Les convictions anticolonialistes, inébranlables, des combattants pour l'indépendance d'origine européenne, étaient solidement forgées, en Algérie même. Ils avaient en perspective l'indépendance, et ont rejoint la lutte armée dès qu'elle a été déclenchée. Un de ceux-là, «moudjahid et ami de la Révolution algérienne», pour reprendre l'expression officielle utilisée pour le désigner, Félix Louis Giro Colozzi, a été enterré vendredi matin, au carré des moudjahidine du cimetière d'El Alia, à Alger, en présence de sa fille et de ses nombreux amis. Son cercueil, recouvert du drapeau national, a été porté, sur fond de chants patriotiques, jusqu'à sa tombe. Né le 12 mars 1930 à Alger, Felix Colozzi est décédé, à l'âge de 95 ans, le 14 février 2025, en France, à Longjumeau, à dix-neuf kilomètres au Sud de Paris (département de l'Essonne, en région Île-de-France). La dépouille de Felix Colozzi a été rapatriée vendredi matin pour exaucer son vœu d'être enterré en Algérie. S'adressant aux dizaines de citoyens qui ont tenu à être présents à l'enterrement de Felix Colozzi, sa fille, qui a accompagné la dépouille depuis Paris, a expliqué le sens de ce «dernier hommage à un homme d'exception, un père aimant, un combattant de la liberté et de la justice : Félix Colozzy, mon père». Elle a exprimé que sa satisfaction que «son héritage, lui, restera à jamais gravé dans l'histoire de la Révolution algérienne et dans la mémoire de ceux qui ont eu le privilège de le connaître». Elle a rappelé que Felix Colozzi était «un homme de convictions, un homme d'engagement qui croyait profondément à la dignité humaine. Il a œuvré sans relâche pour la grandeur de la révolution algérienne, aux côtés d'hommes et de femmes de tous horizons – qu'ils soient de culture, de religion ou de conditions sociales différentes – unis par une même cause : celle de la liberté et de la justice. Il savait que l'Algérie indépendante devait être bâtie par tous ceux qui portaient en eux l'amour de cette terre et la volonté de la voir grandir, libre et souveraine». Félix Colozzi appartenait profondément à cette terre d'Algérie, qu'il a servie avec honneur, a souligné sa fille qui a précisé que «son souhait était clair : reposer dans le carré des Moudjahidine d'Alger, auprès de ses frères d'armes». Ce vœu a été exaucé, dit-elle, «grâce aux autorités algériennes qu'elle remercie d'avoir permis à mon père de revenir en Algérie, là où il a toujours voulu être, dans cette terre natale qu'il aimait tant». Elle adresse une demande aux autorités : «Que le nom de Félix Colozzy soit donné à un lieu public. Ce serait la plus belle façon de préserver sa mémoire et de transmettre aux générations futures l'histoire de son engagement. Que son nom demeure à jamais gravé dans l'histoire de l'Algérie, comme témoignage de son indéfectible amour pour cette nation». «Nous avons été profondément touchés par le message de condoléances adressé par Son Excellence le président de la République Algérienne M. Abdelmadjid Tebboune», a souligné la fille de Felix Colozzi qui estime que «ce geste honore la mémoire de mon père et rappelle l'importance de son combat pour l'Algérie. Nous exprimons également notre gratitude aux autorités algériennes, qui ont permis le rapatriement de sa dépouille avec respect et dignité. Un remerciement particulier au consulat d'Algérie à Créteil ainsi qu'au ministère des Anciens Moudjahidine qui, par leur présence et l'aide qu'ils m'ont apportée, témoignent de l'importance accordée à ceux qui ont consacré leur vie à la lutte pour l'indépendance». Elle n'oublie pas «tous ceux qui, depuis des années, œuvrent inlassablement pour que la mémoire de tous ses combattants ne soit jamais oubliée. Le souvenir de ceux qui ont fait l'histoire de l'Algérie continue à être honorée». En octobre 2017, lors du 22ème Salon international du livre d'Alger, Félix Colozzi avait signé, au stand des éditions El Kalima, son livre ''Mémoires de prisons'' qui raconte sa vie de combattant pour l'indépendance de l'Algérie. Militant du Parti communiste algérien (PCA), il avait rejoint en 1956 les rangs de la Révolution de libération en tant que Fidaï, et avait participé à la célèbre opération de «l'incendie du dépôt des bouchonneries internationales à Alger», avant d'être arrêté et condamné aux travaux forcés à perpétuité dans les prisons de Serkadji, Lambèse et d'autres prisons françaises.