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Le ministre des Travaux publics à Oran : Le péage, les retards et «l'affaire» Coojal
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 05 - 09 - 2015

La chaleur d'accueil et le beau décor déployé par les Turcs au point d'amorce du chantier de la pénétrante du port d'Oran n'ont eu aucun effet : le ministre des Travaux publics a fait une terrible fixation sur la question du retard. «L'Algérie est un beau pays. Vous pouvez y rester autant que vous voulez. Mais le délai, c'est le délai», a-t-il asséné au patron de Makyol.
Visiblement, ce n'était pas tant cet opérateur turc en soi qu'Abdelkader Ouali -à la tête du secteur des TP depuis trois mois et demi- visait, avant-hier jeudi, à travers son message critique, mais plutôt tous les partenaires étrangers -et ils sont légion a priori- qui «ne font pas montre du même sérieux en Algérie qu'ailleurs», pour reprendre le ministre. «On veut que vous fassiez les choses ici de la même façon que vous les faites chez vous. Ni plus ni moins. Votre réputation vous a précédés.
Elle est pour beaucoup dans le choix porté sur vous pour réaliser ce projet. Alors soyez à la hauteur de notre confiance !», a exhorté M. Ouali. En fait, le ministre parle à juste titre de «choix» et non de «sélection».
Il faut savoir que Makyol n'a pas eu ce marché de 48 milliards de DA rien que pour la 1ère section de 8,41 km sur un linéaire total de 26 km par voie d'appel d'offres mettant en concurrence plusieurs soumissionnaires, mais par un simple gré à gré. C'était évidemment une décision d'en haut, un choix gouvernemental officialisé par une signature du Premier ministre pour ce projet dit «d'envergure nationale». Le reste n'était que de menus détails : par exemple, pour régler l'entorse à la loi que posait alors l'acte de (vouloir) confier un marché public par gré à gré à une entreprise étrangère (la turque Makyol dans le cas d'espèce) on a eu recours à cette astuce : monter de toutes pièces un groupement mixte algéro-turc de droit algérien en faisant associer Makyol et Engoa (Société nationale des ouvrages d'art) et on est ainsi en conformité avec la réglementation puisque, après ce petit correctif, le gré à gré est opéré sur une société nationale publique.
Mais que reproche-t-on exactement à Makyol dans ce projet de liaison autoroutière reliant le port d'Oran (et sa ville par effet d'entraînement) à l'autoroute Est-Ouest, à hauteur de la bretelle d'El-Kerma ? Le retard, s'empresse-t-on à répondre à la lumière des griefs formulés lors de la présentation de ce chantier, un des 15 points du programme de la visite de travail et d'inspection du ministre des TP à la wilaya d'Oran. Mais «retard» est un mot vague. Or, le ministre est venu à Oran avec l'intime conviction, mais la certitude des faits avérés surtout, que les Turcs avaient une «grosse part de responsabilité» dans les 10 mois de retard accusé dans le planning des travaux, qui ont démarré le 6 novembre 2014. De visu, depuis l'ODS, c'est à peine si le chantier arrive à s'installer, abstraction faite de la préfabrication sur place de quelques éléments en béton armé et quelques manœuvres à coups de brise-roche pour mettre à plat l'escarpement rocheux.
LE RETARD DE 10 MOIS INCOMBE AUX TURCS
Certes, le dispositif mis en place est impressionnant, mais sans aucune avancée physique de cette infrastructure au profil autoroutier 2 fois trois voies, comprenant ouvrages de protection, tranchée couverte, viaducs, échangeurs, ouvrages hydrauliques, passages supérieurs, murs en béton ou en terre armée. Le tableau de bord présenté par l'Agence nationale des autoroutes (ANA), maître d'ouvrage délégué, au lieu de présenter succinctement le taux d'avancement de chaque lot, se déclinait sous forme d'une matrice surchargée de chiffres quantitatifs et de pourcentages qui ne donnaient aucune visibilité sur l'état d'évolution. «Alors soit on essaye de nous vendre (la situation d'avancement, ndlr) un chantier en gros, soit on tente de nous le vendre en détail du détail. Là vous m'inondez de chiffres superflus et qui ne veulent rien dire. Ça obscurcit le situation au lieu de l'éclaircir», a interrompu M. Ouali le présentateur.
Le ministre a incombé une bonne part de responsabilité de la lenteur du rythme de Makyol au fait que ses experts ne soient pas présents ici en Algérie pour se mettre en contact direct avec le chantier, ce qui donne lieu à des va-et-vient qui ralentissent la cadence. «Vous devez revoir de fond en comble votre organisation. Dorénavant, je veux voir vos experts ici présents».
Le Bureau de contrôle et de suivi (BCS) algéro-espagnol CPS Ingenicros-Setor, lui non plus n'est pas exempt de tout reproche. «On ne vous paie pas pour faire le constat. Vous êtes tout autant responsable du respect du délai contractuel (30 mois, ndlr)».
