Le mois de Novembre, n'est pas seulement le mois de la glorification des révolutionnaires mais aussi celui qui a vu naître des hommes de lettres de renom à l'instar du poète Boukra Bettayeb Bouhadjar, né le 22 novembre 1954 dans la localité de Hammam Bouhadjar (Aïn-Témouchent). Très jeune, Bettayeb a développé un attachement à la poésie populaire, le melhoun, et les gens qui ont eu la chance de découvrir ses écrits reconnaissent à l'homme, unanimement, un sens très affiné et des aptitudes larges dans l'art de traduire par les vers les antres de la société. Dans son diwan, il totalise plus d'une vingtaine de qasidas qui ne traitent que de sujet sociaux et de nationalisme, une poésie où transparaissent des lueurs de sagesse, de patience, de réconciliation nationale… Retraité du secteur sanitaire de Hammam Bouhadjar, et âgé aujourd'hui de 50 ans, et membre de la Fondation Emir Abdelkader d'Aïn Temouchent, Boukra Bettayeb Bouhadjar se distingue par un talent reconnu et des ressources inépuisables. C'est aussi un homme de religion, lui qui a appris par cœur le Saint Coran. Et, pour cela, il est très sollicité pour régler des conflits surgissant dans la société, les gens de la région lui reconnaissant une sagesse laquelle lui permet de dénouer les plus compliquées des situations. «Il est parvenu ainsi, maintes fois, et selon des témoignages, à unifier des familles qui étaient au bord de l'éclatement, par la parole seulement.» Son répertoire riche et diversifié lui a permis de se faire un nom sur la scène artistique. Il est sollicité ainsi pour prendre part aux diverses manifestations culturelles nationales. «La poésie, c'est ma véritable passion et j'ai tout particulièrement de l'admiration pour les poètes Mustapha Benbrahim, Abderrahmane Mejdoub, Cheikh Madani Hamada et Hadj El-Khaldi. J'accorde énormément d'intérêt à la poésie populaire qui représente pour moi un monde dans lequel on peut se chercher, se retrouver et concrétiser sa culture. Elle donne le savoir mais elle procure aussi du plaisir. De plus, les textes poétiques participent indéniablement au règlement des problèmes sociaux», confie-t-il. En tout cas, la notoriété du poète a dépassé les frontières de l'Oranie. Visage connu à l'échelle national, Bettayeb est en passe d'être «le poète populaire de la paix et la réconciliation par excellence».