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Transition inachevée d'une économie rentière à une économie productive
Publié dans La Nouvelle République le 06 - 12 - 2015

Dans la suite de mes contributions et ce, pour comprendre la situation de 1963 à 2015 et tracer les perspectives, il me semble fondamental de saisir les liens entre la rente des hydrocarbures en Algérie et les politiques socio-économiques, renvoyant à la nature du pouvoir en Algérie. Certains politiciens qui se livrent à la sinistrose aujourd'hui, oublient facilement qu'ils ont été les acteurs de ces politiques. Il faut le reconnaître avec objectivité, il y a eu beaucoup de réalisations de 1963 à 2015, mais également beaucoup d'insuffisances qu'il convient impérativement de corriger. Je ne saurai trop insister que l'économie, comme nous l'ont appris les grands classiques de l'économie est politique et que l'histoire, fondement de la connaissance ne se découpe pas en morceaux, vu l'existence des imbrications dialectiques au cours du temps.
Puis à nouveau courant 2008 voilà le retour du secrétaire général du RND qui sera chargé des élections d'avril 2009. C'est également durant cette période courant novembre 2008 qu'est amendée la Constitution, non pas par référendum mais à la majorité des deux chambres, les députés et sénateurs se feront comme leurs prédécesseurs de voter un salaire de plus de 300 000 dinars par mois avec les primes, plus de quatre fois le salaire d'un professeur d'université en fin de carrière. Cet amendement ne limite plus les mandats présidentiels, tout en supprimant le poste de chef de gouvernement en le remplaçant par celui de Premier ministre consacrant un régime présidentiel. Dans la foulée l'élection présidentielle s'est tenue le 09 avril 2009 où l'ancien président est réélu pour un nouveau mandat de cinq années (2009/2014). Mais fait nouveau, une crise mondiale sans précédent depuis la crise d'octobre 1929 est apparue en octobre 2008. Comme en 1986, courant 2008/2009 différents responsables politiques déclareront à la télévision officielle que la crise ne touche pas l'Algérie du fait de la non connexion avec le système financier mondial, de la non convertibilité du dinar et de l'importance des réserves de change oubliant la chute des cours des hydrocarbures qui représente plus de 98% des recettes en devises et que les dépenses réelles c'est-à-dire le plan de financement est largement tributaire du cours des hydrocarbures. C'est également durant cette période 2000/2014, nous assistons à deux politiques socio-économiques apparemment contradictoires : la période 2000/2004 où existe une volonté de libéralisation du moins à travers les textes juridiques avec l'accord signé pour une zone de libre échange avec l'Europe applicable depuis le 1er septembre 2005, une nouvelle loi sur l'investissement, sur la privatisation (et l'on reparle encore d'un nouveau code d'investissement pour le dernier trimestre 2015 comme si un code pouvait résoudre les problèmes structurels n'étant qu'un moyen), la loi sur les mines, la loi sur l'électricité et le transport du gaz par canalisation et l'amendement de la loi sur les hydrocarbures. Revirement durant la période 2006/2014 où sous la couverture du patriotisme économique est amendée la loi des hydrocarbures qui postule pour ce segment que la Sonatrach sera majoritaire au moins de 51% tant à l'amont, l'aval que pour les canalisations. La loi de Finances complémentaire 2009 avalisée par la loi de Finances 2010 introduit la préférence nationale avec la règle des 49/51%, élargie aux banques ainsi que des mesures d'encadrement des transferts de capitaux. Utopie bureaucratique et esprit rentier, l'on veut généraliser cette règle même au commerce qui n'existe même pas en Chine alors que l'objectif stratégique est le transfert technologique et managérial avec des minorités de blocage afin d'éviter des délocalisations sauvages, la règle 49/51% pouvant s'appliquer aux segments stratégiques qu'il faut définir avec précision. Le 11 juillet 2010 est adoptée la réglementation des marchés publics, prévoyant la marge de préférence nationale passant de 15% à 25% avec une tendance au retour au tout à l'Etat