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Taghit, la population invente le tourisme chez l'habitant
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 04 - 01 - 2011

Taghit, comme Timimoun il y a quelques années, est devenue une grande destination de séjour de fin d'année. L'hébergement reste à inventer. Le seul hôtel - public - a fermé pour travaux. La population locale aménage des gîtes dans le vieux Ksar et dans la nouvelle ville. Et les agences multiplient les bivouacs dans l'erg. Tout pour absorber un pic
de saison de plus en plus haut. De plus en plus problématique. Dans un quasi huis clos national.
C'est le dernier coucher de soleil de l'année. Et cela se voit à la couleur de la grande dune. Elle est noire de monde. Peut-être 500 personnes sur la longue crête ondulée qui cache derrière elle l'océanique grand erg occidental. Flashs, youyous. Emotions. A l'ouest, derrière la hamada qui borde l'oued Zousfana, le grand astre laisse une traînée éruptive sur son chevalet cosmique. La nuit tombe en lamelles rougeâtres. Il faut redescendre. Car le froid interstellaire se diffuse plus vite que la pénombre. Et avec lui le grand stress de Taghit : où héberger tous ces visiteurs ? D'année en année, «l'oasis enchanteresse de la Saoura»- 95 kilomètres au sud de Béchar- émerge comme la destination phare du réveillon du nouvel an au Sahara. Plus proche que Timimoun des villes «émettrices» du nord - Oran, Tlemcen, Alger, Tizi ouzou, en tête – Taghit est restée aussi plus homogène autour de son vieux Ksar, le plus vivant du sud ouest, et aussi le plus pittoresque.
Concert évènement et Marathon des dunes
La semaine a été animée. Le marathon des dunes, itinérant sur les villes du Sud, s'est posé entre Igli (60 km) et là. L'occasion de voir quelques touristes européens braver les «warning» sécuritaires et venir se mêler à la centaine de coureurs locaux. S'ils devaient être plus nombreux, les touristes étrangers feraient désordre. Une consigne bureaucratique étend la mesure d'escorte obligatoire pour les étrangers à cette paisible région du nord Saoura. «Cela nous gêne vraiment dans notre travail, d'avoir autour de nous des gendarmes armés et pressés de finir leur mission» se plaint le correspond local d'un voyagiste. L'autre évènement qui fait monter la tension à Taghit ce soir, est le concert de clôture de l'opération «Caravane Tour sur la route des Ksour», avec Amazigh Kateb en guest-star. Ce n'est pas un canular, le chanteur et ses musiciens ont bien été aperçus la veille, à Berrabi. C'est là, à 4 km du siège de la mairie de Taghit, que l'organisateur a trouvé un logement - pas chauffé - pour le séjour de ses illustres invités. La nouvelle se répand jusqu'à Béchar. Le réveillon à Taghit devient vendeur. La place en bus à partir de Béchar qui faisait 80 dinars passe à 300 dinars le vendredi après-midi. Les gendarmes auront du travail. Mais pas pour le tourisme saharien des étrangers.
L'hôtel ferme, les gîtes explosent
L'affluence est à son paroxysme ce vendredi 31 décembre. Bus des voyages organisés et voitures de particuliers témoignent de la grande diversité des provenances. Il faudra loger quelque 1500 touristes dans une Oasis qui compte à peine plus que le triple en habitants durant l'année. Management public à l'ancienne, l'hôtel de la ville est fermé depuis le 1er jour du ramadan dernier. Pour des travaux de 18 mois, qui n'ont toujours pas commencé à fin décembre. Pic de saison gratuitement perdu pour 120 lits en occupation double. C'est l'hôtel El Djazair qui, après une rénovation à succès avec le Kedada à Bou Sâada, tente d'étendre son label avec le bel hôtel de Taghit inauguré en 1972. Mal engagé. Cela fait le bonheur des familles entre Zaouïa Fougania et Zaouïa Tahtania, le bout de vallée de 15 km ou s'étend Taghit et ses villages satellites. Dans le Ksar, les vieilles maisons familiales abandonnées sont transformées en gîtes. «Il y avait deux maisons d'hôtes il y'a dix ans dans le Ksar. Il en existe 17 maintenant, si je ne compte pas la mienne que j'ai arrêtée ces jours-ci car je veux me concentrer sur mon travail d'animateur culturel ; et puis je ne veux pas être associé à tout ce qui se fait un peu n'importe comment dans l'hébergement. Héberger les touristes est un vrai métier qui nécessite du temps et des moyens» explique Tayeb, guide éco-touristique connu sur la place.
