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Tebboune réunit le Haut Conseil de Sécurité: Vigilance accrue à la frontière avec la Libye
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 28 - 12 - 2019

La réunion du Haut Conseil de Sécurité donne l'alerte à une bataille pour la prise de Tripoli par Haftar et à une guerre que la Turquie a décidé de déclarer contre lui et dont les effets pourraient dévaster l'Algérie et la Tunisie. «Si Tripoli tombe, Tunis et Alger tomberont à leur tour,» a déclaré le ministre de l'Intérieur libyen à partir de Tunis.
Présidé par Abdelmadjid Tebboune, «le Haut Conseil de Sécurité a examiné la situation dans la région, notamment au niveau des frontières avec la Libye et le Mali», a souligné un communiqué de la présidence de la République. La même source a affirmé que «le Haut Conseil de Sécurité a décidé d'une batterie de mesures à prendre pour la protection de nos frontières et notre territoire national et la redynamisation du rôle de l'Algérie au plan international, particulièrement en ce qui concerne ces deux dossiers, et de manière générale dans le Sahel, la région saharienne et l'Afrique. «Le président de la République a décidé de réunir le Haut Conseil de Sécurité de manière périodique et chaque fois que nécessaire,» conclut le communiqué. La réunion est indéniablement placée sous le sceau d'une urgence imminente, celle de la précipitation et de la dangerosité des événements en Libye. La visite éclair du président turc en Tunisie, mercredi 25 décembre, qu'on dit préparée par Ennahdha de Ghanouchi, en a sonné le glas. En effet, tenue au secret absolu, cette visite bouleverse toutes les donnes militaro-politico- sécuritaires en Libye mais aussi dans toute la région. Elle a pris de court tout le monde en Tunisie, ailleurs et aussi en Algérie. Erdogan s'est rendu à Tunis accompagné de son ministre des Affaires étrangères mais surtout de son ministre de la Défense, du chef du Renseignement et de ses conseillers militaires et politiques.
La composante guerrière de la délégation ne nécessite pas d'explication. Elle est le présage de l'intervention militaire de l'armée turque sur les territoires libyens. D'ailleurs, Erdogan ne s'en est pas caché. Il a juste précisé que le parlement turc va lui donner l'aval institutionnel « légal » le 6 ou 8 mars prochain. Un aval qu'il a déjà, au regard de la majorité parlementaire constituée de l'AKP, parti de la justice et du développement qu'il préside. Le 20 décembre dernier, le président du gouvernement libyen d'Union nationale, Faiez Essaradj a demandé aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, à l'Italie et à l'Algérie de l'aider à empêcher Khalifa Haftar de prendre Tripoli. Lancée depuis le 4 avril dernier à partir de l'est du pays, l'offensive du maréchal de faire tomber la capitale libyenne prend des dimensions effrayantes.
Haftar prépare la prise de Tripoli
Formaté et embrigadé par les Etats-Unis, intronisé en mai 2016 commandant en chef de l'armée nationale libyenne, armé, soutenu et encouragé par la France, la Russie, l'Egypte, l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, Haftar bombarde les territoires libyens qui lui sont hostiles avec l'aide, entre autres, de nombreuses milices, des mercenaires russes (dont la fin du mandat intervient le 4 janvier 2020) et même des troupes militaires soudanaises. Il a effectué des raids militaires sur Tripoli, le 12 décembre dernier.
Il prévoit sa prise « dans deux semaines». D'où la décision d'Erdogan de faire vite en allant chez Kaïs Saïed pour le convaincre de s'allier à lui et par là entraîner l'Algérie. Peu avant, il avait proposé la création d'une coalition économique et politique entre son pays, la Libye, la Tunisie et l'Algérie. La Turquie veut intervenir militairement en Libye à la demande du président du gouvernement d'Union nationale libyen, Faiez Essaradj, qui n'a vraisemblablement toujours pas reçu de réponse des pays qu'il a sollicités à cet effet, le 20 décembre dernier. Il le lui a demandé en sachant pertinemment qu'il mettra dans l'embarras et c'est ce qu'il veut - l'Arabie Saoudite, l'Egypte et les EAU qui sont en guerre contre le courant islamo-conservateur dont Erdogan fait partie. Essaredj avait lancé le 26 septembre dernier devant l'AG des Nations unies que : «il est inadmissible que d'autres pays continuent à s'immiscer en Libye comme les Emirats Arabes Unis qui relaient les discours de Haftar, la France dont les missiles ont été découverts par ses troupes et l'Egypte qui nous donne des leçons.» Le président turc a déclaré à Tunis que « nous avons discuté des moyens de coopérer pour parvenir à un cessez-le-feu en Libye, dans le cadre de la relance du processus politique.» Il a noté en outre que «l'impact des développements négatifs en Libye ne se limite pas à ce pays, mais touche aussi les pays voisins, à leur tête la Tunisie.» Le juriste Kais Saied subissait ce jour-là sa première grande épreuve depuis qu'il a été intronisé président de la Tunisie, le 23 octobre dernier. Il a, d'ailleurs, été obligé de rebondir sur le communiqué laconique publié par le palais de Carthage à propos de la visite d'Erdogan pour souligner que «la Tunisie n'acceptera jamais d'être membre d'une quelconque coalition (...) et n'acceptera jamais qu'une seule parcelle de son territoire soit sous une autre protection que celle de sa souveraineté nationale.» C'est probablement une réponse à la demande d'Erdogan de créer une base militaire en Tunisie pour que ses troupes et ses missiles puissent atteindre la Libye.
