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Réflexion sur les traces de Houari Boumediene
Publié dans Réflexion le 29 - 12 - 2011

Un homme méconnu chez lui ne pourrait être reconnu chez d'autres à moins d'un miracle. Avant Boumediene notre histoire enchevêtrée, malmenée et brutalisée n'a pas pu ou pas su prendre en charge d'illustres personnages. Sont passés avant lui Apulée, Ibn Khaldoun, Fatma Tazoughert ou tout près de nous Messali Hadj, Radjef Belkacem, un membre fondateur de l'Etoile nord Africaine et Malek Bennabi ce penseur devenu une référence pour ceux qui aiment penser et réfléchir.
Aller de Mostaganem à Guelma n'est pas chose aisée quand on emprunte une autoroute Est-Ouest flambant neuve où les surprises sont innombrables. Chiens errants, marchands ambulants, contenants de plastic et de verre vides, pneus usés et déviations inopinées sont monnaies courantes sur notre fierté en ce début de siècle. D'un trait jusqu'à El Eulma où l'on doit se restaurer et se ravitailler en carburant. De Constantine à Guelma, il ne nous reste plus que 120 kilomètres à parcourir. Mais, il fait déjà nuit et nous nous perdons dans les dédales de Constantine pour avoir voulu jeter un coup d'œil sur la ville des ponts. La route vers Annaba est plus fréquentée, avons-nous appris, mais plus encombrée. Près de 160 kilomètres séparent Constantine de cette ville côtière. Rien n'y fait, la décision est prise de passer par Annaba. Le tronçon d'autoroute Constantine et au delà semble voler dans les airs. Il se fait doucement, mais surement, avec une multitude d'ouvrages d'art dont des ponts qui paraissent dans la vallée comme sortis de terre. Toumiette, Les Frères Souissi, Djouad Tahar, Menzel El Abtal, Aïn Charchar, Hadjar Essoud, Berrahal, Ouled Zied, quelques lieux-dits et voilà Annaba. Le cours de la Révolution grouille de monde, malgré l'heure tardive. Nous sommes au cœur de la ville qui fut capitale des Vandales. Les Annabis sont fiers de leur Cours. Une longue place où se côtoient l'hôtel de ville, le théâtre, les librairies, les cafés et des arcades infinies.
Annaba-Guelma, cap sud-sud-ouest. Septembre tire à sa fin et au vu de l'abondant trafic routier, les vacanciers guelmois commencent à déserter les plages de Skikda, La Calle et Annaba. Nous bifurquons vers le centre de la ville d'Héliopolis. Il ne nous reste plus que 5 kilomètres pour atteindre Guelma. Nous demandons au premier venu, un quadragénaire, la maison de feu Houari Boumediene. Il nous fit savoir que c'est à Aïn Hassaïnia qu'il faut chercher la chose. Quelqu'un, très sûr de lui, nous indique qu'Aïn Hassaïnia est à l'est du chef-lieu de wilaya. Ce qui ne nous convainc pas, car nous étions sûrs que le défunt président est originaire de l'ouest de Guelma, selon une source sure. Nous atteignons Guelma qui vit au rythme de la rentrée scolaire. Une belle ville où il est aussi strictement interdit de photographier. Et c'est immobilisés au niveau d'un barrage de police à l'est de la ville pendant près d'une heure que l'on nous le prouva. Nous venions de prendre en photo un monument et quelqu'un de zélé a signalé notre véhicule. Les jeunes policiers sont confus et s'excusent pour le désagrément. Un soleil de plomb chauffe à blanc la tôle du véhicule à l'arrêt et nous dûmes descendre, le temps que le chef, arrivé en trombe, nous dévisagea avant de s'en aller confondu en excuses. Imaginez la scène à Tlemcen, Alger ou Oran. Certainement, s'agit-il d'une note mal interprétée.
Soit-dit que la région de Guelma est bien connue pour ses eaux thermales de Hammam Debagh -, appelé aussi Hammam Meskhoutine -, Hammam N'baïls Hammam Ouled Ali, Hammam Belhachani, Aïn Ben Nadji, Aïn Chedakha, Aïn Echffa. Mais aussi dans une moindre mesure pour les dolmens de Roknia, ses vestiges antiques de Thibilis, le théâtre romain de Guelma et la piscine d'Héliopolis. Ici, les citoyens de la wilaya de Guelma vous disent d'emblée qu'ils sont marginalisés à cause du personnage le plus important qu'a connu de l'Algérie indépendante : Boukharrouba Mohamed, alias Houari Boumediene. « Moustache » que l'appellent certains.
