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Sonatrach : Les terribles effets de la non gestion
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 30 - 06 - 2015

Corruption et mauvaise gestion sont inséparables. Elles ont fait de Sonatrach une vache à lait à l'international.
Sonatrach n'est pas, seulement, une entreprise mal gérée. C'est aussi une formidable vache à lait pour les Algériens qui la partagent, généreusement, avec les partenaires étrangers. Il ne s'agit pas, seulement, des trafics aux frontières qui offrent à bas prix du carburant importé par Sonatrach, mais aussi de riches compagnies occidentales qui y ont découvert un filon exceptionnel pour gagner de l'argent, sans trop d'efforts. Il leur suffit d'un minimum d'intelligence pour lui extorquer des sommes faramineuses par le biais des procédures d'arbitrage que la compagnie algérienne gère d'une manière qui frise l'inconscience, et soulève de sérieuses interrogations, sur les motivations des uns et des autres.
L'Italien Saïpem est en train de le prouver, en lançant une série de procédures d'arbitrage sur des contrats, en Algérie, alors que le doute plane, encore, sur la manière dont ces contrats ont été remportés. Saïpem est une filiale de l'ENI, le géant italien accusé d'avoir versé des commissions faramineuses à l'ancien ministre de l'Energie Chakib Khelil, pour obtenir des contrats d'une valeur de près de onze milliards de dollars.
La justice italienne a révélé qu'il y a eu une commission prouvée, de près de 200 millions de dollars, versée par le biais de Farid Bedjaoui, neveu de l'ancien ministre des Affaires étrangères Mohamed Bedjaoui et proche de Chakib Khelil. Un économiste algérien estime que les contrats conclus avec Saïpem «portent, probablement, des surcoûts d'au moins dix pour cent », soit près d'un milliard de dollars, au bas mot, « probablement deux ou trois milliards ». Cela n'a pas empêché Saïpem d'engager plusieurs procédures d'arbitrage pour réclamer, encore, plus d'argent.
Selon des informations, rendues publiques, cette semaine, Saïpem a engagé une procédure sur un contrat concernant le champ gazier de Menzel Ledjmet, près de Hassi Messaoud. D'obscures histoires d'avenants et de modification du contenu du contrat ont poussé Saïpem à réclamer 580 millions de dollars supplémentaires. Sonatrach avait été informée du recours de Saïpem, en janvier 2014, mais elle a gardé le secret. On ne révèle pas un scandale à la veille d'une élection présidentielle contestée.
NON GEREE OU MAL GEREE ?
Saïpem a, également, engagé une procédure d'arbitrage international concernant le contrat dit LPG. Elle demande des dédommagements s'élevant à 171 millions de dollars. Ce qui montre que la compagnie italienne ne se sent ni coupable ni en position de faiblesse, malgré les scandales entourant sa présence, en Algérie. Elle attaque encore, du moment qu'en face, c'est le vide.
Il faut dire qu'à la tête de Sonatrach, personne ne peut faire face. Mohamed Meziane piquait dans la caisse avec femme et enfants, selon les accusations portées contre lui, lors du procès Sonatrach. Il a reconnu que le vrai pouvoir était entre les mains de Réda Hemch, un proche de Chakib Khelil qui officiait comme directeur de cabinet, à Sonatrach. Abdelhamid Zerguine, qui lui a succédé, a toujours été fragilisé, au point d'apparaître comme un simple faire-valoir, pendant les trois années, durant lesquelles il a dirigé la compagnie. Son successeur, Saïd Sahraoui, était dans une posture encore plus grave. Il est resté intérimaire jusqu'à son départ, pendant un peu moins d'une année. Il ne pouvait donc décider de rien, dans une période marquée par la chute des prix du pétrole, la contestation sur le gaz de schiste et les innombrables contentieux qui s'accumulaient.
Que pouvait, dans le contexte algérien, Saïd Sahraoui face au contrat Technip ? Rien. Il avait la possibilité de démissionner, ou mieux encore, de ne pas accepter le poste, dès le départ, la seule attitude digne, car il n'avait pas la marge pour décider, au cas où il le voudrait. Dans tous ces contrats, il y a suspicion. Remettre en cause un contrat, c'est risquer de piétiner la plate-bande d'un ponte du régime qui a, peut-être, touché une commission.
LE PRECEDENT ANADARKO
Ce n'est qu'avec le nouveau P-DG que la compagnie a pu, enfin, résilier le contrat avec le français Technip, portant sur la rénovation et l'agrandissement de la raffinerie de Baraki, près d'Alger. Le contrat d'un milliard de dollars, accordé à l'entreprise française, a connu plusieurs années de retard. Pendant ce temps, l'Algérie est condamnée à continuer d'importer du carburant. Et l'aventure n'est pas finie. Un spécialiste consulté par ‘Le Quotidien d'Oran' estime que Technip peut être tentée par un arbitrage. A moins que le nouveau patron de Sonatrach n'ait apporté du nouveau avec lui, la compagnie n'est pas outillée pour défendre, au mieux, ses intérêts. Pourtant, tout laisse penser qu'elle est dans son droit dans le conflit avec Technip, car le partenaire français a, probablement, sous-estimé la consistance des travaux pour décrocher le contrat, avant de se retrouver face à des difficultés insurmontables.
Etre dans son bon droit ne suffit, cependant, pas à gagner le procès, car les intérêts de Sonatrach sont trop mal défendus. La compagnie n'est pas organisée pour faire face à ce genre de situation. Comme toutes les institutions du pays, les centres de pouvoir ne sont pas identifiés, et personne n'est comptable de ce qu'il fait. De plus, le précédent Anadarko est là pour prouver la duplicité de la partie algérienne dans ces affaires. Un conflit avec la compagnie Anadarko, du temps de Chakib Khelil, a provoqué un incroyable gâchis, lorsque Sonatrach a été condamnée à payer 5.9 milliards de dollars. Une telle erreur de gestion aurait abouti à un immense scandale, dans n'importe quel pays du monde. Ceci au cas où il serait, effectivement, question d'une erreur de gestion. Car la suite a montré qu'avec Chakib Khelil, rien n'est impossible. Le doute est, aujourd'hui, légitime : rien ne prouve que l'issue du conflit avec Anadarko n'a pas été délibérément orientée vers cette solution. Ce qui montre que sous la mauvaise gestion, pointent souvent, pour ne pas dire systématiquement, des affaires de la corruption.


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