«Si Tripoli tombe, Tunis et Alger tomberont à leur tour»
Le bruit de bottes en provenance de la Libye se fait fort et menaçant. Le ministre de l'Intérieur du gouvernement libyen d'Union nationale a prévenu que «si Tripoli tombe, Tunis et Alger tomberont à leur tour.» Fathi Bachagha animait, jeudi 26 décembre, une conférence de presse à Tunis pour, en outre, souligner à propos de la guerre en Libye qu'« il s'agit d'une tentative de semer l'anarchie dans la région et de faire ainsi main basse sur l'Afrique du Nord ». Il a fait part d'une coopération importante entre la Libye, la Tunisie et l'Algérie. Coopération à propos de laquelle, il a déclaré que « nous serons dans une même alliance, de manière à servir nos peuples et notre stabilité et construire une coopération économique sur la base de la coopération politique et sécuritaire». Il estime que si le gouvernement incarné à l'Ouest (Tripoli) par Essaradj tombe, ce sont toutes les institutions libyennes qui seront défaites. L'on note qu'il existe en Libye à l'instar du Gouvernement d'Union nationale appelé aussi Conseil présidentiel, le Conseil d'Etat et le Parlement. Encore que Esseradj est jugé illégitime depuis que le mandat du Conseil présidentiel est arrivé à terme en 2017. Le ministre libyen de l'Intérieur approuve l'éventuelle intervention militaire de la Turquie en Libye et affirme que la visite d'Erdogan, en Tunisie, n'a rien d'une ingérence dans les affaires libyennes. Il a soutenu ses propos en se référant aux accords signés, en novembre dernier, entre le Gouvernement d'Union nationale et la Turquie. Le premier, contesté par des pays européens comme la Grèce, délimite les frontières maritimes de la Méditerranée orientale et le second cadre la coopération sécuritaire et militaire entre la Turquie et la Libye précisément entre leurs armées respectives pour qu'elles coordonnent leurs actions sur le terrain des affrontements dès que les troupes militaires turques prennent position en Libye. Les analystes affirment que les conseillers militaires et sécuritaires d'Erdogan sont, depuis quelques jours, en Libye pour « coaliser» les deux armées en prévision d‘interventions terrestres, navales et aériennes collectives aux fins de neutraliser Haftar et ses troupes. Entre autres déclarations, Bachagah a fait part de «la difficulté d'organiser début 2020 la Conférence de Berlin sur la crise libyenne». Conférence à laquelle il veut que les pays frontaliers de la Libye assistent.
« L'Algérie est la première concernée par le règlement de la crise libyenne»
Interrogé à ce sujet, il y a quelques semaines, l'ambassadeur d'Allemagne en Algérie, Mme Ulrike Maria Knotz a déclaré que « le dit processus de Berlin vise à aider le représentant spécial des Nations unies pour la Libye, Dr. Ghassan Salame, à créer les conditions-cadres adéquates pour un processus politique inter-libyen, sous la médiation de l'ONU. Ceci est l'objectif d'une conférence internationale, qui doit avoir lieu le plus tôt possible, à condition que des progrès suffisants en termes de substance, soient réalisés. Jusqu'à présent, aucune date n'a été fixée pour la conférence. Je ne peux donc pas confirmer que l'Algérie et la Tunisie ne sont pas invitées, puisqu'aucune invitation à cette conférence n'a été encore émise. Il y a eu des discussions préliminaires dans le cadre des préparatifs d'une éventuelle conférence, tant bilatérale que multilatérale, également avec l'Algérie et la Tunisie. Ces entretiens ont clairement montré qu'il existe encore des positions très différentes au sein de la communauté internationale, à l'égard de la Libye. Pour cette raison, je ne peux commenter, à l'heure actuelle, le contenu ni les formats des participants de ces entretiens préparatoires. Cependant, ce que je peux vous dire, c'est que l'Allemagne est consciente de l'importance de l'Algérie dans le dossier libyen et respecte cela».
Dans le discours qu'il a prononcé le 12 décembre dernier à l'occasion de sa prestation de serment, le chef de l'Etat a rappelé cette réalité. «L'Algérie est la première à être concernée par le règlement de la crise libyenne, qu'on le veuille ou non,» a-t-il déclaré en avertissant qu'«elle n'acceptera jamais d'en être écartée ou exclue.»
Dans le communiqué de la réunion du Haut Conseil de Sécurité, Tebboune a esquissé une réponse aux doléances d'Essaradj. L'Algérie a toujours refusé de faire intervenir son armée en dehors de ses frontières. Elle refuse aussi de nettoyer ce que les puissants atlantistes ont largué comme armements en Libye. Longues de 982 km, les frontières entre l'Algérie et la Libye connaîtront de nouveaux (re) déploiements des troupes armées. Alger n'aura de cesse de lutter contre l'ingérence étrangère dans les affaires internes des pays. Elle brandit les mêmes principes face à la guerre dans la bande sahélo-sahelienne.


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