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Pouvoir et opposition en Algérie doivent méditer l'action de Ferhat Abbas, président du GPRA
Publié dans La Nouvelle République le 20 - 06 - 2014

Le pouvoir continue de recevoir ses invités en vue de la révision constitutionnelle. L'opposition qui a refusé l'invitation de la présidence de la République ainsi que diverses personnalités toutes respectables se réunit le 10 juin 2014. Face à ce dialogue de sourd, il ne faut pas avoir une vision de sinistrose. Tout cela traduit une reconfiguration politique qui peut être bénéfique à terme à l'Algérie pour peu que les intérêts supérieurs du pays l'emportent sur les intérêts étroits de préservation des intérêts de la rente d'une minorité. Personne n'a le monopole du nationalisme en espérant une transition pacifique qui impliquera forcément, à terme, un dialogue productif entre le pouvoir et l'opposition, dans le cadre du respect mutuel.
1.-Les objectifs stratégiques sont la refondation de l'Etat algérien conciliant la modernité et son authenticité, l'efficacité économique et une profonde justice sociale, redonner la confiance actuellement brisée entre l'Etat et les citoyens grâce au dialogue fécond et productif. Il n'existe pas d'Etat standard mais que des équipements anthropologiques qui le façonnent largement influencé depuis les années 1980/1990 par la mondialisation avec de nouvelles fonctions. Dès lors, des stratégies d'adaptation politique, militaire, sociale et économique tenant compte de l'innovation destructrice, en ce monde turbulent et instable pour reprendre l'expression du grand économiste Joseph Schumpeter dans son ouvrage universel «réformes et démocratie». D'où l'urgence de restructurer tant le système partisan, que la société civile loin de toute action autoritaire. Lorsqu'un pouvoir émet des lois qui ne correspondent pas à l'Etat de la société, celle-ci-émet ses propres lois qui lui permettent de fonctionner accentuant le divorce Etat citoyen par la dominance de l'informel, à tous les niveaux politique, économique, social et culturel. Tout pouvoir a besoin d ‘une opposition forte organisée avec des propositions productives pour se corriger, devant l'associer dans les grandes décisions qui engagent l'avenir du pays. L'Algérie a besoin pour éviter la léthargie et la stérilité que tous ses enfants dans leur diversité, par la tolérance des idées d'autrui, se regroupent au sein d'un même objectif à savoir le développement économique et social tenant compte de la dure réalité mondiale où toute Nation qui n'avance pas recule forcément. L'Algérie a besoin d'un consensus minimum qui ne saurait signifier un animisme signe de la décadence de toute société. Il faut revenir aux fondamentaux de la démocratie. Nous devons apprendre à nous respecter, personne n'ayant le monopole du nationalisme, devant tolérer les idées d'autrui. Si le pouvoir et l'opposition se cantonnent dans LE MONOLOGUE en ignorant les aspirations profondes de la société et des nouvelles exigences mondiales, en se cantonnant dans le statu quo, bloquant les réformes structurelles, l'Algérie va droit au mur, avec le risque de déstabilisation de toute la région. L'Algérie traverse une crise multidimensionnelle politique, économique, sociale et culturelle, qui rend urgent une transition démocratique elle-même tributaire d'une transition à la fois énergétique et d'une économie de rente à une économie hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales, que ne saurait voiler l'euphorie de la rente des hydrocarbures traditionnels qui vont à l'épuisement horizon 2030, je juge que les analyses et propositions de feu Ferhat Abbas sont d'une brûlante actualité. En cette année 2014 où l'Algérie se cherche pour une sortie de crise, la relecture de son action militante et de ses mémoires peut être très instructive à la fois pour le pouvoir et l'opposition. . D'ailleurs lors d'une large tournée dans les universités algériennes, aux Etats-Unis d'Amérique et en Europe entre 1993/1996 lors de différentes conférences internationales, j'ai tenu à lui rendre un vibrant hommage et ce pour trois raisons essentielles. 2.- Premièrement, Ferhat Abbas (1899 – 1985) de son vrai nom Ferhat Mekki Abbas est né a Taher wilaya de Jijel, le 24 août 1899. C'est un militant de la première heure de la cause nationale. Diplômé docteur en pharmacie en 1933, il s'établit à Sétif où il devient rapidement une importante figure politique en devenant conseiller général en 1934, conseiller municipal en 1935 puis délégué financier. Il adhère à la Fédération des élus des musulmans du département de Constantine en tant que journaliste au sein de son organe de presse, L'hebdomadaire. Il devient le promoteur de l'Amicale des étudiants musulmans d'Afrique du Nord, dont il est vice-président en 1926-1927, puis président de 1927 à 1931, date à laquelle il transforme l'amicale en association. Il est également élu vice-président de