La Banque mondiale a prévenu d'une ‘‘crise imminente'' du traitement des déchets à travers le monde dont le coût annuel de gestion devrait atteindre les 375 milliards de dollars en 2025 contre 205 milliards de dollars actuellement. Selon un rapport de l'institution de Bretton Woods, la quantité de déchets urbains générée par les citadins va fortement augmenter pour passer de 1,3 milliard de tonnes par an actuellement à 2,2 milliards en 2025, l'essentiel de la hausse provenant des villes à forte croissance des pays en développement. Le coût annuel de la gestion des déchets solides devrait atteindre 375 milliards de dollars, contre 205 milliards actuellement, et sa hausse sera plus importante dans les pays à faible revenu. En conséquence, les auteurs du rapport annoncent une ‘‘crise imminente'' du traitement de ces déchets à mesure que le niveau de vie augmente et que la population urbaine s'accroît. ‘‘Il est de plus en plus urgent d'améliorer la gestion des déchets solides, en particulier dans les villes en expansion rapide des pays à faible revenu'', a déclaré Rachel Kyte, vice-présidente pour le développement durable à la BM. Selon elle, ‘‘les conclusions du rapport sont graves, mais elles laissent aussi espérer qu'une fois qu'ils auront pris conscience de l'ampleur du problème, les dirigeants locaux et nationaux, ainsi que la communauté internationale, se mobiliseront pour mettre en place des programmes de réduction et de recyclage''. Ce rapport note que la gestion des déchets solides ménagers est le plus important des services municipaux. Selon la BM, c'est en Chine (devenue le premier producteur de déchets au monde en 2004, devant les Etats-Unis), ainsi que dans d'autres régions d'Asie de l'Est et dans une partie de l'Europe de l'Est et du Moyen-Orient que le volume de déchets augmente le plus vite. Observant des progressions similaires en termes de déchets, d'urbanisation et de PIB, la BM estime qu'il existe une corrélation directe entre le niveau de revenu par habitant dans les villes et la quantité de déchets générée. En général, lorsqu'un pays s'urbanise et que la population s'enrichit, la consommation de matières inorganiques (comme le plastique, le papier, le verre et l'aluminium) s'accroît, affirme-t-elle. ‘‘Les chiffres en eux-mêmes ne sont pas très surprenants'', a indiqué pour sa part Dan Hoornweg, spécialiste principal du secteur urbain au sein du département Finance, économie et développement urbain de la BM et co-auteur du rapport. ‘‘En revanche, lorsqu'on les additionne, on met au jour un problème relativement silencieux qui prend de l'ampleur chaque jour'', selon lui. ‘‘Les problèmes liés aux déchets urbains solides vont être gigantesques, aussi importants, sinon plus, que ceux que nous connaissons actuellement en raison du changement climatique. Ce rapport doit être considéré comme un puissant signal d'alarme pour les décideurs dans le monde entier'', a-t-il avisé. D'après le rapport, il existe un certain nombre de pratiques que la plupart des villes pourrait mettre en œuvre dans ce domaine. Il s'agit d'informer la population sur les possibilités permettant de réduire la production de déchets et d'augmenter le recyclage et le compostage, d'instaurer des mécanismes de prix (taxes sur les produits) afin d'encourager les consommateurs à réduire la production de déchets et à recourir davantage au recyclage, et de définir des politiques d'achat qui stimulent la demande de produits fabriqués à partir de déchets de consommation recyclés.