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Les impacts des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur le cours des hydrocarbures via le rôle stratégique du détroit d'Ormuz
Crise énergétique
Publié dans La Nouvelle République le 01 - 03 - 2025

Le contrôle de l'énergie est au cœur de la sécurité des nations, et le monde, entre 2025/2030/2050, est à l'aube d'une profonde reconfiguration des relations internationales, tant sur le plan géo-stratégique qu'économique. Le cours du baril, le 6 octobre 2024, à 8h GMT, a été coté à 78,14 dollars le Brent (71,19 euros) et 74,45 le Wit (67, 82), une augmentation de près de 6/8 dollars, après les tensions entre l'Iran et Israël et le prix de cession du gaz, toujours bas, qui répond à d'autres critères du fait de la prépondérance des canalisations, environ 65% du marché segmenté géographiquement, avec des contrats à moyen et long terme, août/début octobre 2024, entre 34.317 et 40.731/MWh, et pour les contrats de l'année 2025, à 37.489/MWh. Cependant, les tensions en Ukraine, en Mer rouge représentant 12 % du commerce mondial de marchandises, la mer Rouge jouant un rôle particulièrement important dans les échanges Europe-Asie (40 % des échanges entre les deux, ), et dans les flux d'hydrocarbures environ 6 % du trafic mondial de pétrole, les tensions actuelles entre l'Iran et Israël, avec le rôle stratégique du détroit d'ormuz où transite environ 30% des produits pétroliers, il y a un impact sur d'augmentation des prix des produits notamment alimentaires et énergétiques qui risquent d'accélérer l'inflation en Algérie via l'inflation mondiale puisque l'Algérie importe environ 85% des besoins des entreprises publiques et privées dont le taux d'intégration ne dépasse pas 15%, proviennent de l'extérieur.
La quatrième raison est l'accroissement du déficit budgétaire qui, c'est une loi universelle applique à tous les pays, contribuant qui tend à accélérer le processus inflationniste qui après une accalmie tend à s'accélérer depuis juillet 2024, et par ricochet la valeur réelle du dinar: Pour la loi de 2024, le budget de l'Etat prévoit des dépenses à 15.275,28 milliards DA en 2024 et des recettes de 9.105,3 milliards de DA, soit un le déficit budgétaire d'environ 46 milliards de dollars. En effet, du fait de la baisse des recettes de Sonatrach par rapport à 2022, qui ont été de 60 milliards de dollars pour un cours moyen de 106 dollars le baril et 16 dollars le MBTU pour le gaz, avec une moyenne de 80 dollars pour l'année 2023 et 11/12 dollars le MBTU les recettes de Sonatrach ont été de 50 milliards de dollars et en incluant les exportations hors hydrocarbures -67% étant des dérivées d'hydrocarbures- d'environ 5 milliards de dollars en 2023 contre 7 en 2022, la recette totale d'exportation a été d'environ 55 milliards de dollars. Pour 2024 les recettes de Sonatrach devrait se situer si le baril qui a perdu plus de 10 dollars, les événements au Moyen-Orient n'ayant pas eu d 'impacts sur les bourses, étant coté malgré les tensions au Moyen-Orient le 02 octobre 2024 à 75,94 le Brent et 72,29 dollars le Wit ayant gagné presque 5 dollars, et s'il termine fin de l'année entre 70/72 dollars le baril et 30 dollars le mégawattheure pour le gaz à 30 dollars entre 44/45 milliards de dollars ce qui creuserait le déficit budgétaire si l'on maintient les dépense actuelles. Car pour l'Algérie, il faut d'une part pour assurer son équilibre budgétaire un cours du baril de plus de 140 dollars pour la loi de Finances 2023, plus de 150 pour celle de 2024 contre 110 pour celles de 2021/2022, le prix fiscal et le prix du marché contenu dans les lois de Finances 2023/2024 de 60/70 dollars étant simplement un artifice comptable et d'autre part, un taux de croissance de 8/9% par an sur plusieurs années pour pouvoir absorber le flux additionnel d'emploi d'environ 350.000/400.000/an qui s'ajoute au taux de chômage , estimé en 2023 par le FMI à 14%. La cinquième raison, est la dépréciation du dinar analysé précédemment ayant un impact sur le processus inflationniste, la reconvention de la valeur des biens importés se faisant à la douane avec un dinar dévalué, en plus des taxes, l'économie algérienne étant extériorisée, 85% des biens étant importés, le taux d'intégration en 2023, des entreprise publiques/privées ne dépassant pas 15%, sans compter les délits d'initiés (surfacturation) certains opérateurs publics et privés profitant de cet écart entre l'officiel et le marché parallèle. Cette dépréciation du dinar officiel permet d'augmenter artificiellement la fiscalité des hydrocarbures (reconversion des exportations d'hydrocarbures en dinars) et la fiscalité ordinaire (via les importations tant en dollars qu'en euros convertis en dinar dévalué), cette dernière accentuant l'inflation des produits importés (équipements), matières premières, biens, montant accentué par la taxe douanière s'appliquant à la valeur du dinar, supportée, en fin de parcours, par le consommateur comme un impôt indirect, l'entreprise ne pouvant supporter ces mesures que si elle améliore sa productivité.