gestionnaire via la dépense publique, à ne pas confondre avec l'Etat régulateur stratégique en économie de marché, le privé local de la sphère réelle ayant des capacités financières, technologiques et managériales fortement limitées, fortement connecté au secteur public par des relations de clientèles. En septembre 2012, à la place d'Ahmed Ouyahia, qui sera désigné, après une traversée du désert, directeur de cabinet à la présidence de la République, est nommé Abdelmalek Sellal Premier ministre qui sera directeur de campagne pour une nouvelle élection présidentielle le 17 avril 2014, remportée par Abdelaziz Bouteflika. Abdelmalek Sellal sera reconduit le 05 mai 2014 et le 04 mai 2015 nous avons le gouvernement Sellal IV à la suite d'un remaniement ministériel. Mais depuis juin 2014, nous assistons à une baisse des recettes des hydrocarbures de près de 40% entraînant le pays dans une nouvelle turbulence financière, l'Algérie après plus de 50 ans d'indépendance dépendant avec les dérivées à 98% des hydrocarbures. Entre juin 2014 et septembre 2015, nous assistons comme par le passé à des discours rentiers de certains responsables, vivant de l'illusion de la rente, épaulés par certains experts vivant de marchés de ministères, affirmant la remontée des cours mais démentis par la réalité car à la différence de celle de 1986 , qui sera de longue durée du fait de nouvelles mutations énergétiques mondiales Et l'Algérie se prépare entre 2016/2020 à une cure d'austérité. 4. Urgence d'une nouvelle gouvernance et politique socio- économique Développement des LIBERTES au sens large, visibilité, cohérence, bonne gouvernance, revalorisation du travail et du savoir, moralité gouvernants/gouvernés, tels sont les axes fondamentaux du redressement national. C'est que face tant aux mutations mondiales qu'internes à la société algérienne, cette jeunesse «parabolée» a une autre notion des valeurs de la société. Cela se constate à travers l'éclatement de la cellule familiale, la baisse progressive du poids des tribus, de certaines confréries religieuses et de certaines organisations syndicales, (ces dernières ne mobilisant uniquement pour des revendications sociales et non pour des actions politiques), du fait de discours en déphasage par rapport aux nouvelles réalités mondiales et locales. Les politiques socio-économiques ont peu varié à quelques variantes près, sous le slogan continué dans le changement, l'opposition atomisée et les nombreux micros partis insignifiants, souvent instrumentalisés par l'administration se manifestant qu'au moment des échéances électorales en contrepartie d'une fraction de la rente : industries clefs en main entre 1965/1979 , dominance de l'investissement dans les infrastructures durant les périodes 1980/2010 et 2000/2014 avec l'extension durant ces périodes de la sphère marchande informelle qui représente sente plus de 50% de la superficie économique globale, due à une ouverture non maîtrisée du commerce extérieur dont la facture d'importation explose entre 20108/2014 due essentiellement à l'envolée de la dépense publique avec des surcoûts exorbitants et à des subventions généralisées non ciblées. Les différents gouvernements successifs ont été toujours animés par l'extraction des hydrocarbures, malgré bon nombre de discours, existant des liens dialectiques entre la logique rentière et la sphère informelle que l'on ne combat pas uniquement par des mesures techniques. Il existe une relation dialectique entre l'avancée des réformes ou leurs freins selon que le cours en termes réels hausse alors, frein aux réformes), ou baisse de la rente et nous assistons à une tendance timide d'aller vers les réformes sans bousculer la logique du système. Les exportations hors hydrocarbures et sont marginales, moins de 3% du total des recettes devises et 80% de la valeur ajoutée composant le produit intérieur brut (PIB) l'est directement ou indirectement par le biais de cette rente autant que l'emploi et la fiscalité. Aussi la solution durable passe par une gouvernance renouvelée, et la valorisation du savoir dévalorisée, La prospérité ou le déclin des civilisations de l'Orient et de l'Occident a clairement montré qu'une