation à la vie publique, au niveau de la culture politique et aux libertés civiles et montre que les réformes politiques présentées en 2011 n'ont pas encore été concrétisées, la situation se caractérisant toujours par un statut quo quant à l'ouverture démocratique. En conclusion, avec l'épuisement des ressources traditionnelles d'hydrocarbures horizon 2025-2030, il y a urgence pour préparer l'après hydrocarbures, d'une nouvelle réorientation de la politique socio-économique renvoyant à l'instauration d'un Etat de droit et d'une gouvernance renouvelée, fondement d'une transition démocratique.

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