UN EXAMEN D'EPREUVE AVANT L'ODS DE DEMARRAGE
Cette responsabilisation des BCS par rapport au délai à travers leur implication dans le processus d'exécution, nouvelle règle du jeu notifiée par le ministre à travers tous les chantiers supervisés (le 5e périphérique, l'extension du terminal à conteneurs du port d'Oran, rempiètement des quais de Conakry et de Sénégal…), sonnera-t-elle le glas de la complaisance -voire la complicité- qui n'est plus un secret de Polichinelle dans les relations qui gèrent le couple «exécutant-contrôleur» ? Tout dépend de l'application effective de la pénalisation du BCS en cas de dépassement des délais, sachant que l'auteur principal, l'entreprise de réalisation elle-même, ne rend pas des comptes, à quelques rares exceptions, surtout si elles sont étrangères, où les canaux diplomatiques et les groupes d'intérêt s'en mêlent souvent pour arranger les choses à peu de frais.
Un garde-fou introduit par le département de M. Ouali pour «faire respecter la qualité, la célérité et le délai sur les chantier de TP» : l'ODS de démarrage des travaux ne sera pas notifié à l'entreprise retenue pour le marché ainsi que l'avance forfaitaire (versement d'acomptes et/ou d'avances pour le contractant) ne sera versée qu'après un temps d'épreuve où l'administration doit s'assurer sur le terrain que l'entreprise va déployer effectivement les moyens humains et matériels requis. «L'entreprise devra, avant la notification du marché, démontrer qu'elle est en mesure d'engager les moyens requis par le projet. Faute de quoi, elle sera disqualifiée. On préfère perdre deux mois avant le lancement du chantier que de subir des tâtonnements infinis par la suite. C'est aux entreprises d'adapter leurs moyens au délai du projet, et non celui-ci de s'adapter à la disponibilité en moyens de réalisation», a insisté le ministre, au moment où il remarquait le déphasage de la partie ouvrage d'art par rapport à la partie route au niveau du projet de la 2ème rocade d'Oran. «Je vois que la logique est inversée. Normalement c'est l'ouvrage d'art qui doit attendre la route, et non l'inverse», a-t-il commenté.
PEAGE : LES PREPARATIFS ADMINISTRATIFS ET TECHNIQUES
Par ailleurs et lors d'un point de presse, le ministre est revenu sur la prochaine fusion de l'Agence nationale des autoroutes (ANA) et de l'Algérienne de gestion des autoroutes (AGA) en une seule entité qui sera chargée et de la réalisation et de la gestion et l'exploitation, et ce, dans la perspective de la programmation du système du péage. Il a souligné que les démarches effectuées pour la programmation de l'opération de péage se déroulent dans de bonnes conditions et seront validées prochainement. Le ministre a insisté sur la nécessité de préparer l'ensemble des infrastructures et installations d'accompagnement avant la mise en service des futurs postes de péage. Ces installations, a-t-il expliqué, seront équipées en moyens selon les standards internationaux, en termes de sécurité et de prestations de service, en plus des moyens de repos au profit des usagers de la route. Des caméras de surveillance et autres équipements technologiques seront installés le long de l'autoroute Est-Ouest pour faciliter les opérations d'intervention des différents corps et services concernés, en plus des unités de surveillance et d'intervention relevant des travaux publics, en charge de la maintenance rapide du réseau routier, a ajouté le ministre.
Il a indiqué que la moitié des revenus de cette nouvelle agence des autoroutes sera destinée, entre autres, à la maintenance, à la rénovation et au développement de ses infrastructures et équipements. L'autre moitié des recettes sera destinée à rembourser les crédits octroyés par les banques. Pour rappel, son prédécesseur à la tête du secteur, Abdelkader Kadi, avait déclaré début avril 2015 que les premiers centres de péage de l'autoroute Est-Ouest seront réceptionnés en février 2016.
CONTENTIEUX AVEC COJAAL : AFFAIRE DE QUELQUES SEMAINES
En réponse à une question relative au contentieux opposant son département au consortium japonais Cojaal, chargé de réaliser le tronçon de l'autoroute Est-Ouest d'une longueur de 399 km, reliant trois wilayas de l'est du pays (Constantine, Annaba et El-Tarf), le ministre a indiqué : «(…) ce qui est sûr c'est que nous allons trouver des solutions dans quelques semaines. Quelles que soient les solutions mises en place, nous allons achever ce qui rester à réaliser». Le ministre a fait savoir qu'il a (depuis son installation à la tête du département ministériel à la mi-mai 2015, ndlr) présidé quatre séances de négociations avec Cojaal, «qui a pris acte de nos revendications et a à son tour expliqué son point de vue», ajoutant que «les discussions entre les deux parties se poursuivent pour trouver des solutions techniques et financières adaptées». Pour rappel, le processus de résiliation du contrat entre Cojaal et l'ANA avait été entamé en juin 2014 à la suite d'une mise en demeure adressée par l'ANA au consortium japonais, le sommant de poursuivre sous huitaine les travaux du marché d'application n°3, ayant trait à un tunnel notamment.


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