l'Unef lors du Congrès d'Alger de 1930. Le 14 mars 1944 il crée l'association des Amis du manifeste de la liberté (AML) soutenu par le cheikh Brahimi de l'Association des oulémas et Messali Hadj. En septembre 1944, il crée l'hebdomadaire Egalité (avec pour sous-titre Egalité des hommes - Egalité des races - Egalité des peuples). Au lendemain des émeutes de Sétif de mai 1945, tenu pour responsable, il est arrêté et l'AML est dissous. Libéré en 1946, Ferhat Abbas fonde l'Union démocratique du manifeste algérien (UDMA). En juin, le parti obtient 11 des 13 sièges du deuxième collège à la seconde Assemblée constituante et Ferhat Abbas est élu député de Sétif. Après le refus à deux reprises de son projet sur le statut de l'Algérie, il démissionne de l'assemblée en 1947. Il lance le 1er novembre 1954 les premières actions armées qui marquent le début de la révolution algérienne. Dès le 20 août 1956, à l'issue du congrès de la Soummam, il devient membre titulaire du CNRA (Conseil national de la révolution algérienne), puis entre au CCE (Comité de coordination et d'exécution) en 1957. Ferhat Abbas devient ensuite président du premier Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) à sa création le 19 septembre 1958, puis du second GPRA, élu par le CNRA en janvier 1960 et démissionne le 15 septembre 1963 pour essentiellement des raisons d'option à la fois politiques et économiques. 3.- Deuxièmement c'était un intellectuel de haut niveau et un démocrate convaincu qui lui vaudra un emprisonnement à Adrar entre 1963 et mai 1965, assigné à résidence entre mars 1976 et le 13 juin 1978. Dans son ouvrage en 1980, il publie ses mémoires dans Autopsie d'une guerre puis en 1984, dans L'Indépendance confisquée, il dénonce la bureaucratisation de la société et la corruption. Or nous sommes en 2014 et ce sont toujours ces problèmes qui font l'actualité en Algérie. Il qui croyait fermement au primat de la connaissance sur la distribution de la rente , auteur de nombreux ouvrages et publications nationales et internationales dont Le Jeune Algérien dont il dénonce notamment 100 ans de colonisation française où il insiste sur l'algérianité. Je le cite : « Nous sommes chez nous. Nous ne pouvons aller ailleurs. C'est cette terre qui a nourri nos ancêtres, c'est cette terre qui nourrira nos enfants. Libres ou esclaves, elle nous appartient, nous lui appartenons et elle ne voudra pas nous laisser périr. L'Algérie ne peut vivre sans nous. Nous ne pouvons vivre sans elle. Celui qui rêve à notre avenir comme à celui des Peaux-Rouges d'Amérique se trompe. Ce sont les Arabo-berbères qui ont fixé, il y a quatorze siècles, le destin de l'Algérie. Ce destin ne pourra pas demain s'accomplir sans eux La nuit coloniale Julliard, Paris, 1962 ». Mais en homme politique, tout en préservant les intérêts supérieurs du pays, il préconisait pour l'Algérie la nécessité de s'adapter aux nouvelles mutations mondiales. 4.-. La troisième raison est que c'est le premier défenseur algérien de l'économie libre, l'économie de marché à vocation sociale en fait un social-démocrate, contre l'étatisme bureaucratique et un capitalisme sauvage. Il préconisait de réaliser la symbiose entre l'efficacité économique et une profonde justice sociale et ce grâce à un Etat puissant régulateur mais fort que par sa moralité, l'Etat de Droit et la démocratie tenant compte de notre anthropologie culturelle. Pour cela, le dialogue permanent entre les différentes forces politiques, sociales et économiques sans exclusive condamnant toute forme d'extrémisme, la participation citoyenne à la gestion de la Cité intégrant l'élite et la femme signes de la vitalité de toute société et le contrat qui devait remplacer les actions autoritaires bureaucratiques étaient les conditions pour la prospérité de l'Algérie. Il a mis en exergue la nécessité de lutter contre la corruption, les responsables devant donner l'exemple, qui selon lui constituerait le plus grave danger qui menacerait le devenir du pays et préconisé de développer les libertés et toutes les libertés (politique, économique, sociale et culturelle) existant des liens dialectiques entre les libertés politique, économique et sociale. Ce que l'on appelle aujourd'hui bonne gouvernance. Récemment, nous avons eu le plaisir de lire le livre de Ferhat Abbas Demain se lèvera le jour paru en novembre 2010 (Edition Alger Livres), ouvrage inédit publié à titre posthume, manuscrit qui selon les vœux de l'auteur ne devait être édité «que lorsque un système vraiment démocratique sera installé en Algérie et que le mot liberté ait pris tout son sens». Est-il trop tôt ? Il appartient au pouvoir et à l'opposition d'y répondre. Pour l'ensemble de ces raisons je tiens à lui rendre un grand hommage à ce grand patriote et intellectuel qui m'a toujours inspiré. Espérons que son action soit longuement méditée tant par le pouvoir que par l'opposition.

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