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Rabia Djalti, le chaos des sens et de l'écriture
Publié dans La Nouvelle République le 20 - 12 - 2019

« Le fou de Marilyn » est le dernier roman en date produit par Rabia Djalti qui s'essaie ainsi au délicat exercice de l'empathie, soit se mettre dans la peau d'une sorte d'antihéros difforme et peu conforme aux canons esthétiques de la beauté méditerranéenne, héritier d'un appartement qui est une sorte de butin de guerre appartenant à son grand-père, un moudjahid…
Jusque-là rien de spécial, pas de quoi faire rugir une grand-mère, ni fouetter un chat pelé ! Zoubir, sombre personnage malmené par son auteure que l'on croirait vengeresse du modèle masculin, installe en plein quartier d'Oran, une intrigue brinquebalante centrée sur l'histoire de ce cher Zoubir dit La Crevette, pour des raisons que l'on devine…il est lié par cet appartement qu'il possède et qui lui permet dans la Cité El- Mordjane en face de la mer d'Oran de se faire valoir auprès de ses trois amis qui y sont accueillis dans un pied à terre somme toute assez accueillant hérité de ce cher Si Kada moudjahid somme toute méritant. En quatrième de couv comme on dit dans le jargon, le roman est vendu comme l'histoire de ce fou de Marilyn qui hante l'appartement…il est aussi annoncé de formidables éléments de subversion pour une écrivaine avec ces délicieuses notes transgressives que l'on devine sans pour autant y trouver l'once d'une idée qui sort de l'ordinaire, sauf ! Si un petit passage qui évoque un intermède voyeuriste et…onaniste quoi de plus normal dans l'univers des écrivains. À vrai-dire, les effets d'annonces ont été plus efficaces que ce roman truffé des fautes les plus originales, il semblerait que cela soit dû aux problèmes de traduction laissés en roue libre à l'écrivaine Amina Mekahli qui a eu la responsabilité de traduire vers le français ce roman conçu en arabe. On dit souvent que traduire c'est trahir un peu, le constat est clair ici-bas que traduire c'est trahir…beaucoup ! Car, objectivement, le roman est transposé et non traduit de l'arabe au français, à la lecture de cette aventure qui aurait pu aller très loin en pertinence, l'intrigue tombe à plat. L'histoire d'amour entre ce cher et monstrueux Zoubir, doté d'un appendice proportionnel à sa tête gigantesque avec l'objet transitionnel, caractéristique de ses fantasmes, somme-toute conventionnel qu'est l'image de Marilyn collée sur un mur de son appart est en réalité une transition faussement trouvée pour révéler en fait un amour non avoué pour ce cher Abbas dit « Che » pour sa ressemblance évidente avec Guevara, leader charismatique qui va révéler à notre cher Zoubir, antihéros déchu de sa propre beauté, un secret immense, prélude à un épilogue inattendu mais qui ne nous fera pas vibrer plus que cela. La lecture de ce roman, vaguement écrit, nous laisse pantois par l'absurdité de ses montages, les personnages ne tiennent pas la promesse des annonces faites sur les couvertures, ladite Marilyn est très peu présente dans ce roman et ne constitue pas en fait le personnage principal, elle est introduite dans le dernier quart de cet écrit, et ne se trouve être ni l'objet premier d'une intrigue qui nous mène en principe à voir ce cher Zoubir trouver l'amour de sa vie. Comme si une femme, sans sexisme aucun, se limitait à trouver l'homme de sa vie…et de se marier, on n'aura pas compris, cette situation, au cœur du roman, où le personnage va demander une voisine en mariage…et pouf ! Aucune suite n'est donnée au dénouement sensé être positif ou négatif, beaucoup de situations de ce roman sont ainsi délinées d'une manière disparate, hétéroclite montrant ainsi une incapacité de l'auteure de monter une intrigue et de construire des personnages avec une psychologie inhérente à chaque « character ». Rabia Djalti, poétesse de talent, charmante personne, universitaire et traductrice, détentrice d'un Doctorat d'état en littérature, professeure de lettres à l'université d'Alger, a écrit de nombreux recueils en étant ainsi récipiendaire du prix de la création littéraire arabe en 2002 à Abu-Dhabi pour l'ensemble de son œuvre. « Le fou de Marilyn » n'est sans nul doute pas son meilleur roman, sachant que l'écrivaine nous a plutôt habitués à de meilleures élaborations, nous pécherions par ignorance si nous affirmions qu'elle soit responsable de fautes, plus que d'erreurs d'orthographe et de syntaxe, cela est dû d'abord à la première erreur qui est de confier la traduction à la mauvaise personne…sans porter atteinte aux qualités de cette adorable Mekahli qui, ici, n'a pas décliné l'éventail de ses qualités intrinsèques, c'est le moins que l'on puisse dire. Cela aussi, sans oublier que l'un des égarements de la flamboyante Rabia Djalti est qu'elle n'a justement pas intégré dans son œuvre écrite les fondements d'une attitude distanciée avec son personnage et avec le déroulement chronologique du récit qui, d'une situation amicale, affectueuse, faite d'admiration pour ce fameux Abbas Che, devient tout simplement naturel pour une femme vers un homme, mais qui devient une attitude très « gay friendly » de la part d'un personnage écrivant à la première personne et qui « buvant les paroles de Abbas Che » comme du miel, devient forcément équivoque, ambigüe, ambivalente, amoureux transi, sans pour autant, et on le sent dans l'écriture que cela ne soit voulu. La fausse piste ici n'est pas assumée, il n'y a pas de problème avec l'homosexualité de ce propos. C'est juste que l'auteure justement pas sa mauvaise gestion nous fait penser que le personnage l'est, alors que la volonté première était justement qu'il ne l'était pas. « Le fou de Marilyn » est donc vraiment un roman à lire et à donner en cours de littérature pour montrer vraiment les erreurs à ne pas faire tant dans la traduction approximative, littérale, au premier degré de la lecture, par la construction bancale de personnages qui font sans cesse des sorties de route vers nulle part, mais aussi par une absence quasi fascinante de distanciation avec le récit et ses protagonistes. On aura aussi déploré la suite dans les idées par un ensemble de situations, de scènes qui n'ont jamais trouvés leur aboutissement dans ce récit général qui aurait pu trouver d'autres dénouements par un original truchement scénaristique, Rabia Djalti avait en main toutes cartes possibles pour faire un très bon roman, un personnage original, un décors oranais populaire excellent, des personnages d'actualité, des femmes fortes qui se battent pour leur survie, des personnages subsidiaires comme Mustapha, Mohand, Yahia, et surtout Nebia, la belle voisine à l'histoire mystérieusement coupée au montage, ou de la sensuelle bonne, Sakina, aux cheveux de feu, qui a instillé sa grâce dans le corps disgracieux de « La crevette » qui auraient pu mettre en valeur les héros sous la lumière, mais voilà, la poétesse s'est fourvoyée dans ses propres effets de style, au détriment d'un exercice d'écriture qui de par sa simplicité et des normes d'écriture aurait pu être plus éloquent, dommage ! En attendant la prochaine tentative, qui espérons-le sera traduite par l'auteure, elle-même. Rabia Djalti, roman « Le fou de Marilyn », traduit de l'arabe par Amina Mekahli, paru aux éditions Dalimen, Alger 2019, prix non communiqué.

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