nation sans son élite est comme un corps sans âme. L'analyse précédente montre clairement que le régime politique algérien (à ne pas confondre avec l'Etat au sens épistémologique du terme) qui est un sous- ensemble du système politique, n'a pas fondamentalement été bouleversé depuis l'indépendance politique, avec des changements de formes mais pas de nature. Les tensions que connaît le système, ou celles qu'il est appelé à connaître, doivent être recherchées dans les dysfonctionnements ou les crises d'autorité qui surgissent périodiquement, et depuis longtemps, au plus haut niveau de l'Etat. La nouvelle reconfiguration politique, doit prendre en charge les mutations internes de la société. L'objectif stratégique est le développement des libertés, plus d'efficacité économique, de justice sociale qui ne saurait signifier égalitarisme, une plus grande moralisation des institutions en prévoyant le renforcement des organismes de contrôle indépendants pour une lutte efficace et concrète contre la corruption , le contrôle le plus efficace étant le contrôle démocratique, la protection des droits de la propriété privée qui doit être consacré dans la future constitution et également de tenir compte des engagements internationaux de l'Algérie (accord de libre-échange avec l'Europe, l'OMC, intégration maghrébine et africaine ). Mais évitons toute sinistrose. Face aux tensions géostratégiques et à la baisse du cours des hydrocarbures, je pense fermement que l'Algérie a des ressorts pour surmonter la crise multidimensionnelle actuelle. Depuis fort longtemps et pas seulement durant la période actuelle, l'Algérie semble chavirer un moment et reprendre avec hésitation ses équilibres un autre moment. Il ne s'agit pas de renier les traditions positives qui moulées dans la trajectoire de la modernité, peuvent être facteurs de développement. Comme le rappelle avec justesse Malek Chebel, l'Algérie à l'instar de bon nombre de pays musulmans est en transition et fonctionne entre l'imaginaire de la Oumma et la construction d'un Etat-nation. L'expérience du Japon et de bon nombre de pays émergents l'attestent. La refondation de l'Etat, pour ne pas dire sa fondation comme entité civile, passe nécessairement par une mutation profonde de la fonction sociale de la politique. Dès lors, la question centrale qui se pose est la suivante : vers quelle mécanique politique se penchera la refondation politique en cours en Algérie ? L'Etat de Droit n'est pas un Etat fonctionnaire, qui gère un consensus de conjoncture, mais un Etat qui fonde son autorité à partir d'une certaine philosophie du droit d'une part, et d'autre part, à partir
d'une assimilation consciente des besoins présents de la communauté et d'une vision future de ses perspectives. Car je dois préciser il n'y a pas d'Etat national standard mais que des équipements anthropologiques intrinsèques qui modèlent le système politique inhérent à chaque situation socio anthropologique. Dans le cadre de cette refondation politique, l'Algérie ne peut revenir à elle-même que si les faux privilèges sont bannis et les critères de compétences, de loyauté et d'innovation sont réinstaurés comme passerelles de la réussite et de la promotion sociale. La refondation de l'Etat ne saurait se limiter à une réorganisation technique de l'autorité et des pouvoirs. Elle passe par une transparence totale et une clarté sans nuance dans la pratique politique et les hommes chargés par la nation de la faire, en fait rétablir la morale. La gouvernance est une question de légitimité réelle et non fictive, impliquant des réaménagements dans l'organisation du pouvoir. Mais - dessus de tout, l'Algérie reste un pays dynamique, plein de vitalité, qui se cherche et cherche sa voie. Un processus de mutations internes est en train de se faire, pas celles qu'on croit, mais celles qu'on soupçonne le moins qui s'imposeront. Les Algériens veulent vivre leurs différences dans la communion et non dans la confrontation, la paix étant un facteur déterminant ce qui ne signifie en aucune manière oublier de tirer les leçons du passé récent afin de forger positivement notre avenir commun.


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