Nous dépassons Salah Salah Salah et grimpons à la recherche de Kharrouba, cette fois-ci. C'est là qu'est né Houari Boumediene et c'est de là aussi que sa famille tire patronyme de Boukharrouba. Une fausse piste. Loin s'en faut. Nous avons roulé pendant des heures sur plus de 1200 kilomètres depuis Mostaganem et nous ne sommes pas au bout de nos peines. Ni Kharrouba ni maison ni gourbi ni êtres humains. Houari Boumediene est né bien plus loin. A plus de 1000 mètres d'altitude, l'air est frais certes, mais l'aide n'arrive toujours pas là où nous débouchons sur un croisement de chemins sans aucune plaque de signalisation. Un tracteur toussotant, avec quelques passagers sur les garde-boues dont une fillette escalade la pente raide serpentée. Nous sommes sauvés. M. Litim et sa fille de dix ans prennent place avec nous. Pas très content de notre mésaventure, ce bon père nous de famille nous fit virer vers le nord. Vers Hammam Dedagh – Hammam Meskhoutine sur les cartes postales – que nous venions de quitter, il y a juste deux heures. Et confiants, nous lui accordâmes une faveur : une halte tout près de chez lui. Il voulait nous faire visiter Bir Benosmane. Un lac souterrain que les spéléologues n'ont pas encore bien exploré et dont une galerie parmi les trois recensées s'étend sur pas moins 120 mètres. Et de là, où mènera M. Litim ? Ben, chez lui. Quelques gorgées d'eau et nous voilà sur la route. Nous sommes tout près d'un lieu funéraire où sont érigés près de 7000 dolmens. Cette fois-ci, nous sommes sûrs d'être sur le bon chemin. De chez lui, M. Litim, nous montra une colline au delà de Roknia. C'est vers l'est cette fois-ci que nous devons nous orienter après un coup d'œil sur cette commune de 25000 habitants Très propre et pas d'oisifs encombrant les trottoirs. Nous escaladâmes le lieu bien nommé par notre guide improvisé que nous venions de quitter. « El Araâra » que s'appelle exactement la montagne qui surplombe de l'est Roknia. « Ne perdez pas espoir, nous a dit M. Litim. L'endroit que vous cherchez est juste derrière cette montagne et la maison blanche que vous voyez de ce côté appartient aussi à un proche du défunt président. C'est son arch. » Quand nous atteignîmes le somment le sommet de la pente, il était environ dix-sept heures. Un vieil homme, menant paître sa vache, nous accosta, alors que nous cherchions des yeux quelque semblant de musée. C'est un « compagnon de prairie » et un proche de Boumediene. « Nous étions tout le temps ensemble, nous confia-t-il. C'est de cet endroit qu'il décida un jour de quitter à jamais ces lieux. Il m'a juré de ne plus remettre les pieds là ils affament les animaux. C'est que quelqu'un nous avait interdit de faire paître nos maigres bêtes sur ses terres. Mohamed ne demeura pas longtemps après le serment et s'en alla non pas sans nous avoir réunis la veille autour d'un couscous. » Quel souvenir retient-il de ses années passées avec son cousin, ami, voisin et compagnon de jeux qui deviendra un jour le président qui fit d'Alger la Mecque des révolutionnaires, auriez-vous demandé notre place au vieillard ? Bien sûr, me diriez-vous. A quelle réponse, vous attendriez-vous ? Eh bien, la réponse fut : « Une gifle que je n'oublierai jamais ! » Et un sourire illumina le visage sec de cet homme heureux qui a pour seule passion sa vache à mener au pré et à lancer son chien à la poursuite de quelque lièvre. Un chien aux yeux doux qui ne cessa de tournoyer autour de nous. Un signe que la maison du vieillard ne désemplit pas.
Nous quittâmes le septuagénaire et Point de maison du défunt Houari. Nous pénétrons dans la courette d'une maison avec un tracteur et une voiture devant la porte cochère. « Ah, la maison de feu Sid Raïs, Allah yerhamou, nous fit le maître de maison ! Vous l'avez laissée derrière vous. La voilà à votre droite. »
Une maison simple en pierre au toit de tuiles nous fait face en contrebas. Le grillage qui la cerne vous donne un aperçu sur le manque de considération et d'importance à l'égard de l'endroit et la mémoire du personnage. Deux pièces contigües dont l'une sans porte et l'autre sans serrure vous rappelle à l'ordre. L'heure n'est plus aux mémoires, souvenirs et recueillements. Tout cela n'est que formalité par les temps qui courent.
Et c'est dépités, mais contents d'y être parvenus à nous offrir un tel voyage dans le temps, que nous avons quitté les lieux mon épouse, mes enfants et moi, le berceau de celui qui, un jour de 1967, rejoignit à toute allure, seul au volant de sa Peugeot 403 noire, sans ses gardes, l'Ecole Nationale des Cadets de la Révolution de Koléa. Et pour cause, les enfants de ses compagnons d'armes tombés au champ d'honneur venaient d'être victimes d'une intoxication alimentaire. Le visionnaire n'avait pas prévu ce passage à vide de l'histoire que firent des hommes qui ne sont plus de ce monde et jamais ne pardonneront les déboires mémoriaux de ceux à qui Moustache confia ce qu'il avait de plus cher : l'Algérie.


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