1000 dinars par tête par nuit
Le réveillon à Taghit est une grande bourse d'hébergement chez l'habitant. 1000 dinars par personne la nuit dans une chambre qu'il faut combler. Comme un taxi à places de grande ligne. Il n'est pas rare de croiser à l'entrée du Ksar des familles au bord de la crise de nerfs. L'accueil sur site en mode «entassé» est un traumatisme, après le stress de la RN 6, le long ruban de goudron qui amène du nord vers Bechar. La carte postale de Taghit se brouille dans les sanitaires collectifs : «les habitants font ce qu'ils peuvent pour rendre leur gîte confortable. Mais dans le Ksar, la plupart des maisons n'ont pas de branchement sur le réseau d'assainissements» explique un propriétaire de maison traditionnelle. La parade dans ce cas est de multiplier les bivouacs dans l'erg. Un produit magique par temps clément. La voute céleste enveloppe le campement, et le silence des lieux est messianique. Mais le froid peut tout aussi transformer l'expérience spirituelle en supplice religieux. La température nocturne a frôlé plusieurs fois le zéro durant la semaine. Des nombreux organisateurs ont été pris au dépourvu et leur relation avec leur client s'en sont ressentis. La coupe sauvage de bois de feu dans les palmeraies a proliféré. Les aides publiques à la rénovation du Ksar arrivent au compte-gouttes. Les séjours de visiteurs sont encore trop irréguliers. « Je ne peux pas m'avancer dans de grandes dépenses en pour une maison d'hôtes aux normes si je ne suis pas associé avec un tour opérateur qui me garantit des groupes de voyages sur toute la saison touristique» explique le propriétaire de maison dans le Ksar. La solution populaire de l'hébergement de fortune à Taghit a encore quelques années devant elle.
Le séjour résidentiel, une autre piste
En dehors de son pic de fin d'année Taghit propose le maoussem du Mawlid Ennabaoui, célébré avec faste dans la Saoura et dans le Gourara, et aussi un bout de saison estival pour la thérapie de l'arthrose par l'enfouissement dans le sable chaud. En fait, d'octobre à avril, le séjour y est à tout temps réparateur pour les anxieux de la grande ville. En attendant l'arrivée des investissements en hôtellerie promis par le ministre du Tourisme, l'option d'un investissement en résidentiel se précise sous la grande dune prêtresse des lieux. A Bordj Taghit, au sommet du Ksar, une association d'Algériens répartis entre diaspora et Alger a pris en concession l'ancien hôtel Transat devenu, avec son fameux salon panoramique sur l'erg, mess des officiers français durant la guerre de libération. La chambre double y est à 5000 dinars la nuit, un peu plus cher que l'hôtel Taghit quand il était ouvert, mais le standing est comparable à ce qui se fait dans les oasis voisines du Tafilelt et dans l'Anti Atlas Marocain.
Le bordj propose des formules à l'année tout intégré : visites culturelles, bivouacs nocturnes, méharées, virée en quads, buggys ou motos, soirées musicales. Les clients - socialement plutôt aisés - reviennent souvent… et pensent alors à acheter une maison traditionnelle dans le Ksar. Un couple d'algériens installés à Toulouse a franchit le pas il y'a deux ans et a confié la réfection des lieux à Madjid l'artisan le plus couru du Ksar. Le résultat est entraînant. D'autres ont entamé les démarches pour devenir acquéreur - souvent selon l'ancien système sans actes dit du «ourfi» - d'une maison dans le Ksar. Taghit a un avenir dans le résidentiel. Il lui reste à trouver une solution pour accueillir encore plus de visiteurs en décembre 2011. Car à la fin, malgré les 18 heures de bus d'Alger, le feu de camp qui s'éteint trop tôt dans la nuit glaciale, et l'appareil photo qui «disparaît» dans le fatras de l'hébergement collectif, tout le monde promet de revenir avec un groupe plus grand.


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