La sixième raison, est l'importance de la sphère informelle. Pour la Banque d'Algérie dans sa note de conjoncture de février 2024 indique que la circulation fiduciaire hors banques représente 33,35% de la masse monétaire globale en Algérie, soit quelque 7395 milliards de dinars à fin septembre 2022, contre 6712 milliards de dinars à fin décembre 2021, au cours de 134 dinars un dollar 55,18 milliards de dollars, reflétant un état de sous-bancarisation où des entrepreneurs, gros commerçants, ménages et autres intermédiaires préfèrent le cash pour moins de traçabilité et surtout pour mieux échapper au fisc, alors que dans les pays développés les plus bancarisés, la part de la circulation fiduciaire ne dépasse guère les seuils de 4 à 5% de la masse monétaire globale. Le marché informel dans le commerce dominant fait que bon nombre de produits non subventionnées ont tendance à s'aligner sur le cours du marché parallèle. La finance islamique n'a pu drainer fin 2023 que moins de 8% du montant global de la sphère informelle, donc un résultat mitigé en n'oubliant jamais que tout agent économique, opérateur ou ménage guidé par la seule logique du profit, n'existant pas de nationalisme et de sentiments dans la pratique des affaires (voir Etude sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul, Institut Français des Relations internationales IFRI-Paris « les enjeux stratégiques de la sphère informelle» 2013, reproduite en synthèse réactualisée dans la revue Stratégie IMDEP du ministère de la Défense nationale, octobre 2019).
La septième raison ce sont les surfacturations. Selon les données du FMI, les entrées en devises entre 2000/2021 sont estimées, approximativement, autour de 1100 milliards de dollars avec une importation de biens et services de plus de 1050 milliards de dollars le solde étant les réserves de change. Une surfacturions entre 10% et 15% donnerait un transfert illicite de devises entre 100 et 150 milliards de dollars entre 2000/2020 – quel est le bilan 2022 à septembre 2024) placés dans l'achat de biens où de tierces personnes ayant la nationalité étrangère et dans des paradis fiscaux où il est difficile de les récupérer, où en plus avec les trafics aux frontières des marchandises subventionnées, qui se répercutent sur le prix final des biens, cela accroît le processus inflationniste. La directrice générale des Impôts le 4 avril 2023 a fait état de 6000 milliards de dinars d'impôts non recouvrés soit au cours de 137 dinars un dollar 43,79 milliards de dollars.
Quelle conclusion en tirer ? Le cadre macro- financier est relativement stable entre 2023/2024 grâce aux recettes des hydrocarbures. Selon les données gouvernementales, les réserves de change à fin 2023 sont estimées à 70 milliards de dollars, 83 avec les réserves d'or de 173 tonnes, volume stable depuis 2005, entre 9/10 milliards de dollars, selon les fluctuations erratiques du cours de l'or, et une dette extérieure inférieure à 1,6% du PIB. La dette publique est estimée à 49,5 % du PIB en 2023 (contre 48,1% du PIB en 2022), selon le gouvernement, alors que pour s'autres institutions internationales, ne prenant pas en compte le PIB réévalué d'environ 33% en 2023, incluant en incluant environ 33% de la sphère informelle, la dette publique brute est de 68,01% en 2021, 60,08% en 2022, 55,1% en 2023, avec des prévisions de 58,8% en 2024 et 36,9% en 2025. Devant cette situation le SMIG étant d'environ 20.000 dinars, soit au cours officiel 150 dollars/mois, moins de 100 euros selon le cours du marché noir, le PIB par tête d'habitant 5 300 dollars, mais voilant la concentration de la répartition du revenu par couches sociales et pour assurer un minimum de cohésion sociale, le gouvernement a consacré en 2023 environ 5 000 milliards de dinars aux transferts sociaux soit au cours de 134 dinars un dollar, 37,31 milliards de dollars. Mais des subventions non ciblées sont injustes, celui qui perçoit 200.000 dinars par mois bénéficiant au même titre que celui qui perçoit 200.000/300.000 dinars et plus il y eu en 2023 une augmentation de 4.470 dinars qui touche 2,8 millions de fonctionnaires et contractuels avec une incidence financière de 340 milliards de dinars, la masse salariale globale étant estimée à 4.629 milliards de dinars, soit 18,44 milliards de dollars, représentant 47,39% du budget de fonctionnement pour 2023. Il y a eu également y a eu l'exonération de l'IRG (Impôt sur le revenu global) de tous les salaires de moins de 30.000 dinars ayant bénéfice selon l'APS à 6,5 millions de citoyens. Outre l'allocation chômage, depuis sa mise en œuvre le 25 février 2022, a permis à de nombreux bénéficiaires de profiter d'un soutien financier à hauteur de 15 000 dinars mois, où le ministère du Travail (source APS) a fait état de 2 350 000 bénéficiaires en 2023, soit pour une population active d'environ 13 millions, un taux de chômage officiel à cette date, de 18%, l'Etat ayant alloué un budget de 457,47 milliards de dinars. Cependant, attention à la vision populiste : doubler les salaires sans contreparties productives entraînera une dérive inflationniste qui pénaliserait les couches les plus défavorisées, l'inflation jouant comme distributeur au profit des revenus spéculatifs Aussi, ces mesures conjoncturelles ne peuvent être que transitoire d'où l'urgence d'une planification stratégique par la relance économique 2024/2025/2030 conditionnée par la lutte contre le terrorisme bureaucratique qui étouffe les énergies créatrices. La structure des sociétés modernes s'est bâtie d'abord sur des valeurs et une morale, comme nous l'ont enseigné les grands penseurs dont le grand sociologue Ibn Khaldoun qui, dans son cycle des civilisations, montre clairement que lorsque l'immoralité atteint les dirigeants qui gouvernent la Cité c'est la décadence de toute société.
Abderrahmane Mebtoul,
Professeur des universités,
Expert international


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